Concert solidaire Duo Azarak – Samedi 3 novembre à Saint Jean Du Gard

Le collectif solidaire de Saint Jean Du Gard vous convie chaleureusement à une représentation du Duo Azarak, suivi d’un repas de soutien aux familles réfugiées accueillies au village.

Le Samedi 3 novembre à 17h30
A la Maison Abraham Mazel (Hameau de Falguière) à Saint Jean Du Gard
Entrée et repas prix libre


Le Duo Azarak est né en Inde en 2002, de la rencontre entre Sukanta Bose, chanteuse traditionnelle du Bengale, et Alexandre Jurain, musicien français venu étudier la musique classique hindou et l’Esraj, un instrument à cordes frottées à la sonorité poignante et la tessiture émotionnelle étonnante. Leur répertoire se situe à la croisée des musiques indienne, celtique, traditionnelle et contemporaine.

Azarak est le nom du fleuve imaginaire aux abords duquel le duo nous invite au voyage. Un pays que l’on découvrira à travers les chants, en langue azarakienne, des peuples qui habitent ses rives et qui s’épanouissent dans la vibrante liberté de la nature, auprès des rivières et du feu, sous les arbres et le vent…

 

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Expulsion de la Maison Cézanne : Rassemblement devant la préfecture de Gap

Ce matin, mercredi 17 octobre à 7h, la Maison Cézanne, à Gap, lieu de vie d’une vingtaine d’exilé-es, a été expulsée sur ordre de Mme la Préfète des Hautes-Alpes, sous la menace des forces de l’ordre déployées pour l’occasion. Ces personnes ne se sont pas vues proposer de solution de relogement.

APPEL A RASSEMBLEMENT à 14h devant la Préfecture de Gap

Deux personnes ont été placées en garde à vue, la maison a été vidée par les agents municipaux sous protection des Gendarmes Mobiles.La maison Cézanne, 2 rue Ernest Cézanne à Gap, en face de l’entrée des urgences (en périphérie du centre ville, banderoles sur la maison)
Collectif un toit un droit : Pour nous joindre : 07 53 76 06 47 / untoitundroit@riseup.net

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3+4 de Briançon : Appel à mobilisation internationale le 8 novembre à Gap

Tous et toutes à Gap le 8 novembre pour soutenir les 3+4 de Briançon ! Dénonçons les états assassins qui traquent les exilé.es dans les montagnes, expulsent les refuges solidaires à l’arrivée de l’hiver, et poursuivent celles et ceux qui sont présent.es sur les chemins. Le 8 novembre, dressons le procès des frontières, pas des solidaires !!


Le 22 avril nous avons pris la route tout.es ensemble de Clavière (Italie) à Briançon pour exiger l’ouverture des frontières, l’arrêt de la traque des exilé.es, et affirmer que les fascistes n’étaient pas les bienvenu.es dans nos montagnes. Suite à cette manifestation, 7 personnes ont été arrêtées et sont accusées d’aide à l’immigration irrégulière en bande organisée, de la même manière que les trafiquant.es d’être humains !

PROCÈS LE 8 NOVEMBRE 2018
RASSEMBLEMENT AU TRIBUNAL A GAP à 8H30

FACE AU RACISME ET AUX ÉTATS POLICIERS

DÉFENDONS LA SOLIDARITÉ !
OUVRONS LES FRONTIÈRES !

RELAXE POUR LES 3+4 DE BRIANÇON !


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Expulsion du refuge autogéré “Chez Jésus” ce matin

MAJ : Rassemblements et actions de soutien prévus :

A Crest (26 Drôme) à 18h – jeudi 11 oct – place de l’église
A Marseille jeudi soir à 17h sous l’Ombrière du Vieux Port. + d’infos à suivre.- jeudi 11 A Paris jeudi à 19h à Gare du Nord : de Paris à Clavière, contre les frontières !
A lyon jeudi à 18H à lyon au collège Maurice Scève occupé, 8 rue Louis Thévenet à la Croix Rousse.

A Grenoble, mercredi soir à 18h au parc mistral, devant la mairie.

