Marché sous haute tension à Saint Jean du Gard : Rassemblement contre l’arrêté anti-tract mardi 27 août dès 9h

Nous relayons cet appel contre les lois liberticides et la répression policière.

La municipalité de Saint Jean du Gard persiste dans le mépris de la population du village et a encore fait envoyer les forces de l’ordre ce mardi 20 août au marché pour tenter de faire appliquer son arrêté anti-tract.

Pour rappel, un arrêté municipal interdit depuis le 31 juillet 2019 la distribution de tracts et de flyers sans autorisation préalable du maire dans le centre du village pour une durée d’un an. Une mobilisation pour s’y opposer, appelée la semaine passée, avait entraîné la venue de nombreux gendarmes pour l’empêcher (voir compte rendu ici, et compilation de textes ).

Ce matin, mardi 20 août, aucun rassemblement n’avait été prévu et seuls les militants Stop-linky tenant une table d’information au marché, comme chaque semaine depuis des mois, étaient présents. La venue des gendarmes a très vite fait monter la pression quand un gradé a prétendu avoir vu l’une des militantes distribuer un tract, et a voulu procéder au contrôle de son identité afin de la verbaliser.

Les nombreuses personnes présentes à ses côtés furent consternées par cette flagrante provocation : la militante ne distribuait aucun tract mais montrait simplement à une passante intéressée l’arrêté municipal en question qu’elle tenait entre ses mains ! Celle-ci s’est opposée à l’injonction injustifiée et abusive, mais les gendarmes n’en sont pas restés là. Ils l’ont harcelée afin d’obtenir son identité et poursuivie quand elle a voulu passer son chemin. Ils ont également contenu par la force les personnes prenant sa défense (plaquage contre un mur de plusieurs d’entre elles), et invectivé les passants qui protestaient vivement devant cette tentative d’arrestation aberrante (une personne âgée en béquille s’est même vue taxée de porter une arme par destination).

Ces mesures sont inacceptables et révoltantes.

UN RASSEMBLEMENT EST DONC APPELÉ MARDI 27 AOÛT DÈS 9H AU MARCHÉ DE SAINT JEAN DU GARD POUR :

– dénoncer la réaction scandaleuse de la municipalité qui tente d’intimider sa propre population à travers l’envoi répété des forces de l’ordre,

– dénoncer l’aval donné par le préfet du Gard pour déployer une telle présence policière et consentir à cet acharnement répressif,

– exiger le retrait immédiat de cet arrêté liberticide foulant au pied la liberté d’expression de chacun au bon vouloir d’un seul.

RETRAIT IMMÉDIAT DE L’ARRÊTÉ ANTI-TRACT !!

NI LOI LIBERTICIDE, NI RÉPRESSION POLICIÈRE !

Posted in General | Leave a comment

Des nouvelles de la frontière italienne

Texte publié sur le site Passamontagna.

Comme annoncé dans les journaux  en avril, dans les dernières semaines une intensification des relations entre flics italiens et flics français s’est vérifiée.

En premier lieu une collaboration sur le contrôle de la frontière : La présence de militaires français venant inspecter le village de Clavière a été notée deux fois, et au moins trois fois la police italienne s’est déployée en voiture ou à pied au départ d’un sentier reliant Clavière à la France, en bloquant l’accès selon des critères racistes, illégitimes bien que suivant leurs lois de merde.

Nous ne nous lasserons pas de dire que CHAQUE FLIC EST UNE FRONTIÈRE.

Autre chose a changé dans les modalités de refoulement. Depuis l’expulsion de Chez Jésus (refuge autogéré à Clavière expulsé en Octobre dernier) jusqu’au mois dernier, le point de rencontre entre la police française et italienne se trouvait à l’entrée de Clavière, où il y avait en permanence un commissariat mobile pour identifier les personnes refoulées.

Maintenant, à l’inverse les personnes arrêtées sur les sentiers sans le bout de papier demandé sont traînées au poste de la Police aux frontières (PAF) française en attente de l’arrivée de la police italienne. Cette dernière, selon témoignages directs, peut se faire attendre pendant plusieurs heures après l’arrestation. La police italienne procède ensuite à l’identification, dans les bureaux de la PAF, en créant probablement une situation de contrôle réciproque sur le respect des accords entre les deux pays.

