RESF 48 – Manif samedi 13 à Mende – Non aux 17 expulsions programmées

La mobilisation en Lozère pour lutter contre les expulsions se poursuit. Ci-dessous l’appel reçu par RESF 48. Solidarité !!

Nous vous appelons à venir manifester en masse à Mende ce samedi 13 février à 14h parking du Chapître près d’Hyper U.

Le 23 janvier, 400 personnes sont venues sous la pluie à Florac soutenir la famille Kalldani et Ali menacés d’expulsion.

Depuis, Les OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) ne cessent de tomber. A ce jour, pas moins de 17 personnes en Lozère sont sous le coup de cette sinistre procédure. Nous craignons que les vacances de février soient le moment choisi par la préfecture pour
expulser ces gens ou les envoyer en centre de rétention.

Nous devons montrer que c’est dans la Lozère entière que la solidarité et la Fraternité sont de mise.

Que ceux d’entre vous qui connaissent des élus les interpellent pour qu’ils soient présents avec nous samedi.

Même si vous ne pouvez être présents, merci d’avance de diffuser au maximum cette information à travers vos réseaux.

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Commémor’Action: Solidarité avec les familles des 91 personnes disparues en mer !

Il y a un an, 91 personnes disparaissaient en Méditerranée. Leurs proches, n’ayant obtenu aucune explication sur le fait que les autorités ne soient pas intervenues lors de ce naufrage, refusent d’être réduites au silence et se mobilisent pour exiger des réponses. Aujourd’hui, les familles et les ami.es des 91 personnes disparues se rassemblent à Al Fasher, au Darfour, pour commémorer leurs proches et protester contre l’invisibilisation de leur disparition.

Plus d’infos : https://alarmphone.org/fr/2021/02/09/commemoraction-91-personnes/?post_type_release_type=post

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[Nîmes] Soutien lors du procès des familles qui squattent logements abandonnés rue pierre Semard et le DAL.

L’appel du DAL en soutien aux familles poursuivies par la justice à Nîmes. Des logements pour toutes et tous ! Non aux expulsions !!

Rassemblement lundi 8 février 2021 à 14 heures. Palais de justice à Nîmes.

Venez soutenir les familles qui sont poursuivis par la justice ainsi que le DAL, c’est le moment d’affirmer notre solidarité par une présence massive, une présence physique, vous pouvez venir avec votre voisin de palier, des membres de votre famille, vos amis es , vos enfants, il est inadmissible que l’on veuille mettre des enfants à la rue, il est inadmissible que l’on veuille empêcher la scolarisation de ces enfants, il est inadmissible que l’on veuille expulser ces familles. Le pouvoir a nous semble t-il, bien d’autres prioritées à régler que venir faire la chasse à des enfants dans la période actuelle, serait-il dans un déni de ce qu’est aujourd’hui pour des milliers de personnes la situation actuelle, plus de précarité, plus de difficulté pour se loger, plus de difficulté pour trouver du travail, plus de difficulté pour se soigner.

Venez nombreux nombreuses.

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RESF48 – Pétitions pour demander la régularisation des Floracois menacés d’expulsion

On relaie l’appel de RESF 48.

La population et les élus les soutiennent, merci de les soutenir en signant la pétition et en la diffusant.

Pétition · Nous demandons la régularisation de Drilon, Eriola et leur petite Heidi ! · Change.org
[1]https://www.change.org/p/mme-la-pr%C3%A9f%C3%A8te-de-loz%C3%A8re-nous-demandons-la-r%C3%A9gularisation-de-drilon-eriola-et-leur-petite-heidi?source_location=petitions_browse

Pétition · Non à l’expulsion d’Alkaba · Change.org
[1]https://www.change.org/p/mme-la-pr%C3%A9f%C3%A8te-de-loz%C3%A8re-non-%C3%A0-l-expulsion-d-alkaba?source_location=petitions_browse

Manifestation de soutien du 23 janvier à Florac

À Florac, des centaines de personnes contre les expulsions – midilibre.fr [2]
https://www.midilibre.fr/2021/01/24/a-florac-des-centaines-de-personnes-contre-les-expulsions-9330038.php

Florac : 400 personnes rassemblées pour soutenir une famille d’Albanais et un jeune Malien menacés d’expulsion
https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/lozere/florac/florac-400-personnes-rassemblees-pour-soutenir-une-famille-d-albanais-et-un-jeune-malien-menaces-d-expulsion-1921972.html

Links:
——
[1] http://Change.org
[2] http://midilibre.fr/

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[Nîmes – Mardi 2 février ] Manifestation jeunes migrants et leurs soutiens.