Le refuge autogéré Chez Jesus, dernier lieu de répit avant le passage de la frontière au Montgenèvre a été expulsé ce matin. Plus que jamais, ouvrons les frontières ! Infos à suivre…

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Dommages collatéraux en Méditerranée

Alors que le nombre d’arrivées des exilés sur les côtés européennes est revenu à un niveau semblable à celui d’avant 2014, le nombre de morts en Méditerranée n’a quant à lui jamais été aussi élevé. Selon le HCR, pour le seul mois de juin 2018, une personne sur sept ayant traversé la Méditerranée centrale a trouvé la mort, par rapport à une personne sur 19 au premier semestre 2018 et une sur 38 au premier semestre 2017. Les causes de cette dangerosité grandissante sont directement imputables au renforcement des contrôles obligeant les candidats à l’exil à prendre toujours plus de risques pour atteindre l’Europe.

Comment peut-on alors dans ces conditions ne pas user du terme de « victimes » qui correspond pourtant clairement à cette réalité, plutôt qu’à celui de « morts » qui nie toute responsabilité dans le déroulement de ce drame ? Car il ne s’agit bien évidemment pas de simples « accidents » ni de morts « naturelles », mais de décès engendrés par des politiques criminelles de fermeture des frontières consciemment réfléchies et élaborées. Plusieurs dizaines de milliers de victimes en quelques décennies, les « dommages collatéraux » d’une guerre bien réelle… Et, non satisfait de ces funestes conséquences, c’est de surcroît le silence radio que les gouvernements européens voudraient dorénavant imposer en excluant les derniers témoins humanitaires de ce véritable carnage en mer.

C’est ainsi que le navire Aquarius, comme bien d’autres embarcations portant secours aux naufragés en Méditerranée, se voit retirer son pavillon et est bloqué à quai. Toujours selon le HCR, les ONG jouent pourtant un rôle essentiel dans le sauvetage des personnes en détresse en mer. Elles ont effectué environ 40 % des opérations de sauvetage entre janvier et avril 2018 pour les personnes débarquées en Italie. D’autres solidaires, comme les pécheurs tunisiens de Zarzis accusés d’avoir remorqué des êtres humains, sont victimes de la répression. Ceux-ci ont passé plus de trois semaines en prison, leur bateau demeure toujours saisi par la justice tandis que l’enquête judiciaire à leur encontre se poursuit en Italie. Si celles et ceux qui sauvent des naufragés sont jetés en prison, quelle responsabilité peut-on attribuer aux dirigeants qui jouent impunément avec leur vie ?

Mais dans ce monde à l’envers, la répression des solidarités et le rejet des exilés ne s’arrêtent pas à la Méditerranée. Les 58 rescapés de l’Aquarius ne peuvent nous faire oublier les milliers de personnes bloquées en Grèce, en Bosnie ou dans les Alpes… Ils deviennent alors l’incarnation du malaise qui saisit l’Europe en ce moment. Une fragile humanité en proie à la triste réalité d’un monde où la défense de ses propres intérêts et la stigmatisation de l’étranger condamne la liberté de circulation, où les actes de solidarités et de contestations sont criminalisés, et où la guerre et l’exploitation tuent les uns tandis qu’elles enrichissent les autres.

A l’heure où les politiques livrent à la mer puis jettent dans les rues des milliers de personnes exilées, et où les états se retranchent derrière leurs frontières pour légitimer leurs violences assassines, dénonçons plus que jamais cette guerre qui est menée et replaçons sur le banc des accusés les véritables coupables.


Nous relayons ici quelques mobilisations de soutien à l’Aquarius ce samedi 6 octobre :

– au Vigan à 10h30 (place du quai),

– à Montpellier à 12h (place de la Comédie), en soutien également aux Dublinés et aux squats de la ville menacés d’expulsion,

– à Nîmes à 14h30 (place de la Maison Carrée).

Dress code : vêtements oranges, bouées de sauvetage ou couvertures de survie.

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Solidarité sans frontières – Samedi 13 octobre à Tornac !!

