Les frontières sont fermées, les gardes tirent…

Au moins 11 réfugiés Syriens ont été abattus par les les gardes-frontières turcs près de la ville de Jisr al-Shoughour ce dimanche 19 juin alors qu’ils tentaient de traverser clandestinement la frontière. Parmi ceux-ci, une famille dont trois enfants.

Le 24 avril, sept femmes et quatre enfants furent blessées, lorsque trois tirs d’artillerie provenant des forces gouvernementales syriennes ont touché le camp de personnes déplacées d’al-Iqaa près de al-Zawf, à six kilomètres au nord-est du passage frontalier de Khurbat al Juz-Güveççi. D’après ses représentants, le camp al-Iqaa abrite de nombreux Syriens qui ont précédemment été refoulés par des gardes-frontières turcs.

Le 5 mai, trois frappes aériennes, sans doute de provenance des forces de l’armée gouvernementale Syrienne ou Russe, se sont abattues sur le camp de Kamuna abritant 4 500 Syriens déplacés près de Sarmada dans la province nord d’Idleb, à cinq kilomètres de la frontière turque faisant une trentaine de morts et des blessés graves.

sarmada

La Turquie a fermé sa frontière aux réfugiés Syriens et rend sa traversée de plus en plus difficile et périlleuse. Une soixantaine de personnes fuyant la guerre et les bombardements auraient été tuées cette année. De nombreux témoignages font état de tortures et passages à tabac.

Un mur de 350 km est en construction le long des 900 km de frontières qu’elle partage avec la Syrie, plus de la moitié étant à ce jour déjà édifié. Celui-ci, d’une épaisseur de 2 mètres de large et 3 de haut, est à l’épreuve des tirs de roquettes, paré de miradors, couvert de barbelés, surveillé par des drones et ballons dirigeables, et est doté de système de tir automatique.

La Turquie, sous la pression de l’Union Européenne et dans le cadre des accords signés le 18 mars dernier pour lutter contre l’immigration clandestine en Europe, accroît surveillance et dissuasion à l’égard des réfugiés. La contrebande et les trafics d’armes alimentant les combats continuent pourtant de circuler, montrant cyniquement la préférence des dirigeants pour la valeur marchande au détriment de la vie humaine… Pas besoin donc d’analyse politique très poussée pour comprendre le degré de violence auquel sont confrontés les réfugiés coincés à la frontière. Le message qui leur est adressé en dit long, et laisse supposer le pire quant aux conditions d’accueil qui seront réservées à ceux réussissant à entrer en Turquie.

Erdogan assassin, Europe complice !

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