Contre l’implantation de la Légion, pas d’armistice ce 8 mai, la lutte continue !

Communiqué à destination des organisations, associations et toutes les personnes qui ont participé à la marche du 8 mai ou l’ont soutenue

Contre l’implantation de la Légion, pas d’armistice ce 8 mai, la lutte continue !

Nous sommes plusieurs centaines de personnes à avoir participé à la marche et au rassemblement organisés contre l’implantation de la Légion étrangère à Saint Jean du Gard ce dimanche 8 mai au Col Saint Pierre. Cet événement fut un moment de rencontres et de discussions entre personnes de toutes générations, habitants de la vallée, et d’autres venant de plus loin. Le soutien exprimé à la cause que nous défendons ne fait que renforcer notre détermination à n’accepter ni centre de repos, ni camp d’entraînement dans les Cévennes.

Nous remercions chaleureusement toutes les personnes présentes à cette journée, les associations, chorales, et organisations militantes et syndicales. C’est ensemble que nous avancerons !

Nous vous tiendrons très prochainement informés des suites de la mobilisation.

Gardarem las Cevenas !!

Collectif Vallées Cévenoles Démilitarisées

Pour nous contacter et/ou nous rejoindre : vallees-cevenoles-demilitarisees@riseup.net

Ci-dessous quelques articles :

https://www.liberation.fr/societe/la-legion-etrangere-en-mode-mitraillette-dans-les-cevennes-20220509_ARWUK533YZDBPOISJTQY7RFV4Y/

https://www.objectifgard.com/2022/05/08/saint-jean-du-gard-trois-cents-personnes-rassemblees-contre-le-projet-de-rachat-dune-ferme-par-la-legion-etrangere/

ttps://www.midilibre.fr/2022/05/08/saint-jean-du-gard-plus-de-200-personnes-marchent-contre-la-militarisation-des-cevennes-10282689.php

https://www.objectifgard.com/2022/04/05/fait-du-jour-legion-etrangere-a-saint-jean-du-gard-notre-presence-le-territoire-peut-en-attendre-un-surcroit-de-tourisme/

https://www.forcesoperations.com/entre-combat-souterrain-et-ferme-isolee-le-camp-des-garrigues-sur-voie-de-la-haute-intensite/

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Dossier « Europe forteresse : du sang sur les murs »

A lire, un dossier spécial sur la forteresse Europe paru dans le denier numéro de CQFD de mai 2022.

https://cqfd-journal.org/

En finir avec l’Europe forteresse

« De quel côté du mur / La frontière vous rassure ? » (Patricia Kaas, « D’Allemagne », 1988)

Souvenir daté mais lancinant. Nord du Maroc, février 2013. Sur les contreforts du mont Gourougou, qui surplombe l’immense barrière érigée aux frontières de l’enclave espagnole de Melilla, des centaines d’hommes survivent dans la misère. Parmi eux, certains ont la cheville ou le poignet brisé. Les responsables ? Les flics marocains, qui usent de leurs matraques pour les mettre hors d’état de franchir le mur – soit grosso modo le job que l’Europe leur assigne dans le cadre de sa politique d’externalisation de la répression à ses frontières. Parmi les exilés, cette pratique est bien connue. Mais Mauricio, Guinéen bientôt majeur, ne veut pas y croire. Ce serait trop pour son entendement : « Certains ici disent que l’Europe paie le Maroc pour que ses policiers nous tabassent. Mais je n’y crois pas. Pourquoi ferait-elle ça  ?1 »

Pourquoi ferait-elle ça  ? Neuf ans plus tard, la question résonne toujours douloureusement. Elle se repose à chaque nouveau naufrage dans les eaux de la Méditerranée centrale et orientale ou sur la route des Canaries. À chaque évocation des prisons-mouroirs de Libye où femmes et hommes sont traités comme du bétail sous l’œil de l’Europe2. À chaque nouveau rapport dénombrant les morts à nos frontières (plus de 3 000 décès en mer pour 2021 selon l’ONU, soit le double de 2020 – sans compter ceux qui disparaissent sans laisser de traces, que certains chercheurs estiment à deux ou trois fois plus nombreux). À chaque nouveau récit sur les exactions des policiers français à Calais ou grecs à la frontière turque. À chaque nouveau tour de vis sécuritaire et/ou nationaliste des pays membres ou alliés de l’Union européenne…