Le Cabaret Barré (artistes – bénévoles – ouvriers)  vous convie à une journée champêtre festive, culturelle et solidaire organisée par l’association “le langage des papillons”

dès 14h : ateliers, témoignages, ballade contée, lecture de textes, performances, jonglerie, danses, jeux d’adresse, amuses-bouches, scène ouverte aux musiciens, apéritif

18h : musique de TOCINO DEL CIELO (duo latino)

19h30 : repas sur réservation

21h : concerts avec FASO DJIGUI (l’espoir du peuple) suivi de THE GOOD ROCKING CAJUN

Vos participations solidaires seront intégralement reversées.

Renseignements et réservation au 06 84 98 17 47 – Adresse : 666 chemin d’Orthoux à TORNAC – Plus d’informations sur la page facebook.

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Cantine sans frontières : repas Tchadien / Camerounais – le 29 septembre à Alès !!

Au menu de la cantine ce mois ci :

REPAS TCHADIEN ET CAMEROUNAIS
Manioc et Plantain frits
Hala Kebab
Salade de fruits

prix libre, en soutien à deux jeunes en galère financière.

A la rétive (42, rue du faubourg d’Auvergne à Alès), à 12h30.

Venez nombreu.ses et relayez !

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Revendiquer nos droits, et les défendre ! Jeudi 27 septembre TGI de Nîmes 14h

Face à ce qu’ils ont désigné comme « crise des réfugiés », les gouvernements européens se sont distingués par une politique de restriction en matière des droits des étrangers et par une répression alliant tour à tour expulsions à la chaîne, enfermements, violences policières et refoulements illégaux à la frontière. Loin des idées reçues véhiculées notamment par les idéologies nationalistes, populistes et d’extrême droite, le respect de l’accueil des populations immigrées n’a rarement été autant bafoué, et les entraves à la liberté de circulation aussi flagrantes.

Ainsi, le droit à demander l’asile dans le pays de son choix reconnu par la convention de Genève se trouve acculé entre la réintroduction des contrôles aux frontières au sein de l’espace Schengen et les refoulements massifs menés conjointement par différentes forces de polices et militaires. En France, plus de 86 000 refoulements ont été recensés officiellement en 2017, principalement dans le département des Alpes Maritimes ! De nombreux mineurs non accompagnés se voient refuser la prise en charge qui leur est due au titre de la protection de l’enfance sans que l’on sache combien sont contraints à se débrouiller par eux mêmes, sans hébergement, ressources, ni scolarisation. Certains sont même emprisonnés quand la préfecture les suspecte de présenter des certificats de naissances non valables ! L’État fait tout son possible afin de se déresponsabiliser de ses prérogatives !

Mais la répression vient également s’abattre sur les personnes solidaires venant en aide aux étrangers et remettant en cause ce système injuste et punitif. Investi depuis plusieurs années dans le soutien aux personnes migrantes, Robert Latapy a participé en avril dernier à la mobilisation pour s’opposer à l’expulsion en Guinée de Moussa, où sa vie est en danger. A l’issue de la manifestation du 29 avril à Nîmes où un tag « PRÉFET DE N » est inscrit sur le mur de la préfecture, il est interpellé et mis en garde à vue. Conduit au tribunal, le juge décide de le poursuivre pour dégradation et outrage à personne dépositaire de l’autorité publique, avec un procès le 27 septembre, assorti d’un contrôle judiciaire jusqu’à cette date lui interdisant de se rendre dans le Gard. L’affaire est montée jusqu’au ministère de l’intérieur!

Son procès, comme tant d’autres, est le reflet de la volonté gouvernementale de faire taire toute opposition contraire à sa politique. Des nombreux solidaires de la Roya inculpés au titre du fameux « délit de solidarité », à ceux du Briançonnais qui passeront en procès le 8 novembre à Gap pour avoir participé à une marche spontanée faisant suite aux provocations d’un groupe identitaire au col de l’Échelle, la criminalisation de la solidarité bat son plein. Cette réalité est également présente partout en Europe. Le 21 août, une réfugiée syrienne et un bénévole grec appartenant à une organisation de sauvetage sur l’île de Lesbos ont été incarcérés et poursuivis pour « trafic humain, espionnage et appartenance à une organisation criminelle ». Quelques jours après, c’était au tour de six pêcheurs tunisiens d’être arrêtés pour « aide à l’immigration clandestine » et écroués à Agrigente en Sicile après avoir remorqué une embarcation avec à son bord 14 réfugiés au large de Lampedusa.