Le temps d’enfermement à la PAF varie sans certitude sur ce qui se passera après: le comportement de la police italienne est totalement aléatoire. Parfois les personnes sont laissées à Clavière, parfois elles sont relâchées à Suse ou à Bardonecche, et parfois elles sont laissées au beau milieu de la nuit sur la nationale à 10 kilomètres d’Oulx.

Même dans les cas où les personnes se font refouler au milieu de la nuit,elles sont emmenées jusqu’à Oulx, et souvent laissées par la police devant la gare. Incidemment les personnes qui étaient passées par la Casa Cantoniera (refuge autogéré à Oulx) reviennent à la maison, mais certaines nuits il y a du monde qui dort dehors devant la gare.L’intensification de la collaboration entre l’Italie et la France prouve que, malgré la stupide propagande salvinienne, l’intention du décret « sécurité et immigration » (avec l’abolition de l’ « aide humanitaire », la fermeture de nombreux centre d’accueil et la création de nouveaux CRAs ) n’est pas tant de se « libérer des migrants » mais plutot de mettre encore plus de personnes dans des conditions de clandestinité et de précarité. Cela rend alors cette force de travail complètement dépendante des patrons, les exposant aux chantages, sous la menace permanente de finir dans un CRA s’ils n’acceptent pas ces conditions.

La dernière « solution » pour ceux qui restent sans documents et qui ne veulent pas céder au chantage d’un travail sous-payé et précaire est souvent de partir. Outre les patrons se lamentant d’une diminution des travailleurs, nous avons beaucoup de témoignages sur cette situation.

Voici par exemple celui d’une homme ayant passé 10 ans en Italie : « En Capitanata, (une des plus grandes zones agro-industrielle pour la transformation et l’exportation de tomates située dans le Sud de l’Italie ), les travailleurs doivent payer pour vivre et être exploité, puisque chaque besoin quotidien se trouve monnayé : chaque repas est payant, tout comme chaque nuit passée dans les tentes, même le trajet du camp au lieu de travail leur coûte 5E par jour s’ils y vont en véhicule. Bien sûr, toujours pour un salaire aussi misérable. S’ajoute à ça la dangerosité des conditions de travail qui a déjà entraîné la mort de plusieurs travailleurs, ceci dans une totale impunité ». Face à ces conditions de travail et de vie plus que misérables, mais également avec les nouvelles complications bureaucratiques pour le renouvellement des papiers et l’augmentation du racisme dans la rue, beaucoup de travailleurs, présents parfois depuis des années, sont poussés à migrer vers le nord de l’Europe.

Le chantage de l’état n’arrête pas pour autant celles et ceux qui transgressent et se rebellent contre les lois racistes. Chaque jour, la frontière continue d’être traversée par des personnes déterminées à continuer leur voyage. Dans les CRA  et les ghettos de travailleurs du Sud il y a de nombreuses réactions contre l’ordre établi.

Au CRA de Turin notamment, les détenus dénoncent que des calmants sont mis dans leur nourriture. Pour cette raison, ils demandent à celles et ceux qui sont à l’extérieur d’apporter : Des légumes pré-cuits en tetrapack (à l’intérieur, le verre et les canettes ne sont pas acceptées et il n’est pas possible de cuisiner), des fruits et légumes emballés, du lait à longue conservation, et tout ce qui peut être consommé sans cuisson et avec un emballage ni en en verre ni en fer.

Nous vous invitons à nous contacter en privé si vous souhaitez envoyer des colis.

Posted in General | Leave a comment

Turquie : expulsions en masse vers la Syrie, discours anti-migrants et suspension de l’accord avec l’UE

Cet article se base notamment sur des informations reprises et traduites à partir du site Harekact! Reporting on the Turkish-UE regime, à consulter pour une mise à jour régulière de l’actualité du régime des frontières en Turquie.

Réfugiés syriens sur le point d’être expulsés – Quartier de Küçükçekmece, Istanbul.