Une liste interminable. Rares en effet sont les jours qui n’apportent pas de nouvelles histoires abominables, dont la somme forme un tout cohérent martelant ce message : l’Europe se cadenasse comme une forcenée et pour cela, elle tue. Au moment où nous bouclons, un consortium de journalistes révèle ainsi l’implication de l’agence européenne des gardes-côtes et gardes-frontières Frontex dans les pushbacks (refoulements) meurtriers en mer Égée3 : leurs victimes étaient renvoyées côté turc dans des petits bateaux de survie avec l’aval de l’agence. Le pire : l’annonce n’a étonné personne, depuis le temps que les ONG dénoncent la complicité de Frontex. La médiatisation de l’affaire et un rapport de l’Office européen de lutte anti-fraude ont fini par coûter son poste à son boss Fabrice Legerri, qui a démissionné le 28 avril. Qu’importe. Un·e autre prendra bientôt le relais et poursuivra sa sale besogne.

Prise de folie obsidionale, malade de son racisme, l’Europe se bunkerise à grande vitesse. Plus de 1 800 kilomètres de murs et de barrières sont désormais érigés ou en construction à ses frontières4. Comme une épidémie de barbelés et de caméras high-tech. Mais ces murs, comme les chiffres officiels des décès, ne sont que la face émergée de l’iceberg. Pour les personnes sur la route de l’exil, l’horreur est quotidienne. D’un pays à l’autre les attendent les matraques des flics, les chiens qu’ils lâchent sur elles ou les camps indignes où on les parque.

Voilà ce dont nous avons voulu rendre compte en partant au nord de la Serbie, le long de cette frontière hongroise où le satrape Viktor Orbán a fait construire une double barrière high-tech sur environ 150 kilomètres. Dans cette zone, des milliers de personnes exilées, venues notamment de Syrie et d’Afghanistan, sont bloquées dans des conditions de dénuement terribles, livrées aux mafias locales et aux polices violentes, oscillant entre la Croatie, la Roumanie, la Hongrie, toujours refoulées, matraquées, foulées aux pieds, cherchant le trou de souris par où passer [lire pp. II, III & IV].

En coulisses, Frontex : dans un article uppercut, Olivier Cyran dénonce l’institutionnalisation opaque de mécanismes de refoulement, sous l’égide de cette agence indifférente aux pratiques des pays chargés du sale boulot [p. VII]. Quant au géographe Olivier Clochard, il nous expose dans un entretien les évolutions des politiques européennes depuis les années 1990, la construction progressive de l’Europe forteresse, et la manière dont nous nous sommes peu à peu « habitués » aux violences contre les personnes migrantes [pp. V & VI]. Enfin, pas contre toutes les personnes migrantes, à vrai dire. Seulement celles qui ont la mauvaise couleur de peau ou une culture vraiment différente, comme le rappellent Oum Ziad et Édith Marek dans un papier consacré au traitement différencié des exilés à la lumière de la guerre en Ukraine [p. VIII]. « L’exemple ukrainien a montré une chose : quand on veut mettre les moyens d’un véritable accueil, on peut », insiste à juste titre Olivier Clochard.

Mais raconter l’Europe forteresse, ce n’est pas seulement décrire les murs et les institutions répressives. Nous avons aussi voulu donner la parole à ceux qui les traversent : le long récit de Walkalawa, parti du Tchad à l’âge de 16 ans, dresse un tableau effarant des obstacles inhumains qui se dressent sur la route de celles et ceux qui s’embarquent vers un autre destin [pp. IX & X]. Le travail de la géographe Camille Schmoll sur Les Damnées de la mer permet lui aussi de donner corps au sort des personnes exilées, en l’occurrence les femmes, qui représentent 51 % des êtres humains en situation de migration [p. XII].

