Cantines sans frontières – Samedi 28 avril : repas afghan !!

Au menu de la cantine ce mois ci :

REPAS AFGHAN
Salade afghane
Kabuli pasa urai (riz épicé avec mouton et version végétarienne)
Thé et fruits secs

prix libre, en soutien à quatre jeunes afghans en galère financière.

A la rétive (42, rue du faubourg d’Auvergne à Alès), à 12h30.

Venez nombreu.ses et relayez !

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[Grèce] Appel à solidarité face au procès des 35 accusés du camp de Moria et des 8 accusés du centre de rétention Petrou Ralli !!

Si la noyade des réfugiés dans la mer Égée est l’une des représentations de l’inhumanité engendrée par les politiques migratoires Européennes, le maintien en détention pendant des mois voire des années dans les hotspots grecs et dans les centres de rétention forme bien la partie répulsive de la forteresse. Et quand, désespérés de leur isolement et de leur emprisonnement dans des conditions sordides, les réfugiés fuyant la guerre et la pauvreté se plaignent, la réponse des autorités est là encore la répression.

Les 35 accusés de Moria : Le mardi 18 juillet 2017, pour la deuxième journée d’affilée, des manifestants s’assoient à l’extérieur du Bureau européen de soutien à l’asile situé dans le camp de Moria à Lesbos. Ils protestent contre les durées extrêmement longues du traitement de leurs demandes d’asile, dénoncent les conditions de vie déshumanisantes qu’ils doivent endurer dans le camp et demandent la possibilité de pouvoir se rendre en Grèce continentale pour les personnes qui sont restées sur l’île depuis plus de 6 mois. Cette liberté leur est refusée depuis l’entrée en vigueur de l’accord signé entre l’Union européenne et la Turquie le 18 mars 2016. S’en suit alors une répression violentela police anti-émeute grecque attaque les manifestants à coups de pierre, de gaz lacrymogènes et de grenades de désencerclement. Peu après la fin des affrontements et un semblant de retour « à la normale », les réfugiés de Moria doivent faire face à un raid des forces de l’ordre, qui prennent d’assaut les containers dans lesquels les personnes vivent, frappant indistinctement parmi celles-ci, jusqu’à arrêter 35 personnes au hasard et sans la moindre preuve d’une quelconque culpabilité.

Neuf mois plus tard, les 30 des 35 accusés demeurent emprisonnés dans quatre prisons du pays. Sur les 30 détenus, 10 sont en prison sur l’île de Chios, 13 à Korydallos (Athènes), six dans la prison pour mineurs d’Attica, et un a été transféré d’Attica à la prison de Malandrino (Grèce centrale). Des problèmes importants résultent de leur séparation, puisqu’ils ont été emprisonnés loin de leurs avocats et de leurs amis, aggravant leur isolement et leurs doutes, tout en faisant obstacle à la préparation de leur procès à venir. Les cinq autres sont soumis à des conditions restrictives à Lesvos. Les quatre chefs d’inculpation sont les suivants : « incendie volontaire pouvant intenter à la vie d’autrui », « violences volontaires répétées sur personnes dépositaires de l’autorité publique en l’espèce des policiers et des pompiers  », « dégradation de bien public par le feu », et « manifestation en bande organisée avec armes par destination à visage couvert ». Ces accusations peuvent mener à des peines d’emprisonnement de plusieurs années, et à une exclusion de la procédure de demande d’asile. Le procès des 35 accusés de Moria aura lieu le 20 avril à la cours d’assise du tribunal de Chios.