Expulsions massives de réfugiés syriens vers leur pays

Depuis la mi-juillet, les autorités turques mènent une vaste campagne d’arrestation des réfugiés syriens dépourvus de papiers de résidence. Les forces de police multiplient les contrôles dans les lieux publics, les usines et les stations de métro autour d’Istanbul, et effectuent des descentes dans les habitations. Un grand nombre de personnes ont été arrêtées et expulsées vers la Syrie, notamment dans la province d’Idleb, région très instable du nord-ouest du pays et toujours en proie aux conflits armés.

Les groupes de défense des droits de l’homme, qui condamnent depuis quelques jours ces expulsions dans les médias, affirment qu’en l’espace d’une semaine, entre 600 et 1500 Syriens auraient été renvoyés illégalement d’Istanbul vers la Syrie. Certains médias parlent d’une rafle de 5000 réfugiés. Les témoignages recueillis montrent que les personnes contrôlées, après avoir été arrêtées et menottées avec des colliers de serrage en plastique, sont conduites en centre de rétention où elles sont maintenues jusqu’à ce qu’elles se résignent à signer des formulaires de « rapatriement volontaire ». La signature forcée de ces documents, rédigés en turc et dont le contenu reste inconnu pour les personnes arrêtées, conditionne le délai de maintien en rétention avant une expulsion et rend l’expulsion « légale » aux yeux du droit international.

Pour autant, un avocat syrien qui dirige un cabinet s’adressant aux Syriens à Istanbul, a déclaré que « l’expulsion de Syriens vers leur pays, qui est toujours au cœur d’un conflit armé, est une violation flagrante du droit turc et du droit international », même s’il agit du « retour des Syriens sans carte de protection temporaire ». Depuis 2014, une partie des réfugiés syriens en Turquie ont été enregistrés sous le statut de « protection temporaire », ce qui correspond à une résidence légale et leur ouvre un droit de travail. Cependant pour travailler ou circuler hors de la zone où a été faite la première demande de protection une autorisation spéciale est nécessaire. Mais depuis fin 2017, dix provinces du pays, y compris celle d’Istanbul, ont cessé d’enregistrer les Syriens nouvellement arrivés et de nombreux réfugiés sont dès lors contraints de résider en Turquie de manière clandestine.

Par ailleurs, des Syriens contrôlés dans cette vague d’arrestations qui avaient les papiers nécessaires pour vivre et travailler à Istanbul ont confirmé qu’ils avaient été envoyés à Idleb ou ailleurs. Dans une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux, un jeune syrien témoigne :

« J’ai été arrêté à Aksaray, dans une épicerie à Istanbul, uniquement parce que je suis syrien. J’avais laissé mon identifiant de protection temporaire à la maison, à moins de 15 minutes de l’endroit où j’ai été contrôlé. La police a refusé d’attendre 15 minutes que ma famille l’apporte, elle m’a tout de suite fait monter dans un bus avec beaucoup d’autres personnes sans aucune information sur notre destination. Une fois le bus rempli, ils nous ont emmenés au poste de police de Tuzla. On nous a dit que nous serions envoyés à Hatay et non en Syrie. Nous avons tous été obligés de signer un document de « retour volontaire » en Syrie. Nous n’avons même pas été autorisés à lire les détails qui y étaient écrits. J’ai vu de nombreuses personnes être battues pour avoir refusé de le signer. Je suis étudiant à Istanbul et je suis également inscrit comme réfugié à Istanbul pourtant j’ai été ladéporté à Idleb. Je ne suis pas le seul, il y avait beaucoup d’autres personnes sous la protection temporaire en Turquie et elles ont été expulsées. Au cours de notre voyage de 19 heures à Idleb, nous avons été agressés verbalement et physiquement et avons été passés à tabac dans les commissariats et dans le bus par les forces de sécurité et de police turques, même à la frontière turco-syrienne. »

Faisant face aux critiques formulées sur les réseaux sociaux, les autorités d’Istanbul ont pourtant déclaré lundi 22 juillet que seuls « les migrants en situation irrégulière entrant dans notre pays illégalement [étaient] arrêtés et expulsés ». Les membres responsables du gouvernement affirment que les Syriens n’ont été renvoyés que dans les zones du nord d’Alep contrôlées par les rebelles, où l’armée turque est présente aux côtés des groupes qu’elle soutient. Ils ont nié le retour des Syriens à Idleb, où une offensive lancée par le gouvernement de Bachar Al-Assad à la fin du mois d’avril avait déclenché une recrudescence des combats, faisant plus de 400 morts et obligeant plus de 330 000 personnes à fuir leur domicile. Les risques sont toujours d’actualité comme en atteste un communiqué de l’ONU stipulant fin juillet que 59 civils avaient été tués, dont 39 quand un marché a été frappé par des frappes aériennes.