Le tableau est sombre, très sombre. Et il appelle à une lutte sans merci, pour l’ouverture des frontières et le renversement des murs, alors même que le réchauffement climatique va sans aucun doute multiplier les mouvements migratoires. Non pas pour l’honneur de l’Europe : elle l’a perdu depuis longtemps. Mais par humanité, tout simplement.

Petite lumière dans le marécage, l’engagement anonyme de nombreuses personnes refusant le déni d’accueil, ou le travail de réseaux comme Migreurop, qui documente inlassablement la détérioration des conditions de vie des personnes exilées. Ou encore celui des camarades d’Alarm Phone, en Europe et en Afrique, dont la ligne téléphonique d’urgence apporte un soutien concret aux personnes en détresse en mer, et qui recueillent au passage de précieuses informations sur la géographie des refoulements – par exemple sur la route des Canaries à laquelle est consacré, en partie, leur dernier rapport [p. XI].

Le mot de la fin ? Il est inscrit au mur du local d’une petite association installée dans la bourgade de Šid, à la frontière entre Serbie et Croatie. Les deux bénévoles que nous y avons rencontrés, fraîchement débarquées, effectuaient des maraudes auprès des personnes exilées en attente de passage, disséminées dans les environs. Derrière le canapé de jardin vermoulu où nous avons pris place, une inscription tracée en grand : « Burn the borders  ! »

Dossier coordonné par Émilien Bernard & Laurent Perez

1 Voir « Melilla, les ombres du mur », site de feu Article11 (14/03/2013).

2 Lire à ce sujet le terrible reportage de Ian Urbina, « La Libye, garde-chiourme de l’Europe face aux migrants », Le Monde diplomatique (janvier 2022).

4 Voir à ce sujet l’éclairante infographie « Fortress Europe » sur le site du Telegraph.

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Stoppons le déploiement militaire dans les Cévennes ! – 8 mai – St Jean du Gard

On n’oublie pas le rôle de l’armée dans la surveillance et la gestion des frontières, la traque des exilés, et la dévastation de zones entières dans le monde forçant des milliers de personnes à prendre la route…

***

PARTICIPONS À LA MARCHE CONTRE LA MILITARISATION DES VALLÉES CÉVENOLES

DIMANCHE 8 MAI

Départ à 9h30 Place Carnot (St-Jean du Gard)

Rassemblement/repas partagé à 12h30 au Col St Pierre

(accessible en voiture – report au 15 mai en cas de pluie)

Voir tract ici.

Pétition en ligne ici.

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Nouvelles d’Aziz à Mende

La mobilisation en soutien à Aziz se poursuit. Quelques nouvelles du rassemblement de ce jour à Mende par les membres de RESF 48.

Ce matin, Aziz était convoqué pour que la préfecture lui notifie une « procédure contradictoire »… avant de décider de l’expulser en Grèce… ou de lui permettre de vivre ici.

Nous étions une bonne centaine à être venus le soutenir. Midi Libre était présent.

Aziz a été informé que le Préfet envisage de de l’expulser en Grèce où il a le statut de réfugié.

Il doit remettre lundi 11 au matin. ses « éventuelles observations ».

Après en avoir pris connaissance, le Préfet décidera, de lui remettre, ou non, un arrêté d’expulsion.

Nous préparons avec des avocats observations et documents à joindre :
– Courrier des élus avec une cinquantaine de signatures,
– Pétitions : plus de 1200 signatures, locales à plus de 80%.

Combien de temps Aziz devra-t-il attendre la réponse ???

Un geste pour la planète
Nous pensons inutile de refaire un rassemblement lundi. Aziz ira en préfecture accompagné d’une seule personne :
Il n’y a jamais eu jusque d’arrestation en préfecture de Lozère lors d’une convocation.
Il y a de toute façon encore des recours juridiques possibles en cas de réponse négative et de délais à respecter
Nous avons montré que nous étions nombreux à le soutenir. Gardons notre énergie au cas où la préfecture refuserait de régulariser Aziz, économisons pour cette fois le déplacement de 50 voitures.