Les 8 accusés de Petrou Ralli : Le mercredi 31 mai 2017, les réfugiés emprisonnés dans le centre de rétention de Petrou Ralli se plaignent de leur détention. Ils frappent à la porte du couloir de leur aile et demandent une rencontre avec le directeur de la prison pour en savoir plus sur l’avancement dans le processus de leur détention, certains y étant maintenus depuis 8 à 10 mois. Plutôt que de leur accorder cette demande, les policiers envahissent alors les cellules et après avoir battu les prisonniers, procèdent à des arrestations arbitraires. Cette tentative de revendiquer leur droit fondamental à la liberté a conduit plusieurs personnes à être hospitalisées. Alors que les signes de brutalité (mains cassées, têtes meurtries, très nombreuses ecchymoses) étaient plus qu’apparents, les policiers portent immédiatement plainte contre plusieurs d’entre eux afin de couvrir leurs agissements. Ces derniers affirment que les réfugiés « auraient tenté de s’échapper en frappant la porte centrale de l’aile afin de la casser » et que dans leur tentative de fuite « ils auraient glissé et se seraient blessés par eux-même ». Les personnes sont accusées de « résistance aux autorités », de « tentative d’agression », de « port d’objets dangereux » et demeurent en prison à ce jour. Les 8 accusés de Petrou Ralli seront jugés à la Cour d’appel du tribunal d’Athènes le 27 avril.

Le traitement injuste et punitif des réfugiés par la police et les autorités judiciaires révèle l’inhumanité des accords conclus entre l’UE et la Turquie, et appliqués par le gouvernement grec. Pour les deux cas, le Ministère Hellénique de la Protection Civile a fait le choix de cette implacable démonstration répressive et autoritaire contre des personnes qui ont osé demander, après plusieurs mois d’incarcération, que les procédures d’examen de leurs demandes soient accélérées. Et ce sont bien les mêmes politiques, menées par le même gouvernement, qui dissimulent les refoulements illégaux le long du fleuve Evros séparant la Grèce de la Turquie ; qui sont responsables de la récente noyade à Agathonisi le 17 mars où 16 réfugiés ont été laissés seuls et impuissants à combattre les vagues pendant 24 heures, bien que les autorités compétentes aient été informées dès les premiers moments du naufrage ; et qui ont conduit à l’immolation le 26 mars d’un jeune syrien de 26 ans dans le camp de Moria agissant après que sa demande d’asile ait été rejetée pour la deuxième fois.

Les faits évoqués ci-dessus ne sont ni rares, ni isolés. La politique anti-immigration dans laquelle s’inscrit cet océan de répression et de désolation s’est intensifiée depuis 2015 avec l’augmentation des arrivées de réfugiés en Grèce. Les centres de détention tels que Petrou Ralli et les conditions d’enclavement exercées dans les îles de la mer Egée répondent à un modèle planifié de gestion de l’immigration. Récemment, le ministre grec de l’Immigration a annoncé que la prochaine étape après l’accord UE-Turquie serait la création de nouvelles prisons et l’expansion des centres de détention fermés déjà existants sur les îles, ce qui en soi est une confession pour augmenter la répression. En conséquence, le nombre de réfugiés emprisonnés augmentera, et pour l’écrasante majorité, le seul horizon après la détention sera l’expulsion.

Il importe donc d’unir nos voix avec les réfugiés emprisonnés et de soutenir la résistance à l’intérieur et à l’extérieur des murs, en exigeant le retrait des charges qui pèsent sur eux. Ce sont les politiques de pauvreté et de guerre qu’il faut combattre, non leurs victimes.

Solidarité avec les réfugiés victimes des politiques anti-immigration !

Retrait des charges et libération immédiate pour les 35 accusés de Moria et les 8 accusés de Petrou Ralli !

Infos reprises et traduites à partir de plusieurs articles et communiqués. Voir également :

le site d’info de la campagne de soutien aux accusés,

le communiqué de l’Assemblée solidaire des 35 migrants persécutés du camps de Moria et la déclaration de 5 des 35 accusés du camp de Moria,

un rapport illustrant les violations de droits et les résistances à Lesbos en janvier 2018 (en anglais),

un article revenant sur la situation à Lesbos durant l’été 2017.