Avec l’application du délit d’aide à l’entrée et au séjour d’étrangers en situation irrégulière, mais également en poursuivant des solidaires pour des faits caractérisés comme des délits et des crimes relevant du droit pénal, les gouvernements souhaiteraient faire passer pour une forme de délinquance ou de criminalité ce qui relève pourtant d’une répression d’ordre politique. C’est aussi l’un des moyens d’isoler et d’individualiser les protagonistes d’un mouvement de revendications et de contestations collectives, de tenter de le faire taire, et de stopper l’élan de solidarité porté en actes par une large part de la population.

Ainsi, la revendication de nos droits, pour les personnes migrantes et les personnes engagées à leurs cotés, est essentielle dans tous les domaines où ils sont menacés. Là où les gouvernements se refusent à tout débat sur cette question politique majeure, et agrémentent de ce fait les tensions tout comme la montée des droites radicales, mettre en place des solidarités concrètes et affirmer la liberté de circulation, d’installation et l’égalité sociale semblent être la seule porte de sortie à cette « crise » des gouvernances migratoires.

RASSEMBLEMENT EN SOUTIEN A ROBERT
TGI DE NÎMES (FACE AUX ARÈNES)
JEUDI 27 SEPTEMBRE A 14H

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[Bardonnechia] Cortège contre les frontières – 21 septembre

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Marseille : Maltraitances départementales

Dans le cadre de la protection de l’enfance, la loi stipule que toute personne se déclarant mineure isolée doit être hébergée et nourrie par le Conseil Départemental (CD) en attendant l’évaluation de sa minorité et de son isolement. Le juge des enfants prononce ensuite une Ordonnance Provisoire de Placement (OPP) qui enjoint le CD de placer le jeune dans un foyer où il sera pris en charge, c’est-à-dire hébergé, nourri, soigné, accompagné dans sa scolarité et sa formation.

A Marseille comme dans la plupart des grandes villes, le Conseil Départemental ne respecte pas ses obligations de protection de l’enfance. Mais le département des Bouches-du-Rhône est un des rares (le seul ?) à ne pas respecter la décision de justice qu’est une OPP. De son propre aveu, il y avait en juin 150 mineurs avec OPP « non pris en charge », et il doit en arriver 50 de plus d’ici la fin de l’année grâce ou à cause de la clef de répartition nationale de ces mineurs. Ce qui ne comptabilise pas ceux et celles en attente d’évaluation, ni ceux et celles non encore répertorié-es par le service chargé de les accueillir. Des dizaines de plus.

L’expression « non pris en charge » est d’une neutralité qui ne rend aucun compte de ce que ces jeunes vivent au quotidien. Ils passent des semaines voire des mois dans la rue avant d’être mis à l’abri dans des hôtels pas toujours recommandables, pas toujours accueillants, curieusement là où les touristes ne vont pas. Tant qu’ils ne sont pas mis à l’abri, alors même qu’ils sont connus et que leur OPP a été enregistrée, ils n’ont pas droit aux tickets repas. Même ceux et celles qui sont à l’hôtel manquent de produits d’hygiène élémentaire, de vêtements de rechange, et d’accès aux soins. Certain-es se plaignent de douleurs depuis des mois, ont des séquelles visibles et avérées de mauvais traitements subis sur la route ou en Lybie, et on leur dit d’attendre, quelques mois de plus, que leur carte CMU soit opérationnelle. Il va sans dire qu’ils et elles n’ont aucun accompagnement éducatif ni psychologique, quand certain-es ont des parcours qui les marqueront à vie. Ils ne voient personne, ils ont peur, ils ont faim, ils se sentent méprisés et abandonnés. Ceux qui sont scolarisés (souvent grâce aux militants et solidaires) n’ont pas de tickets de transport pour se rendre dans leur établissement, certains ont raté leur rentrée alors qu’ils avaient une place parce qu’ils n’en ont pas été prévenus par « leur » éducateur…

Tout ce qui précède n’est que la synthèse de dizaines de témoignages que nous avons recueillis et envoyés au Conseil Départemental, qui ne dément pas.