Continuons à soutenir Aziz
Signez et faites signer à un maximum de gens la pétition. Elle sera remise lundi à la préfecture.
3 possibilités :

1 – Pétition papier à faire signer nouvelle version.
Dès que vous avez une page pleine de signatures, merci de la scanner ou de la photographier et de l’envoyer par mail à resf.48@icloud.com
Toutes les pétitions doivent être envoyées à cette adresse, avant dimanche 10 à midi.

2 – Signature de la pétition par mail
_Aussi avant dimanche 10 à midi ._

– envoyez un mail à resf.48@icloud.com
– copier le texte rouge

Je signe la lettre de soutien à Aziz El Ahmed.

Indiquez en dessous (merci de respecter cet ordre) :

Nom Prénom Profession/activité Commune

(Si vous êtes retraité, c’est mieux de préciser votre ancienne activité)

3 – Signature de la pétition sur change.org [1]
https://chng.it/WTmz5BLKQc
Toujours avant dimanche 10, à midi.

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Soutien à Abdelaziz EL AHMED – Rassemblement 6 avril 8h45 à Mende

Aziz est convoqué à la préfecture de Mende pour recevoir un arrêté d’expulsion Mercredi 6 avril à 9 heures

Nous vous proposons de venir le soutenir 8 h 45 à Mende devant la préfecture rue du faubourg Monbel.

RESF 48

Et si ce n’est pas encore fait signez la pétition

Un titre séjour pour Abdelaziz El Ahmed
https://chng.it/WTmz5BLKQc

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Soutien à Abdelaziz EL AHMED

Aziz, Syrien herbergé depuis plus d’un andans les Cévennes a reçu une convocation de la préfecture pour le 6 avril dans le cadre d’une procédure d’expulsion vers la Grèce…

Pour le soutenir, voilà une pétition que vous pouvez signer par mail (explications ci-dessous).

Un rassemblement aura lieu le 6 avril à 8h45 devant la préfecture, Faubourg Montbel, pour le soutenir.

Merci de diffuser ce mail

Patricia Grime

Aziz avait envoyé une demande de titre de séjour à la préfecture.

La réponse est une convocation mercredi 6 avril, à 9h, à la préfecture dans le cadre d’une procédure d’expulsion vers la Grèce…

Voici la pétition pour le soutenir.
N’hésitez-pas à faire suivre à vos contacts

Pour signer :

– Cliquer pour envoyer un mail à  resf.48@icloud.com

– Copier et compléter le texte suivant :

Je signe la lettre de soutien à d‘Aziz El Ahmed.
Nom :
Prénom :
Profession, activité… :
Commune :

(Si vous êtes retraité, c’est mieux de préciser votre ancienne activité)

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Accueil sélectif aux frontières européennes : du racisme des politiques migratoires

22 mars 2022

Accueil sélectif aux frontières européennes : du racisme des politiques migratoires

https://migreurop.org/article3095.html?lang_article=fr

Communiqué sur la situation en Ukraine

« Les ministres (de l’Intérieur) de l’Union européenne (UE) se sont accordés aujourd’hui unanimement sur la mise en place d’un mécanisme de protection temporaire pour répondre à l’afflux de personnes déplacées en provenance d’Ukraine » [1]. C’est dans ces termes que la France, qui préside actuellement le Conseil de l’UE, s’est félicitée par la voix de son ministre de l’Intérieur de l’accord historique de la mise en œuvre, pour la toute première fois, de la directive européenne sur la protection temporaire de 2001, lors de la réunion du Conseil « Justice et affaires intérieures » du 3 mars. « Cette décision reflète le plein engagement de l’Union européenne à afficher sa solidarité à l’égard de l’Ukraine et à assumer son devoir à l’égard des populations victimes de cette guerre injustifiable », a-t-il ajouté.