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Manifestation ce matin dans les rues d’Alès…

Une centaine de personnes “extrêmement dangereuses et totalement irresponsables” appelaient à l’ouverture des frontières dans les rues d’Alès ce matin…

Et pour continuer la lutte contre l’immonde loi “immigration” et les politiques sécuritaires, tous et toutes à l’assemblée publique à la Bourse du Travail jeudi 19 avril à 18h30 !

Retrait du projet de loi “immigration” !!

Liberté de circulation et d’installation !!

Dublinons Collomb !!

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Briançon : Occupation de l’ancienne école du Prorel

Après l’occupation de la gare de Briançon qui a été réquisitionnée de dimanche à mardi pour permettre à plus d’une centaine de personnes venant d’Italie de ne pas rester dehors, c’est l’ancienne école du Prorel qui est occupée depuis cette nuit. Ci-dessous le communiqué des occupants.

OCCUPATION DE L’ANCIENNE ÉCOLE DU PROREL  

Cette nuit, une salle de l’ancienne école du Prorel a été réquisitionnée pour y accueillir des personnes exilées arrivant d’Italie. Ceci en réponse à l’expulsion de la gare du 10 avril, qui fut seulement une manière de rendre invisible la situation à Briançon en déplaçant le problème ailleurs. Il n’y a pas de réelles solutions proposées, tous les espaces d’accueil sont saturés. Actuellement, une soixantaine de personnes dorment au Refuge Solidaire, et à Clavière vingt à cinquante personnes arrivent quotidiennement.

Rappelons que les exilé-es arrivent pour la plupart de Libye, où l’esclavage et la torture sont omniprésent, avant de traverser la Méditerranée dans des embarcations « de fortune » puis de rejoindre les campos d’Italie souvent gérés par la mafia. En France, Collomb et Macron leur promettent l’invisibilité dans les PRAHDA (Programme d’Accueil et d’Hébergement des Demandeurs d’Asile) et l’enfermement dans des CRA (Centres de Rétention Administrative).

Il est temps de se questionner sur la « politique d’accueil digne et responsable » de l’État, considérant les personnes en exil comme une menace, ou au mieux des victimes. Jamais comme des êtres humains. Il est temps de refuser les logiques de tri et d’enfermement. En réaction à cette politique dissuasive par « l’horreur » quotidienne et silencieuse, la réappropriation d’espaces communs est nécessaire. Nous avons toutes et tous besoin de lieux vivants, ouverts, en interaction avec la population. Des lieux où les gens peuvent témoigner de leur réalité respective. Des lieux où nous pouvons commencer à imaginer du commun (ou du être  ensemble) et faire l’expérience d’un partage concret.

Lundi 16 Avril, sera examinée en première lecture à l’assemblée, la « monstrueuse » loi « Asile et Immigration » . Nous devons refuser la logique de criminalisation et de pénalisation qui accentue la déshumanisation. Des appels sur tout le territoire ont été lancé pour des mobilisations  afin d’ exprimer et de rendre visible notre refus catégorique et notre détermination d’empêcher l’émergence d’une telle loi et des idées qu’elle véhicule.

L’OCCUPATION D’UN LIEU FAIT PARTIE DE CETTE MOBILISATION.

SOLIDARITÉ INCONDITIONNELLE AVEC TOUTES LES PERSONNES MATRAQUÉES PAR L’ÉTAT!

BESOIN DE SOUTIEN ET DE NOURRITURE, DRAPS, COUVERTURES, MATELAS, PRODUITS D’HYGIÈNE, PAPIER- TOILETTE…  VENEZ NOMBREUSES ET NOMBREUX!!

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Rassemblement 14 avril contre la loi “asile et immigration” : traduction pachto et albanais

راټولیدل شنبې د اپریل په ۱۴م جلسه او تسمیم جوړول د پنجشنبې ۱۹ د اپریل ۶بجې او ۳۰ دقیقې دپاره د مظاهرې کولو دمهاجرینو د حق او د قبولۍ د درخواست د بهترولو او همدارنګه د ازاد ژوند کولو او ګرځیدو.