On relaie l’appel à manifestation des jeunes migrants de Nîmes soumis à la précarité et privés de leurs droits sociaux car soumis au bon vouloir de la préfecture pour le renouvellement de leur autorisation provisoire de séjour. Des droits et des conditions de vie décente pour tous et toutes !

MANIFESTATION MARDI 2 FÉVRIER 2021 A 14H30
DEVANT LE PALAIS DE JUSTICE CÔTÉ ESPLANADE .
– ENSUITE JUSQU’ À LA PRÉFECTURE –

Nous vous invitons à ce rassemblement , puis à notre démarche qui consistera à être reçu en Préfecture pour être entendu par Mr le Préfet sur les problèmes qui nous concernent afin de trouver des solutions , plutôt que des expulsions.

VENEZ NOMBREUX-NOMBREUSES NOUS SOUTENIR.

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Florac – Samedi 23 à 14h – Rassemblement contre l’expulsion imminente de la famille Kalldani

On relaie cet appel nous venant de Lozère. Stop aux expulsions ! Des
papiers pour tous et toutes !

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Familles et Dal de Nîmes traduits en justice : soutien et présence vivement souhaités !

La justice fera comparaître les familles occupant les logements de la rue P. Semard ainsi que le Dal de Nîmes, le 18 janvier à 14h au tribunal de Nîmes. Le collectif Réfugié Welcome 30 invite les personnes, associations, réseaux à venir soutenir les familles et le Dal ce jour là, et à répercuter cet appel parmi nos contacts, réseaux et sur vos blogs, sites, pages fb, etc…

Un toit et des papiers pour tous et toutes !!


Une pétition à signer est également en ligne ici :

http://chng.it/pLhSCDhR

PROCÈS CONTRE LES FAMILLES OCCUPANTES DES LOGEMENTS ET LE DAL DE NÎMES

Plusieurs familles occupent depuis septembre 2019, à Nîmes  des logements  abandonnés  appartenant  à la Sté ICF HABITAT. Ces familles – dont la plupart ont des enfants- ont trouvé là un moyen de fuir les dangers de la survie dans la rue ou dans des foyers. Cette situation de relogement a permis à chaque famille de scolariser ses enfants, parfois de trouver du travail, mais aussi de déposer des demandes récurrentes pour accéder à des logements sociaux ou pour obtenir des papiers. Ces familles n’aspirent qu’à vivre, étudier et travailler ici.

Le lundi 18 janvier 2021 à 14h, au tribunal de Nîmes (Gard) elles sont convoquées devant la justice pour (notamment) occupation illégale. Le comité local du DAL (Droit au logement) est également appelé à comparaître. Nous appelons à être présent.e.s ce jour-là devant le palais de justice.

Les signataires ci-dessous, personnes ou groupements, nous déclarons solidaires avec les personnes poursuivies. Nous avons, selon les cas, participé à l’installation de ces familles, à leur accompagnement social ou scolaire ou plus simplement à leur soutien. Les principes de justice sociale et de solidarité sont nos seules motivations. Les familles et nous-mêmes demandons que les moyens leur permettant d’obtenir une autonomie sociale et économique leur soient accordés : un logement social, un droit au séjour.

C’est pourquoi, toutes et tous, nous demandons:
– un logement digne pour chaque famille;
– des papiers pour continuer à étudier, travailler, être autonomes et vivre;
– à être traduits solidairement avec les personnes poursuivies;
– la relaxe, et le cas échéant, à être condamnés solidairement avec les familles et le DAL de Nimes.