Ce mécanisme de protection, demandé à plusieurs reprises par la société civile pour d’autres groupes de personnes exilées – les Syrien⋅ne⋅s en 2011 ou les Afghan⋅e⋅s à l’été 2021 – n’avait jamais été jusque-là appliqué [2]. Par ailleurs, depuis le début de l’invasion militaire russe de l’Ukraine, les pays limitrophes – tels que la Pologne, la Hongrie, la Bulgarie – qui ont, au cours des dernières années, pratiqué une politique de rejet et d’hostilité à l’égard des personnes en exil tentant de traverser leurs frontières, se sont rapidement organisés pour accueillir les Ukrainien⋅ne⋅s fuyant la guerre. Ailleurs en Europe, des États qui, il y a peu, criminalisaient la solidarité manifestée par une partie de la population avec les exilé⋅e⋅s l’encouragent au contraire à l’égard des déplacé⋅e⋅s ukrainien⋅ne⋅s.

L’Europe aurait-elle décidé d’en finir avec la guerre aux migrant⋅e⋅s qu’elle mène depuis plus de 30 ans ? Rien n’est moins sûr. Bien que ces initiatives récentes ne puissent être que saluées – la population ukrainienne en fuite doit absolument être accueillie – elles sont révélatrices de l’hypocrisie de la politique européenne et des politiques nationales qui pratiquent une hospitalité à deux vitesses en continuant à opérer un tri entre les « bons » réfugié⋅e⋅s et les « mauvais » migrant⋅e⋅s afin de tenir à l’écart et nier les droits des populations du Sud global.

En effet, alors que le gouvernement polonais soutient que « les réfugiés fuyant l’Ukraine en guerre entrent en Pologne quelle que soit leur nationalité  » [3], nombreux sont les témoignages des personnes originaires d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient résidant en Ukraine qui font état des pratiques discriminatoires et racistes qu’elles ont eu à subir de la part des garde-frontières ukrainiens et polonais. Des centaines d’entre elles ont été bloquées dans les gares ferroviaires ou aux frontières, y compris des femmes avec leurs bébés, lors du passage à la frontière. Des vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux montrant des personnes attendant, dans un froid intense, d’être autorisées à quitter le territoire ukrainien, tandis que d’autres ont dû rebrousser chemin ou s’organiser pour franchir collectivement les barrages [4].

Au mépris de ces témoignages concordants, le porte-parole des garde-frontières ukrainiens a déclaré : « Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, ces personnes ont peut-être été refoulées parce qu’elles essayaient de griller la priorité dans la file d’attente » [5]. Le ministre de l’Intérieur français est allé jusqu’à affirmer que «  les Polonais eux-mêmes ont dit que tout le monde était accueilli en Pologne et dans le reste de l’Union européenne », rapportant que « l’ambassadeur de la Pologne a[vait] évoqué le fait que c’était notamment une utilisation russe pour déprécier le travail  » fait par les autorités de ce pays [6].

Tant les pratiques de tri aux frontières de l’UE que le mécanisme de protection temporaire mis en place à l’heure de l’exode de la population vivant en Ukraine sont discriminatoires, puisqu’ils engendrent un choix à opérer parmi les personnes à protéger [7]. Ces pratiques visant à limiter l’arrivée des citoyen⋅ne⋅s du Sud global s’inscrivent dans la continuité de la politique raciste de l’UE et de ses États membres au cours des dernières décennies.

En effet, il y a à peine quelques mois les autorités polonaises érigeaient ainsi des barbelés et des murs à la frontière biélorusse comme seule réponse à l’arrivée des femmes, des hommes et des enfants en provenance des pays tels le Yémen, l’Afghanistan, la Syrie, l’Irak, ou la République démocratique du Congo (RDC) parmi d’autres, au prétexte qu’il s’agissait de « migrant·e·s » instrumentalisé⋅e⋅s par le chef d’État biélorusse.

Un peu plus tôt, après la prise de pouvoir par les Talibans à Kaboul, les pays européens aujourd’hui « accueillants » s’organisaient pour fermer leurs frontières aux milliers de personnes cherchant à fuir l’Afghanistan, alléguant comme l’a fait la France, que « l’Europe ne peut pas à elle seule assumer les conséquences de la situation actuelle [et que] « nous devons anticiper et nous protéger contre les flux migratoires irréguliers importants  » [8].