پته شنبې devant le cratere a ales place barbusien

پته پنجشنبې bourse du travail place george dupuy

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Rassemblement 14 avril contre la loi “asile et immigration” : traduction russe et arabe

Ci dessous l’appel en russe et en arabe, à relayer largement !!

 

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Appel à rassemblement contre la loi “Asile et immigration” – Samedi 14 avril à 10h30 à Alès

APPEL À RASSEMBLEMENT CONTRE LE PROJET DE LOI « ASILE ET IMMIGRATION »
ET LES POLITIQUES MIGRATOIRES SÉCURITAIRES

Le projet de loi « pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif » va dans les jours qui viennent être examiné par les députés de l’Assemblée Nationale. Celui-ci s’inscrit en droite ligne de la politique migratoire répressive exercée par les gouvernements ces dernières années.

Ce projet de loi, tout comme les dispositions législatives récemment engagées, va entraîner une plus large précarisation (conditions d’obtention de l’asile durcies, contrôles des travailleurs clandestins accrus…), une exacerbation de la criminalisation (usage massif et allongement des durées de la rétention, enfermement des demandeurs d’asile avant même une décision d’expulsion…), et la mise en concurrence des populations (tri sur le volet des « compétences » recherchées par les états, opposition renforcée entre l’immigration dite « légale » et « clandestine »…).

Cette situation se retrouve partout sur le territoire. Rien que sur la ville d’Alès et dans les Cévennes, de très nombreuses familles déboutées de leur demande d’asile survivent sans ressources ni logements sur de très longues périodes, souvent des années. Comment subsister sans la possibilité de travailler et dans la crainte permanente d’une expulsion ?

Ce sont aussi des réfugiés ne pouvant déposer leur demande de protection en vertu du règlement Dublin qui sont contraints à la clandestinité durant des mois (ce règlement les contraint à retourner dans le premier pays d’Europe où leur empreintes ont été enregistrées). Ce sont de jeunes adultes qui même s’ils ont obtenu le statut de réfugiés sont rapidement propulsés dans la jungle économique que nous connaissons tous. Comment se projeter dans l’avenir sans avoir eu la possibilité de suivre une formation ou d’apprendre un métier ?

Cette politique ne fait qu’aggraver les conditions de vie et renforcer une stigmatisation toujours grandissante des étrangers. Elle privilégie le rejet à la mise en place d’une réelle volonté d’accueil. Les dispositifs d’hébergements intègrent progressivement des fonctions de contrôle administratif et policier, les expulsions et les violences policières comme à Paris, à Calais, ou à la frontière italienne sont toujours plus nombreuses et engendrent des conséquences souvent dramatiques.

Ce projet de loi est en parfait accord avec les politiques européennes dont les objectifs sont clairs : lutter contre ces populations prisonnières et victimes de situations politiques iniques, brandir la traque, le renvoi, le refoulement et la force sans aucune considération pour les personnes afin de peser sur les marchés du travail et pour servir leurs intérêts économiques et politiques.

Comme aucun changement significatif de politique n’aura lieu sans mobilisation forte et collective, un rassemblement est appelé :

SAMEDI 14 AVRIL à 10h30 au Cratère à ALÈS

Retrait du projet de loi « Asile et immigration » !

Régularisation et liberté de circulation pour tous et toutes !

Et pour poursuivre la mobilisation, mais aussi pour pouvoir échanger et nous organiser collectivement face aux problèmes de papiers, de logements et de ressources, une réunion publique est prévue jeudi 19 avril à 18h30 à la Bourse du travail d’Alès (place Georges Dupuy).