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Berlin, les meilleures illuminations de Noël

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Appel à don en soutien au réfugiés

Un appel à don est lancé à l’initiative du Collectif solidarité réfugiés et de Cévennes sans frontières afin de soutenir les familles de réfugiés de St. Jean du Gard et des jeunes réfugiés, en famille ou célibataires, installés dans la région qui en raison des mesures sanitaires et du confinement ont de gros problèmes financiers : pas de petits boulots, pas de possibilité d’organiser des événements de soutien, etc…

En précisant l’objet – soutien CSR (Collectif Solidarité Réfugiés) – vous pouvez adresser un don par chèque à l’ordre de l’APA à l’adresse suivante : APA, 36 rue de la Baraque – 30460 – Lasalle et un virement bancaire :

APA, La Banque postale

FR 57 20041 01009 0410929H030 18

Nous rappelons également que les besoins en hébergement sont toujours importants, et que toute proposition, même provisoire, est la bienvenue.

Merci de votre soutien !


Solidarité sans frontières !

Depuis 2015, de nombreuses initiatives d’aide aux exilés ont été mises en place à Saint Jean du Gard. Le collectif Solidarité réfugiés, composé de différents acteurs tels les Restos du Cœur, l’association Abraham Mazel, Cévennes Sans Frontières, l’Oustal, l’ERF et des individus, poursuit son engagement auprès de familles réfugiées. Deux d’entre elles, originaires du Caucase, accueillies au village depuis plusieurs années, ont enfin été régularisées et peuvent maintenant se projeter plus sereinement dans l’avenir. Une autre famille, originaire d’Afghanistan, nous a rejoint cet été. Elle a d’abord été accompagnée par un collectif de Lasalle et a obtenu récemment une protection de réfugié. Reste pour toutes trois la question de l’intégration sur le plan économique, et donc de trouver des emplois stables leur permettant de vivre en toute autonomie.

Le collectif Cévennes Sans Frontières (CSF) quant à lui, s’occupe depuis des années maintenant de jeunes réfugiés, accueillis au village ou dans les environs. Si pour certains une régularisation ou une scolarisation ont pu être atteints, d’autres demeurent encore livrés à de longs mois d’attente avant que leur situation administrative se stabilise. Des possibilités d’accueil chez l’habitant sont également trouvées, celles-ci reposent sur des volontés individuelles courageuses de soutien aux réfugiés. Le collectif participe également à des initiatives solidaires telles les Cantines sans frontières à Alès, moment de rencontre qui permet à de nombreuses personnes sans revenus d’obtenir une aide financière ponctuelle. Il reste en lien avec les différents collectifs de solidarité cévenols réunis au sein de l’inter-collectif Cévennes-Méditerranée qui se rencontre mensuellement afin d’organiser une action au niveau régional.

Ces initiatives, menées depuis des années maintenant, montrent que l’organisation collective est indispensable pour permettre de s’en sortir à moindre mal dans un système social de plus en plus excluant et précarisant. Cependant, les périodes de confinement bloquent les activités de soutien mises en place et compliquent considérablement la vie des personnes sans-papiers. Les actions de solidarité telles les cantines, soirées de discussions, moments de rencontres, et mobilisations sont limitées, et il est en effet bien plus compliqué pour les personnes de se déplacer pour trouver un petit travail, ou de poursuivre une scolarisation et des cours de français. D’autant que les contrôles policiers répétés poussent à l’isolement, et rendent l’intégration sociale délicate.

Le contexte politique général, quant à lui, demeure inquiétant. La vague de pandémie mondiale a bouleversé l’économie de nombreux pays et se répercute sur les conditions de vie de populations déjà fragiles, qu’il s’agisse de migrants déjà sur la route, mais également de nouvelles personnes contraintes à l’exil. Les contrôles accrus modifient les voies de transit et redoublent les risques, tels que nous le rappellent cruellement les récents naufrages faisant plusieurs centaines de morts au large du Sénégal et de la Libye. Pour autant, la prévention sanitaire, qui est pourtant une problématique majeure, ne s’applique qu’avec parcimonie pour les exilés. Les conditions d’obtention de l’aide médicale d’État, destinée à fournir des soins aux personnes étrangères précarisées, viennent d’être durcies là où le contexte de crise sanitaire exigerait une meilleure prise en charge des populations vulnérables. Le campement comptant près de 3000 personnes à Saint-Denis vient d’être évacué sans pour autant que des solutions de relogement pérennes ne soient garanties. La situation dans les centres de rétention administratifs, vidés lors du premier confinement, relève de manière flagrante de la mise en danger de la vie des retenus à tel point que les mouvements de protestation et grèves de la faim se répètent inlassablement à l’intérieur des murs et que la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté vient d’en demander la fermeture.