Ce que cachent mal les discours et pratiques à géométrie variable que nous observons aujourd’hui porte un nom : le racisme, c’est-à-dire la croyance en une hiérarchie des êtres humains et la production d’un rapport de domination pour tenter de rendre opérante cette hiérarchisation. L’idéologie raciste se masque le plus souvent derrière des atours présentables, dans des arguties telles que : « La place de ces gens-là est chez eux, à aider leur pays à sortir de la misère  », « ils doivent être accueillis dans les pays limitrophes au Sud, dont la culture dominante est proche de la leur… », ou encore « dans la migration, ils se mettent en danger et se font la proie des passeurs  ». Mais elle apparaît pour ce qu’elle est en période de crise, quand refont surface les discours alarmistes qui, chez les responsables politiques et dans certains médias, attisent la peur de l’invasion.

Pour commenter la décision de l’UE de déclencher le mécanisme de protection temporaire, la Commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, parle d’un « changement de paradigme », et on entend volontiers dire dans les médias que les Européens auraient retrouvé « le sens de l’accueil » [9]. C’est oublier que, comme on le voit aujourd’hui, la légitimité des souffrances se mesure à l’aune des origines et de la couleur de la peau.

Des exilé⋅e⋅s se mobilisent depuis des mois pour défendre leur droit à la protection et à quitter un pays où leur vie est en danger et n’ont toujours pas vu cet accueil se matérialiser. A l’image de celles et ceux sur la route des Balkans [10], ou bloqué⋅e⋅s dans le sud de la Tunisie [11], ou encore en Libye qui ne sont pas dupes : « Ils affirment que les Ukrainiens sont différents, qu’ils sont des programmeurs informatiques et qu’ils ont une histoire bien connue, contrairement aux Africains dont le passé est marqué par la pauvreté. Les Ukrainiens sont désormais accueillis dans des pays qui ont fermé leurs portes aux réfugiés du Moyen-Orient et d’Afrique » [12]. Si nous exprimons toute notre solidarité avec les exilé⋅e⋅s ukrainien⋅e⋅s, nous joignons nos voix à celles de toutes les personnes qui sont bloquées et maintenues sciemment à distance des frontières européennes.

Aujourd’hui l’UE fait pour les exilé⋅e⋅s Ukrainien⋅ne⋅s ce qu’elle a longtemps prétendu impossible : permettre la mobilité des personnes en quête de refuge et la reconnaissance de leurs droits plutôt que de chercher à les bloquer à tout prix. Cette brèche ouverte avec la mobilisation exceptionnelle dont font preuve aujourd’hui les Etats membres démontre que, contrairement à ce qu’elle a toujours dit, l’UE a la capacité d’accueillir un très grand nombre d’exilé⋅e⋅s. Le réseau Migreurop réclame que cet élan de solidarité et d’accueil soit étendu à toutes les personnes quelles que soient l’origine, la nationalité, la couleur de la peau, la classe, etc.

Seule la liberté de circuler de toutes et tous pourrait enfin mettre un terme à l’apartheid global imposé à travers les frontières.

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Rencontre du film documentaire – Saint jean du Gard – 2 et 3 avril 2022

L’ASSOCIATION ABRAHAM MAZEL PRÉSENTE

16ES RENCONTRES DU FILM DOCUMENTAIRE

« LUTTES ET RESISTANCES » VISAGES DE l’IMMIGRATION

2|3| avril 2022

SAINT-JEAN-DU-GARD SALLE STEVENSON

PROGRAMME

samedi 2 avril 2022
17 H 30 • film « BONS BAISERS DU BLED »
Linda Bendali, 2021, 52 min
Dans les années 70, débute l’âge d’or des vacances au bled. Direction : le Maroc, l’Algérie ou la Tunisie. Pour les parents, ce retour aux sources est une nécessité. Pour leurs enfants, ceux qu’on appelle la deuxième génération, la quête est surtout identitaire. C’est avec une nostalgie joyeuse que cette deuxième génération, âgés aujourd’hui de 35 à 59 ans, nous racontent comment ces vacances ont forgé leur identité, à la croisée des deux cultures.
Présentation d’actions locales par le collectif Réfugiés St Jean, le projet Caravane solidaire…