Contacts : cevennessansfrontieres@riseup.net / exploitesenerves@riseup.net

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Un accord sur les migrations de l’UE renforce les criminels de guerre au Soudan

Nous proposons ci-dessous une traduction d’un article publié le 9 mars 2018 par le journaliste Mat Nashed basé au Liban qui couvre les migrations et l’exil.

Alors que des millions de Soudanais sont contraints de fuir à l’étranger ou sont déplacés à l’intérieur du pays, leur gouvernement coopère avec l’Union européenne pour réprimer les migrations.

Le Fonds d’affectation spéciale d’urgence pour l’Afrique, que la Commission européenne a créé en 2015, a d’abord alloué à Khartoum 40 millions d’euros pour aider à « gérer la migration » dans la corne de l’Afrique. L’année suivante, l’UE a accepté de donner 100 millions d’euros pour venir en aide à certaines des zones les plus touchées par les conflits dans le pays. En dépit de cette belle rhétorique, 5 millions d’euros du premier versement risquent d’aller à des agences de sécurité soudanaises connues pour avoir commis de graves violations des droits humains, selon un rapport de l’Enough Project, un organisme sans but lucratif basé à Washington DC.

Les Forces de soutien rapide (RSF), qui émanent des milices Janjaweed (également appelées “Devil’s on horseback”) sont les plus préoccupantes, car elles sont chargées de patrouiller les frontières du Soudan. Cette unité est responsable de l’assassinat de plus de 300 000 personnes et du déracinement de millions de personnes dans la province occidentale du Darfour depuis 2003. L’UE a nié à plusieurs reprises le financement du groupe, bien que le chef de la RSF, Mohammad Hamdan, affirme le contraire.

Si l’on en croit les documents divulgués en mai 2016 au quotidien allemand Spiegel, l’UE prévoyait de fournir au Soudan des équipements de surveillance, une assistance pour la construction de deux centres de détention pour migrants et une formation pour ses unités de patrouille frontalière. Dans ces conditions, le partenariat UE / Soudan risque de renforcer les RSF et les autres services de sécurité, qui ont tous pour tâche de sévir contre les réfugiés ou les ressortissants soudanais.

Membres des Forces de soutien rapide, une force paramilitaire soutenu par le gouvernement soudanais pour combattre les rebelles et garder la frontière entre le Soudan et la Libye.

Droits de l’homme – une réflexion après coup

Les grenades propulsées par mortier, les missiles anti-aériens et les mitrailleuses font partie de l’arsenal des RSF. Ce sont les mêmes armes que le groupe a utilisé pour écraser les rébellions dans le Sud Kordofon, au Darfour et dans les monts Nouba. Maintenant, les RSF les utilisent pour traquer les trafiquants, les contrebandiers et les migrants. En septembre 2017, l’unité s’est vantée d’avoir tué 28 passeurs, mais personne ne sait combien de civils sont morts dans les affrontements alors que les RSF refusent de révéler le nombre de migrants qu’ils tuent.

Bien que le manque de transparence soulève des inquiétudes parmi les groupes de défense des droits, il n’a pas dissuadé Mohammad Hamdan d’essayer de faire chanter l’UE. Selon les médias soudanais, ce dernier a menacé d’arrêter de patrouiller les frontières du Soudan à moins que l’UE ne paye une rançon pour récupérer les trafiquants détenus par les RSF. Cette affirmation n’a pas été étayée, bien qu’il soit clair que RSF fait pression pour plus de soutien de l’UE. L’Europe aurait pu prévoir ce piège si elle ne poursuivait pas aveuglément une répression de la migration. La seule volonté de l’union est d’atteindre ce but sans ternir sa réputation en coopérant avec les RSF. Mais en traitant avec un état de milice, l’UE est maintenant à la merci des seigneurs de la guerre qui dirigent le pays.