D’autre part, le climat sécuritaire actuel renforce l’inquiétant amalgame entre terrorisme et immigration, et les intempestives déclarations médiatiques et les projets de loi du gouvernement font craindre une poussée forte du racisme et de la xénophobie, ainsi qu’une stigmatisation des populations étrangères. Les récents attentats sur le territoire français ont directement déclenché des contrôles systématiques aux frontières (Perpignan, Menton, Briançon…), et le doublement des forces policières annoncé par le Président de la République pour surveiller chaque entrée sur le territoire ne s’est pas fait attendre. On le voit bien, rien n’est acquis dans les luttes pour l’égalité des droits et la liberté de circulation, mais rien ne saura non plus faire reculer nos solidarités !

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Péripéties d’une jeune réfugiée – Entretien

Ci-dessous un entretien avec une jeune réfugiée vivant dans les Cévennes.

Samit est originaire d’Ingouchie (Russie) et va avoir 18 ans sous peu. Elle vit avec sa mère et son frère depuis novembre 2017 à St Jean du Gard. Grâce à la générosité d’une famille St Jeannaise, la famille est hébergée dans un logement indépendant. Sans papiers en s’installant ici, ils ont obtenu leurs titres de séjour en 2020, dix ans après leur arrivée en France. Nous avons voulu discuter avec Samit de cette période cruciale de sa vie.

– Tu avais quel âge quand vous êtes arrivés à Nice et quels sont tes souvenirs de ces débuts en France ? C’est à quel moment que tu as commencé à prendre conscience de votre situation de demandeurs d’asile et des tracas qu’elle entraîne ?

Quand on est arrivés, j’avais sept ans et demi. On a d’abord habité à l’hôtel pendant six mois environ. Je suis tout de suite allée à l’école et je le vivais bien. J’étais enfant et je ne comprenais pas notre situation. A l’hôtel, il y avait d’autres enfants réfugiés, j’aimais aller à l’école, ma maîtresse était sympa. J’ai été confrontée aux démarches administratives en accompagnant ma mère pour traduire. Je devais avoir 11 ans environ. Mais en fait je ne comprenais toujours pas trop notre situation. Par contre, ce que j’ai vraiment mal vécu c’est notre expulsion du CADA (Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile) en 2014. En fait notre demande d’asile était encore en cours mais il y a eu un changement de directeur et la nouvelle directrice nous a expulsés. Nous étions faibles, sans père, moi qui suis malade. Quand deux fourgons de gendarmes ont débarqué pour nous faire sortir, j’ai eu très peur. Ils ont menacé de me séparer de ma mère pour me mettre dans une famille d’accueil. Il a fallu qu’on quitte les lieux tout de suite. Une amie est venue nous chercher, on a passé la nuit chez elle. Plus tard on a pu aller chercher nos affaires mais on ne pouvait pas toutes les prendre puisqu’on n’avait plus de logement.

– Et qu’avez vous fait après cette expulsion ?

En fait, depuis 2014 on vit chez des gens. On passait d’une famille à l’autre, trois mois ici, trois mois là, nous étions à trois parfois dans une minuscule pièce. Et on n’avait pas de revenus. Parfois mon frère travaillait mais sinon nous dépendions de l’aide des compatriotes et on allait aux restos du cœur. Nous n’avons jamais été privés de nourriture. C’était dur par moment quand je voyais les autres au collège avec de bonnes chaussures, j’étais envieuse mais je ne disais rien à ma mère, je ne voulais pas la peiner. C’est à ce moment que mon frère a abandonné l’école. Moi, j’ai réussi à poursuivre. Auparavant j’aimais l’école mais avec le temps et tous ces déménagements. j’en avais moins envie. Ce n’est que depuis que je vis à St jean que j’y ai repris vraiment goût.

Début 2017, nous avons déménagé, ma mère et moi, à Toulouse, chez une amie, pensant que nous pourrions obtenir un titre de séjour. Mon frère est resté à Nice. Sans logement lui aussi, il a été hébergé ici et là jusqu’à ce qu’il arrive par hasard à St. Jean où le Collectif l’a aidé. La famille qui a mis à sa disposition un logement a accepté que nous le rejoignions. Nous ne l’avions pas vu depuis 10 mois.