19 H 30 • pot d’accueil et Restauration

20 H 30 • film « Marie-José vous attend à 16 h »
Camille Ponsin, 2021, 94 min
Marie-José Tubiana sait tout du Darfour où elle a passé sa vie d’ethnologue. À 90 ans, elle reçoit des rescapés du génocide qui frappe la population de cette région du Soudan depuis 2003. Avec de vieilles cartes et ses connaissances du terrain, elle peut confirmer leurs histoires et les aider à obtenir l’asile politique en France.
Grand prix documentaire national au Fipadoc 2022.
Débat en présence de Marie-José Tubiana et du réalisateur.

dimanche 3 avril 2022
15 H • film « leur Algérie »
Lina Soualem, 2021, 72 min
Après 62 ans de mariage, les grands-parents de Lina, Aïcha et Mabrouk ont décidé de seséparer. Ensemble, ils étaient venus d’Algérie en Auvergne, à Thiers, il y a plus de 60 ans,et côte à côte ils avaient traversé cette vie chaotique d’immigrés. Pour Lina, leur sépara-tion est l’occasion de questionner leur long voyage d’exil et leur silence.
Prix de la première œuvre au Festival Cinemed 2020, prix France TV au Festivalinternational de films de femmes de Créteil 2021, prix du public au Festival de cinéma africain de Tarifa 2021.
Débat animé par la réalisatrice (sous réserve) et Philippe Lafaye de Micheaux.

17 H • FILM « Les Sauteurs »
Estephan Wagner, Moritz Siebert, Abou Bakar Sidibé, 2016, 80 min
À la frontière marocaine se trouve la ville de Melilla, une enclave espagnole entrel’Afrique et l’Europe. Sur la montagne qui la surplombe, plus de mille migrantsafricains contemplent la barrière qui les sépare de « l’Eldorado ». Abou – le filmeur et le filmé – est l’un d’eux. Armé de sa petite caméra DV, il témoigne de sa vie quotidienne et de ses nombreuses tentatives pour sauter la fameuse barrière.
Prix Amnesty International au Millennium Docs Against Gravity, prix du film international au Lichter Filmfest Frankfurt International, prix Tasca D’Almerita et prix du meilleur montage au Salina DocFest, prix White Goose au DMZ Docs, prix du meilleur réalisateur émergent au Porto/Post/Doc.
Débat sur le mythe de l’Eldorado animé par les auteurs de « Ni or ni maître. Montagne d’or et consorts ».

19 H 30 • Restauration

20 h 30 • film « Déplacer les montagnes »
Lætitia Cuvelier, Isabelle Mahenc, 2019, 80 min
Dans nos montagnes, là où nous avons choisi de vivre, nous voyions des espaces de liberté, des cols, des passages et des invitations au voyage.Nous avons vu une frontière se dessiner, de la violence contre les personnes exilées, des drames et des élans de solidarité. Nous avons vu des portes s’ouvrir, des liens se nouer à la croisée de ces chemins d’exil et d’hospitalité.
Nous avons eu envie de faire raconter cette aventure par ceux qui arrivent et ceux qui les accueillent. Parce que cette histoire de rencontres dit quelque chose de nous et du monde dans lequel nous vivons.
Grand prix du jury et prix des lycéens du Festival caméra des champs 2019.
Débat en présence de la réalisatrice Lætitia Cuvelier.

Participation libre (à l’appréciation des participants)
L’argent collecté sert à payer les frais de voyage, l’hébergement, les repas de nos invités, les droits de projection des films, les affiches, les programmes et une partie du travail des unes et des autres, etc.
Avec le soutien des commerçants et de la mairie de Saint-Jean-du-Gard, du conseil départemental du Gard, des médias locaux et d’un grand nombre de bénévoles. Nous les remercions tous.
Renseignements : maison.mazel@gmail.com
http://www.abrahammazel.eu/
06 56 76 96 90
Programme sous réserve de changement de dernière heure. Dans le respect des règles sanitaires en vigueur.