Les réfugiés, bien sûr, sont ceux qui souffrent le plus de cet arrangement. En février 2017, la police judiciaire de Khartoum a saisi, fouetté et expulsé 65 demandeurs d’asile, dont la plupart fuyaient la conscription militaire et la répression en Érythrée. Expulser des personnes vers un pays où elles sont menacées de persécution constitue une violation de la règle de non-refoulement, qui est la pierre angulaire du droit international relatif à la protection des réfugiés.

L’UE, pour sa part, est impliquée dans la violation de ce code en soutenant les forces de sécurité qui expulsent les demandeurs d’asile. Les responsables européens ont néanmoins affirmer que l’essentiel de son soutien financier est acheminé vers des ONG partenaires sur le terrain au Soudan. Peut être ont-ils oublié de mentionné que certaines de ces ONG pourraient être en collusion avec des unités répressives de sécurité d’état. L’agence des Nations Unies pour les réfugiés, l’un des principaux partenaires de l’UE, a même fourni des motos dans la ville de Kassala au Service national de renseignement et de sécurité (NISS), une agence d’espionnage soudanaise qui chasse, torture et tue les défenseurs des droits humains dans son pays, et en exil. La même agence commet régulièrement des crimes tels que des exécutions extrajudiciaires, la torture et le viol. Il impose également des restrictions à la liberté de réunion et à la liberté d’expression dans tout le pays. La plupart des réfugiés soudanais à qui j’ai parlé disent qu’ils craignent le NISS plus que toute autre agence de sécurité au Soudan.

Des migrants de Somalie et d’Éthiopie sont détenus dans Omdourman, à la périphérie ouest de la capitale Khartoum, après que les forces soudanaises les aient arrêtées lors d’un passage illégal à la frontière entre la Libye et le Soudan.

Aider la corruption

Le NISS est également impliqué dans le trafic de réfugiés et la contrebande. Les Erythréens, les Somaliens et les Ethiopiens sont entassés dans des entrepôts dans une petite ville en dehors de Kassala, où ils attendent d’être introduits clandestinement à Khartoum par des agents du NISS. Un ancien policier et contrebandier a déclaré à Refugees Deeply que personne ne pouvait envoyer des personnes à l’intérieur et à l’extérieur du Soudan sans la permission des autorités. Avec le pays enraciné dans la corruption, le partenariat de l’UE avec le Soudan semble faire peu pour arrêter la traite des êtres humains ou la contrebande. Au lieu de cela, les organismes d’application de la loi semblent tirer profit de la coopération avec l’UE et des ONG que l’UE soutient.

Pour sauver la face, l’Europe ferait mieux d’annuler tous les accords avec des pays dirigés par des criminels de guerre, à commencer par le Soudan. Le président, Omar Al-Bashir, est toujours recherché par la Cour pénale internationale pour avoir autorisé des crimes contre l’humanité il y a plus de 10 ans au Darfour. Les services de sécurité sous son commandement sont connus pour avoir réprimé des rébellions, tué des civils et profité du chaos.

La collaboration avec ces branches de la sécurité, à quelque titre que ce soit, ne remédiera pas aux causes de la migration ; cela va les exacerber. L’UE devrait plutôt envisager de jouer un rôle plus actif dans la résolution des conflits prolongés, tout en encourageant des alternatives économiques durables pour les communautés qui comptent sur la contrebande pour joindre les deux bouts. Ces stratégies ne permettront pas d’atténuer la crise migratoire du jour au lendemain, en particulier si des couloirs légaux ne sont pas établis pour permettre aux personnes de migrer en toute sécurité. Les gens du Sud continueront à venir en Europe, que les politiciens le veuillent ou non. La politique mondiale doit être repensée pour le mouvement sans entrave de tous.

 A lire également un article en français sur les dérives de l’aide européenne au Soudan.

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Rapport de l’AIDA sur l’Italie (mise à jour 2017)

Nous proposons une traduction des grandes lignes issues du rapport 2017 sur l’Italie, principal pays de renvoi Dublin depuis la France, mis à jour par l’ASGI (Association pour les études juridiques sur l’immigration).