Le discours anti-migrants alimenté par de nombreux politiciens

La récente répression contre les Syriens peut être considérée comme l’aboutissement d’un discours anti-migrant renforcé par une conjoncture de ralentissement économique pesant sur les 3,6 millions de réfugiés syriens enregistrés dans le pays depuis 2011. Elle fait suite à de nombreuses déclarations et mesures prises par des responsables politiques turcs du gouvernement et de l’opposition insistant sur la nécessité de contrôles plus stricts de l’immigration irrégulière et d’un retour au pays pour ces ressortissants.

Le gouverneur d’Istanbul vient de fixer un délai de départ pour tous les Syriens résidant à Istanbul mais ayant obtenu la protection temporaire ailleurs afin qu’ils soient obligés de retourner dans leurs provinces initiales. Un ultimatum a été fixé au 20 août, précisant que si ceux-ci ne regagnaient leur ville d’enregistrement d’origine par eux mêmes, ils y seraient transférés de force par les autorités. Peu de temps après, le ministre turc de l’Intérieur, Süleyman Soylu, a encore alimenté l’atmosphère xénophobe en annonçant que la Turquie était « confrontée à une vague de migration » et que des mesures seraient nécessaires afin d’« empêcher la Turquie de devenir un centre d’immigration clandestine ». Il a également légitimé les efforts déployés pour empêcher les immigrants d’entrer en Turquie et a annoncé l’objectif d’expulser environ 80 000 personnes en 2019, soit une augmentation de 40 à 50% par rapport aux années précédentes. Le président Recep Tayyip Erdoğan a déclaré quant à lui que la Turquie préparait une série de changements politiques concernant les réfugiés syriens dans le pays : « Nous nous préparons à franchir de nouvelles étapes. Nous allons encourager [les réfugiés] à retourner dans leur pays. Nous allons expulser ceux qui ont commis des crimes. De plus, nous prévoyons une contribution financière en échange des services de santé qui leur sont fournis. »

Le consensus établi lors des dernières élections locales montre clairement que tous les partis sont à l’unisson dans cette politique anti-immigrés. À cet égard, le maire d’Istanbul nouvellement élu, Ekrem İmamoğlu, a joué un rôle de premier plan, non seulement en tant que maire de la ville la plus peuplée de Turquie, mais également parce qu’Istanbul est la ville accueillant le plus grand nombre de réfugiés syriens. Dans ses déclarations avant les élections, il a exprimé son mécontentement face à leur présence, précisant qu’il ne voulait pas que ceux-ci changent le tissu de la ville et que le mieux était qu’ils rentrent chez eux. À la suite d’émeutes anti-syriens dans la ville début juillet, le nouveau maire d’Istanbul n’a pas hésité pas à attiser les tensions par des déclarations xénophobes et controversées : « Un réfugié doit être isolé dans un camp si c’est nécessaire, ou il doit être rééduqué ». Il impute en outre le chômage aux réfugiés syriens : « Certains de nos concitoyens ont perdu leur emploi. Le taux d’emploi a baissé en raison du nombre de réfugiés travaillant de manière informelle. »

Les prix de ces pâtisseries stambouliotes sont les suivants : pour les soldats : gratuit, pour les Turcs : 1 livre turque, pour les Syriens : 5 lires turques.

Suspension de l’accord UE-Turquie

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavusoglu, a annoncé fin juillet que le gouvernement suspendait l’accord de réadmission des réfugiés conclu avec l’Union européenne en mars 2016. Cette décision fait suite aux récentes sanctions imposées par Bruxelles en raison de l’exploration de gisements de gaz dans les eaux chypriotes par la Turquie, mais elle est également liée au fait que l’UE n’a toujours pas mis en place la mesure d’exemption de visas pour les citoyens turcs tel que l’accord le prévoyait.