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EMILIO LIBERO! RASSEMBLEMENT À LA PRISON D’AIX-LUYNES – 12 fevrier

EMILIO LIBERO! RASSEMBLEMENT À LA PRISON D’AIX-LUYNES – 12 fevrier
https://www.facebook.com/comitatoemiliolibero/

Samedi prochain, 12 février, nous serons en France, devant la prison d’Aix Luynes, où est détenu Emilio Scalzo, un de nos copain et frères, militant du mouvement NO TAV et NO BORDER.

Frappé par un mandat d’arrêt européen, demandé par le tribunal de Gap et accordé par les instances judiciaires italiennes, Emilio est incarcéré en France depuis le 3 décembre 2021.

Lors de l’une des manifestations que nous organisons depuis des années à la frontière du Montgenèvre, l’un des lieux symboliques pour dénoncer la persécution des migrants par les États européens, Emilio a été accusé de violence envers un gendarme français. Si le droit à la résistance et à la légitime défense est un crime, nous en sommes tous accusés.

Il est maintenant en prison, dans l’attente de son procès, en vertu d’une mesure sans précédent d’extradition préventive.

Son crime ? Celle de la solidarité. C’est un homme droit et doux, qui s’engage depuis des années non seulement pour la protection de l’environnement, mais aussi pour la défense des derniers, femmes, hommes et enfants qui traversent quotidiennement la vallée de Suse, dans l’espoir de rejoindre la France, où beaucoup ont des parents et où ils espèrent tous trouver accueil et dignité. Ce ne sont pas des touristes, mais des gens qui fuient la guerre, la faim, le pillage des ressources naturelles, des gens qui cherchent à déterminer leur propre destin, en dehors des frontières auxquelles le colonialisme et l’impérialisme du Nord du monde les ont condamnés, et qui élèvent aujourd’hui contre eux des murs frontaliers armés.

Dans nos montagnes, où passe la frontière armée, ce n’est pas l’hiver qui fait des victimes, mais la violence de la police et des États qui a déjà causé la mort d’au moins 9 personnes, dont 2 seulement depuis le début de l’année.

Emilio est engagé depuis des années pour ces personnes humiliées et offensées, les soutenant concrètement de sa main forte et douce.

Mais Emilio n’est pas seul : avec lui, il y a le mouvement NO TAV, il y a la vallée de Susa que le parti transversal du business et de la guerre voudrait dégrader écologiquement et socialement pour en faire un couloir de transit dédié aux marchandises, au capital et aux armées et refusé aux personnes. Et il y a ceux qui luttent contre l’injustice sociale, parce qu’ils continuent à sentir sur leur joue la gifle donnée à n’importe qui, de n’importe où dans le monde.

Contre le pouvoir qui répond aux besoins par la répression, pour l’autodéfense populaire des derniers et des persécutés, contre la réponse carcérale aux exploités et à ceux qui luttent, nous appelons à l’engagement de tous et toutes.

Nous vous invitons à participer avec nous au rassemblement en solidarité pour Emilio et pour tous les prisonniers, contre toutes les frontières.

SAMEDI, 12 FÉVRIER 2022, 13 h.

PRISON D’AIX LUYNES

EMILIO LIBRE, LIBRE MAINTENANT !

TOUS LIBRES TOUTES LIBRES

Comité de soutien Emilio Libero

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Rassemblement contre l’extrême droite – Alès 9 janvier 2022

Rassemblement contre les idées d’extrême-droite et la dissolution de la Ligue du midi.

Dimanche 9 janvier 2022

Alès 14h30 place des martyrs

Prises de paroles, stands info, ambiance musicale et animations pour les petits.

Le dimanche 9 janvier 2022 rassemblons-nous pour dire non aux idées d’extrême droite et réclamons la dissolution de la ligue du midi. Soyons nombreux.ses !!

Vivre ensemble c’est possible en opposant aux idées d’extrême-droite qui divisent et au pouvoir de l’argent qui en profite, l’égalité, la justice sociale et la démocratie citoyenne !

 

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