Le rapport mis à jour de l’AIDA (Asylum Information Database) sur l’Italie documente l’évolution de la procédure d’asile, les conditions d’accueil, la détention des demandeurs d’asile et le contenu de la protection internationale tout au long de 2017.

L’année 2017 a été caractérisée par la répression policière, politique et judiciaire des organisations non gouvernementales (ONG) qui sauvent des vies en mer et par la mise en œuvre d’accords de coopération avec des pays africains comme la Libye, tandis que des barrières à l’accès au territoire été observées aux frontières septentrionales du pays, dans le contexte de l’augmentation des arrivées en provenance d’Autriche.

Manifestation à Gorizia – décembre 2017

Procédure d’asile

De graves obstacles continuent d’être signalés en ce qui concerne l’accès à la procédure d’asile en Italie. Plusieurs quartiers généraux de police (Questure) dans des villes comme Naples, Rome, Bari et Foggia ont fixé des jours précis pour demander l’asile et limiter le nombre de personnes autorisées à demander l’asile un jour donné, tandis que d’autres ont imposé des barrières à certaines nationalités. À Rome et à Bari, les ressortissants de certains pays sans passeport en cours de validité ont été empêchés de demander l’asile. Dans d’autres cas, les Questure situés dans des zones telles que Milan, Rome, Naples, Pordenone ou Vintimille ont refusé l’accès à l’asile aux personnes sans domicile enregistré, contrairement à ce que prévoit la loi. Des obstacles ont également été signalés en ce qui concerne le dépôt des demandes, plusieurs entreprises telles que Milan ou Potenza ayant illégalement refusé de compléter le dépôt des demandes de candidats qu’elles jugeaient ne pas avoir besoin de protection.

Depuis décembre 2017, l’Italie a mis en place une procédure Dublin spécifique aux Questure dans la région du Frioul-Vénétie-Julienne à la frontière avec l’Autriche et la Slovénie, avec le soutien de l’EASO. Selon cette procédure, dès qu’un « hit » Eurodac (1) est enregistré, le Questure déplace le rendez-vous d’hébergement à une date ultérieure et notifie une décision de transfert de Dublin aux personnes concernées avant cette date. Les candidats sont donc soumis à un transfert Dublin avant d’avoir déposé leur demande, reçu des informations sur la procédure ou eu un entretien.
Une nouvelle loi sur la protection de l’enfance adoptée en 2017 a fixé des règles sur l’évaluation de l’âge des enfants non accompagnés. Actuellement, cependant, la nouvelle loi n’est pas correctement appliquée. L’évaluation de l’âge est effectuée uniquement par radiographie du poignet, la marge d’erreur n’est pas écrite sur le rapport et la décision est notifiée plusieurs mois plus tard, voire même pas adopté. De plus, le demandeur est souvent traité comme un adulte en attendant l’évaluation de l’âge, ce qui est contraire au principe du bénéfice du doute.

Conditions d’accueil

Malgré l’augmentation continue de la capacité du système de protection des demandeurs d’asile et réfugiés (SPRAR), qui compte actuellement plus de 35 000 places financées, la grande majorité des demandeurs d’asile sont hébergés dans des centres d’accueil temporaire (CAS). Le CAS a accueilli près de 80% de la population fin 2017. A Milan, par exemple, le ratio SPRAR / CAS est de 1:10.
Le dénuement reste également un risque pour les demandeurs d’asile. Au moins 10 000 personnes sont exclues du système d’accueil, parmi lesquelles les demandeurs d’asile et les bénéficiaires de la protection internationale. Les établissements informels avec un accès limité ou inexistant aux services essentiels sont répartis sur l’ensemble du territoire national. Médecins Sans Frontières (MSF) a également signalé une augmentation des rapatriés de Dublin parmi les migrants sans-abri qu’ils ont aidés à Rome en 2017.