L’accord de réadmission stipulait que les réfugiés arrivant sur les îles grecques situées face aux côtes turques soient renvoyés en Turquie. Dans le cas des Syriens, pour chaque réfugié de ce pays renvoyé sur le territoire turc, un demandeur d’asile résidant en Turquie devait être relocalisé en territoire européen. Après la signature de cet accord et du fait des contrôles mis en place, le nombre de personnes arrivant sur les îles grecques a drastiquement chuté. Le nombre de réadmissions est pour autant resté bas puisque, depuis l’entrée en vigueur de l’accord, seules 2 492 personnes ont été expulsées de Grèce vers la Turquie (dont 86 en 2019) sur la limite des 70000 initialement prévues. Depuis lors, les îles grecques se sont transformées en véritables prisons à ciel ouvert où une moyenne de 15000 personnes, privées de la possibilité de rejoindre le continent, sont bloquées dans l’attente du traitement de leur dossier et survivent dans des conditions très largement décriées.

La dernière expulsion de Grèce vers la Turquie semble dater du 11 juillet, et l’on peut y voir une indication du fait que les réadmissions ont bien été suspendues dans la pratique. Ce n’est pourtant pas la première fois que la Turquie fait pression sur l’Union européenne et la Grèce en utilisant le système de réadmission comme outil de négociation. En réponse à la décision du tribunal grec de libérer huit soldats qui avaient fui la Turquie après la tentative de coup d’État de 2016, le gouvernement turc avait déjà brandi des menaces de rupture. La suspension brutale de l’accord UE-Turquie prenant la forme d’un marchandage sordide conduira très probablement à une situation encore plus incertaine pour les milliers de personnes qui ont été forcées de quitter leur pays et qui se retrouvent prises en otage dans des négociations qui les dépassent. L’externalisation des frontières, qui consiste pour l’Union européenne à reléguer une part de la gestion des flux migratoires la concernant à d’autres pays, montre encore une fois combien il est aisé, de Bruxelles à Ankara, de fermer les yeux sur les violations flagrantes des droits des personnes à se déplacer et à vivre dignement.

Posted in General | Leave a comment

Vintimille : 18.000 personnes refoulées en 12 mois

Les médias italiens ont récemment rapporté que, selon les données du ministère de l’Intérieur, 18 125 personnes auraient été refoulées vers l’Italie au cours des 12 derniers mois par les autorités françaises à la frontière de Vintimille. Les collectifs militants qui surveillent les pratiques quotidiennes à la frontière italo-française ont de leur côté comptabilisé pour le seul mois de juin 897 personnes arrêtées puis renvoyées depuis le poste frontalier du pont San Luigi.

A ces chiffres se rajoutent des témoignages recueillis par ces derniers sur les pratiques illégales de la police des frontières française : « Parmi ces personnes [arrêtées durant le mois du juin], il y avait 40 femmes, 6 enfants et 16 mineurs non accompagnés. Leur âge a été falsifié [par la police à la frontière], où elles sont enregistrées comme étant des enfants de familles de leur nationalité, même si ce n’est pas le cas. Elles arrivent à notre point d’information après avoir été détenues pendant 10, 12, jusqu’à 15 heures dans des conteneurs, sans eau ni nourriture. […] Le flux a changé aujourd’hui. Peu de gens sont des nouveaux arrivants qui viennent de Méditerranée. Il y a des gens chassés des centres d’accueil italiens, il y a les victimes des lois Salvini qui possèdent encore un permis de séjour pour des raisons humanitaires mais comme ceux-ci sont maintenant abolis et donc non renouvelables, essayent de quitter le pays avant la date d’expiration. Certains sont des demandeurs d’asile en France, expulsés sans raison juridique valable. D’autres viennent d’Allemagne et de Suisse expulsés à cause du traité de Dublin, mais nous avons aussi rencontré des hommes et des femmes qui vivent en Europe depuis 5 ou 10 ans et qui sont expulsés en prenant pour excuse qu’ils viennent d’arriver. »