– Quand vous avez reçu le refus de votre demande d’asile, qu’est ce cela a signifié pour toi ?

Je n’ai véritablement pris conscience de la situation qu’à Toulouse. Auparavant, ça ne me touchait pas vraiment. Le CADA, cela avait été un moment traumatisant mais j’étais encore dans mon environnement scolaire et j’avais des amies. A Toulouse, j’étais très mal, le climat ne me convenait pas, j’étais tout le temps malade et je n’avais pas d’amies. En plus est arrivé le refus de notre demande de titre de séjour. Ma mère était effondrée et c’est là que j’ai compris toute la dimension de notre situation.

– Comment décrirais-tu ta vie depuis que tu es à Saint jean du Gard ?

Je me sens bien, c’est calme, les gens sont plus simples. Je suis plus épanouie, j’ai moins de problèmes de santé, aussi parce que je suis moins stressée. Il y a une stabilité qu’on n’avait pas avant. Quand on vivait chez des gens, je demandais l’autorisation pour tout, pour aller me doucher par exemple. Quand on est arrivés ici, j’ai demandé à ma mère « est ce que je peux aller me doucher » et elle me répond « mais pourquoi tu me demandes ça ? » et je me suis rendue compte que vraiment quelque chose avait changé, que j’étais plus libre de mes mouvements. Et puis j’avais une chambre à moi, ce que je n’avais jamais eu auparavant. C’est un bon entourage, les amies, le collectif, le village. Je suis très reconnaissante au collectif et surtout à Marie-Claire qui nous héberge.

J’ai trouvé de vraies amies ici, depuis la 3e. Je n’avais qu’une seule vraie amie à Nice. Là-bas j’étais dans un groupe d’amies toxiques qui me harcelaient, qui me disaient sans cesse que j’étais moche parce que je ne portais pas de nouveaux habits par ex., que je n’étais pas belle. J’ai fini par me dégoûter moi-même. Une fois j’étais avec l’une d’entre elle dans la rue et elle me dit : « mais regarde toi comme tu es moche ! ». Une femme d’un certain âge était derrière nous, je crois une algérienne, elle me prend le bras et me dit : « Tu es très belle ! » et elle a continué son chemin. J’étais si heureuse d’entendre ces mots !

– Tu as été confrontée au racisme à l’école ou ailleurs ?

A Nice, j’avais des profs racistes, mais dans le quartier dans lequel je vivais, les réfugiés étaient si nombreux qu’ils n’osaient pas ouvrir la bouche. Je me souviens d’une anecdote : quand j’étais en CM2 , je ne connaissais encore rien de la laïcité, de l’interdiction du port du voile à l’école, etc., je me suis amusée à aller en classe avec le foulard. Le prof m’a regardée et a crié : « c’est quoi cette merde ? » Je l’ai enlevé tout de suite et il m’a fait un cours sur la laïcité. Mais lui portait une croix, des tatouages avec des croix !

Et que penses tu de la situation actuelle, le sujet de la laïcité est revenu au devant de la scène avec les derniers évènements. Est ce que tu sens une certaine tension, une animosité à l’égard des musulmans ?

On a parlé de l’assassinat du professeur, il y a eu la minute de silence mais je ne sens pas de tension particulière. Par contre j’ai eu peur de sortir, j’ai peur d’une vengeance, à Paris deux femmes ont été poignardées peu après. Je ne me sens pas du tout en sécurité.

Et tu as de grands projets pour ton avenir…

Oui, j’aimerais devenir gynécologue. Travailler dans la médecine c’est mon rêve depuis que j’ai quatre ans. Je veux aider les autres comme d’autres m’ont aidée et m’aident toujours en raison de mes problèmes de santé. Je sais que c’est long et difficile mais je vais m’accrocher. Pour le moment je prépare mon permis. J’ai eu mon code en août et je devais commencer mes cours de conduite en novembre mais le confinement m’en a empêchée. Ce n’est que reporté…

Propos recueillis par S. du Collectif solidarité réfugiés

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