Tout au long de l’année 2017, à la fois en raison des problèmes liés à l’évaluation de l’âge et de l’indisponibilité des places dans des centres d’accueil dédiés, des cas d’enfants non accompagnés ont été accueillis dans des centres d’accueil pour adultes. Plusieurs recours ont été introduits devant la Cour européenne des droits de l’homme contre des conditions d’hébergement inappropriées pour les enfants non accompagnés.

Détention de demandeurs d’asile

Cinq centres de rétention avant expulsion (CPR) sont actuellement opérationnels, tandis qu’un nouveau hotspot a été ouvert à Messine. Cependant, des différences de traitement continuent d’être signalées par différentes autorités visitant les centres de détention, à savoir les hotspots de Lampedusa et de Tarente et les CPR de Caltanissetta et de Ponte Galeria. Les hotspots de Lampedusa et Taranto ont été temporairement fermés en mars 2018.

Contenu de la protection internationale

Dans le cadre de la mise en œuvre du décret de qualification, le ministère de la Santé a publié le 22 mars 2017 les lignes directrices pour la planification de l’assistance et de la réhabilitation ainsi que pour le traitement des troubles psychologiques des réfugiés et des bénéficiaires de la protection internationale victimes de formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle. À l’heure actuelle, les lignes directrices semblent être appliquées à Rome et à Parme, tandis qu’un protocole d’exploitation est sur le point d’être signé à Trieste et à Brescia.

Lire le rapport complet (en anglais) ici.

(1) : Réponse d’Eurodac par « oui » ou par « non » (« hit » ou « no-hit ») à la requête d’un service national de police sur la présence ou non de données sur la personne recherchée dans un autre État membre.

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Grenoble, France : Perturbation d’un colloque de Frontex à l’université

Jeudi 22 avril, environ 150 personnes se sont rassemblées face au bâtiment IMAG de l’Université de Grenoble, dans lequel se tenait un colloque universitaire d’acteurs de la militarisation des frontières (Frontex, Euromed police, Europol, etc) qui s’intitulait « De Frontex à Frontex, vers l’émergence d’un nouveau corps européen de gardes côtes ». Etaient notamment présents le président d’Euromed police et le directeur des affaires juridiques de Frontex [1]. Slogans, table de presse et diffusion de tracts étaient au programme de cet après-midi.

Les organisateurs du colloque ont fait le choix de le maintenir sous haute surveillance policière, les entrées étant filtrées par des membres de la BAC.

Vers 16 heures, le groupe de plus d’une trentaine de personnes s’est dirigé vers la salle de conférence afin de perturber l’intervention du chef d’Euromed police, et d’interpeller les membres du colloque. Des participant.e.s ont alors ouvert les portes aux manifestant.e.s qui sont entré.e.s en scandant des slogans pendant une dizaine de minutes et laissant le temps de faire un tag dans la salle disant « FRONTEX tue ».

La police, en tenue anti-émeute est intervenue, frappant sans sommation les manifestant.e.s afin de les faire sortir. Bloquée contre un mur, des dizaines de personnes ont du faire face aux policiers sans pouvoir éviter les coups. De nombreuses personnes ont été blessées et certaines d’entres elles ont dû être hospitalisées. Il semble qu’il n’y ait pas eu d’arrestation.

Article repris de du site Sans attendre demain.

[1] La présence au colloque d’Hervé Yves Caniard, le directeur de l’Unité des affaires juridiques de Frontex, ainsi que « la venue de Michel Quillé », ancien commissaire de police aujourd’hui aux manettes du projet Euromed Police IV [https://www.euneighbours.eu/fr/south/eu-in-action/projects/euromed-police-iv]. Entendez par là un programme lancé en 2016 afin de renforcer la coopération « sur les questions de sécurité » entre les pays du sud de la Méditerranée et les États membres de l’Union européenne.

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