Les violences policières sont toujours courantes et viennent renforcer les moyens de dissuasion mis en place pour bloquer la frontière. En juin, deux bus privés ont été affrétés par les autorités italiennes pour transférer de force 25 personnes (arrêtées après leur tentative de passage) au hotspot de Tarante, situé 1000 km au sud de l’Italie. Des militants témoignent de la répression envers ceux qui ont refusé de monter à bord du bus : « Un demandeur d’asile qui ne devait pas être embarqué a protesté contre ce qui se passait pour ses amis. Cela a suffi pour qu’on lui fasse prendre le bus également et être transféré à Tarante. La police a reconnu son erreur une fois qu’ils étaient déjà dans le sud et, prétendument, a payé le billet de train pour qu’il puisse revenir à Vintimille, mais celui-ci n’a pas été revu depuis. »

Pourtant, la frontière entre les deux pays est loin d’être fermée et reste perméable. Les collectifs présents sur place constatent : « presque chaque jour 20 personnes arrivent à Vintimille et 20 personnes la quittent. » Cette frontière, ainsi que beaucoup d’autres, fonctionne comme un laboratoire pour expérimenter de nouveaux niveaux d’abus et de brutalité. Elle montre également l’absurdité des entraves et des atteintes aux droits des personnes à circuler librement.

Posted in General | Leave a comment

Cantine Sans Frontières – Samedi 27 juillet : repas estival !!

Pour la cantine de ce mois-ci, un repas estival sera spécialement concocté par l’équipe de cuisinières et de cuisiniers sans frontières, l’argent récolté servira à renflouer les caisses pour les mois à venir !

Au menu :

* Gaspacho
* Buffet froid
* Fondant au chocolat / sorbet fraises

Venez nombreux et faîtes passez l’info !

Posted in General | Leave a comment

Des réfugiés mineurs marchent dans le désert en signe de protestation

Infos reprises à partir de : https://www.alarmephonesahara.info/en/reports/minor-refugees-march-into-the-desert-in-protest

Les mineurs soudanais qui se trouvaient dans le camp de réfugiés du HCR à Agadez / Niger ont quitté le camp de réfugiés le 18 juillet pour se rendre à travers le désert en direction de la Libye. Leur critique est que leurs procédures d’asile ne progressent pas et que la  représentante du HCR n’a jusqu’à présent pas tenu ses promesses de fournir des solutions. Certains d’entre eux ont été amenés à l’hôpital en raison de leurs problèmes de santé.

Selon les représentants du HCR, au moins la majorité des mineurs soudanais sont finalement rentrés dans le camp. L’équipe Alarme Phone Sahara d’Agadez tente de savoir s’il reste encore des jeunes qui continuent de marcher dans le désert.

Les mineurs soudanais font partie des nombreux réfugiés et migrants actuellement bloqués au Niger en raison de la politique européenne visant à fermer les frontières pour contraindre les populations à rester à tout prix sur le sol africain.

Le monde doit reconnaître: pour les réfugiés soudanais, ce n’est pas une solution de rester bloqué au Niger, ni d’être pris au piège d’une Libye déchirée par la guerre.

En solidarité avec eux, Alarme Phone Sahara demande à leur donner accès à un pays de leur choix où ils peuvent vivre dans des conditions de sécurité!

Alarme Phone Sahara appelle à soutenir les réfugiés mineurs soudanais dans leur marche, comme toute personne traversant le désert, pour qu’ils arrivent en toute sécurité et ne subissent aucun préjudice!

De nouvelles mises à jour suivront.

Ensemble pour la liberté de circulation!

***

Mise à jour du 21 juillet concernant les réfugiés mineurs soudanais-es qui ont quitté le camp du HCR à Agadez pour marcher dans le désert vers la Libye : Selon l’équipe d’Alarme Phone Sahara à Agadez, les réfugiés mineurs sont rentré-e-s au camp du HCR.

Avant de partir pour le désert, ils avaient fait une manifestation sur les artères d’Agadez. Ils ont protesté contre leurs longues procédures d’asile qui n’apportent aucune solution pour eux et contre les mauvaises conditions de vie dans le camp où ils sont bloqué-e-s.

En réponse à la protestation des réfugié-e-s mineurs, inquiets de leur déplacement dans le désert, les responsables du HCR ont promis d’entamer les procédures d’interview le lundi 22 juillet.

Posted in General | Leave a comment

Appel à rassemblement de soutien pour le procès du 59 St-Just ! RDV jeudi 11 juillet – 14h au Tribunal d’Instance de Marseille

Plus de 220 habitant.es dénoncent le non respect de leurs droits et exigent aux vrais responsables, l’État et au Conseil Départemental, l’application immédiate des lois !

Et le Diocèse condamne à tort 4 solidaires à payer 30.000 euros par mois d’occupation !

NON AU DÉLIT DE SOLIDARITÉ !!
NON AUX EXPULSIONS !!
DROIT AU LOGEMENT !!

Conférence de presse à 17h30 devant le Tribunal

Posted in General | Leave a comment

Laisser noyer les sans-papiers, la solidarité bloquée à quai

A lire, l’article de Clair Rivière qui vient de paraître dans CQFD, n°178 (Juillet/aôut 2019) :

En 2018, six personnes sont mortes chaque jour en essayant de traverser la Méditerranée. Pas assez pour l’Europe, qui fait tout pour empêcher le sauvetage des migrants par les ONG. Alors que l’Italie ferme ses ports et poursuit les secouristes en justice, les Pays-Bas donnent dans les tracasseries administratives. La France offre des bateaux aux gardes-côtes libyens, pourtant impliqués dans de sordides affaires de trafic d’êtres humains. À Tripoli, c’est la guerre ; viols et tortures sont quotidiens. Qu’importe : les victimes ne sont ni blanches ni riches.

Quand les gardes-côtes libyens ont intercepté leur canot, Farah, sa femme et leur bébé étaient en mer depuis douze heures. Ils fuyaient la Libye, après plusieurs mois de torture. Dans un triste hangar, Farah était battu et sa femme violée par des bandes criminelles libyennes tentant d’obtenir une rançon de leurs proches. « Je savais qu’il valait mieux mourir que retourner en Libye, mais ils nous ont menacés avec des armes », se souvient le jeune Somalien. La suite de son récit se passe à Tripoli. Sept mois de détention : « Il n’y avait pas de nourriture ou de soins pour mon bébé. Elle est morte à huit mois. Elle s’appelait Sagal. »

Rapporté par Amnesty International [1], ce témoignage n’a rien d’extraordinaire. Qu’ils proviennent d’ONG ou qu’ils émanent de l’ONU, les rapports se répètent : la Libye est un pays en guerre, une terre d’esclavage et d’horreurs.

Depuis Marseille, où il a déposé une demande d’asile, Valdo confirme : « En Libye, j’ai été de prison en prison. La dernière, j’y ai passé cinq mois. Pour en sortir, on a attendu que le gars vienne nous donner de l’eau et on l’a maîtrisé. On est sortis, mais les “Asma Boys” [2] sont arrivés. Ils nous ont tiré dessus. » Pour le jeune Camerounais, la messe était dite : il fallait fuir le pays. « On était 136 dans un Zodiac de 9 mètres. Ce jour-là, un autre Zodiac s’est perdu en mer. Il y a eu des morts : plus tard, sur le navire qui nous a sauvés, on a vu les gens qui pleuraient, qui avaient perdu leur enfant. Nous, on avait été secourus avant, juste au moment où des “Asma Boys” arrivaient encore. Quand ils vous prennent, ils vous ramènent, vous remettent dans des prisons et demandent de l’argent. Dieu merci, ce bateau nous a sauvés à l’heure exacte. »

Ce 5 mai 2017, quel bateau a donc sauvé Valdo ? Il ne sait plus trop. C’était peut-être le navire de sauvetage d’une ONG. Les vies qu’ils ont sauvées se comptent par dizaines de milliers. Mais depuis l’an dernier, ils n’ont quasiment plus droit de cité en Méditerranée.

La suite de l’article ici : http://cqfd-journal.org/Laisser-noyer-les-sans-papiers

Posted in General | Tagged , | Leave a comment

Petit déj’ solidaire ! Samedi 13 juillet au marché paysan de Saint Jean du Gard

En soutien aux familles accueillies au village, venez nombreux.ses !! Dès 8h30 samedi 13 juillet, place du marché à Saint Jean du Gard.

Posted in General | Leave a comment

Fête des cours de russes / repas + film / Jeudi 11 juillet à Saint Jean du Gard

Repas russe + film d’animation (en langue russe sous titré en français) pour fêter les cours de russe de la Lézarde. En soutien aux professeurs russophones.

Posted in General | Leave a comment