Ceux et celles qui ne sont toujours pas mis-es à l’abri se retrouvent au commissariat central le soir, en attendant qu’on leur trouve une place, ou pas. S’ils se montrent trop insistants ils se font agresser, gazer, par des policiers. Quand la réponse est négative il ne leur reste plus qu’à errer toute la nuit par peur de se faire agresser, ou à trouver un coin pour s’allonger par terre. En général à la gare St Charles, pourtant connue pour ses dealers, ses pervers-es en quête de chair fraîche, et autres réseaux prêts à profiter de leur détresse.

De temps en temps, dans la presse, il est fait mention de la découverte par les services sociaux (les mêmes…) d’enfants maltraités qui dorment par terre, privés de soins, d’hygiène, de scolarité. Tollé général et indigné, et poursuites devant les tribunaux des parents indignes, condamnés le plus souvent pour maltraitance aggravée. Il est clair qu’en ce qui concerne ces mineur-es non seulement délaissé-es mais objectivement mis-es en danger par les services-même chargés de leur protection, il s’agit bien de maltraitance aggravée.

Parmi ces jeunes, un certain nombre, non négligeable, arrive d’autres départements, selon la fameuse clef de répartition nationale. Or tous les départements commencent à savoir que les jeunes envoyés à Marseille se retrouveront au mieux en hôtel, le plus souvent à la rue, alors qu’ils étaient pris en charge, parfois scolarisés, dans leur département d’origine. Pourquoi alors continuer à les y envoyer ? Soit la cellule de répartition nationale est mal renseignée sur les places vacantes, par le Conseil Départemental donc, soit il y a des places dans les maisons d’enfants à caractère social (MECS), mais qui ne bénéficient pas à ces jeunes-là. Dans les deux cas, ces jeunes sont victimes d’une maltraitance institutionnelle supplémentaire, d’un système qui les balade comme de vulgaires patates chaudes : ils sont brutalement coupés de leurs foyers d’accueil ou de la famille à qui ils avaient été confiés, au mépris des liens affectifs parfois très forts qu’ils avaient noués, leur scolarité interrompue, leur projet professionnel anéanti, on les met dans un train sans avoir la certitude qu’ils seront accueillis à leur arrivée, et de fait ils ne le sont pas.

Ce qui conduit les éducateurs les plus engagés dans leur métier à faire ce qu’ils peuvent pour essayer d’éviter la rue à ceux qu’ils ont protégés pendant des semaines et des mois: Nous voyons arriver des jeunes de Mâcon, de Rodez, de Gap, de Grenoble, de Carcassonne et d’ailleurs, qui présentent une fiche de transfert avec la mention : « en cas de problème s ‘adresser au Mamba » (collectif Soutien Migrant-es 13), adresse et téléphone suivent. Quand ce n’est pas le nom et le téléphone personnel d’une militante du RESF, dûment imprimé sur les papiers officiels ! Soyons clairs, ce ne sont pas ces travailleurs sociaux ni ces services qui dysfonctionnent : aucun éducateur n’a choisi ce métier pour envoyer un-e jeune dormir dans les rues. Ils essaient seulement de compenser les carences notoires du CD 13 .

Ce ne sont d’ailleurs pas les seules circonstances où les institutions font appel aux solidaires : Le téléphone du RESF 13 est appelé régulièrement par des travailleurs sociaux, les services du rectorat appellent les militant-es pour trouver les jeunes qui doivent passer les tests de niveau scolaire, d’autres départements pour savoir où sont les jeunes qu’ils ont envoyés, dans la mesure où le CD 13 ne répond pas ou ne sait pas… Les mêmes solidaires hébergent et nourrissent, collectent les vêtements, accompagnent ceux et celles qui ont besoin de soins, organisent des cours, inscrivent dans les clubs de sport, prennent les RV au CIO, tiennent une permanence pluri-associative une fois par semaine, proposent un groupe d’écoute et de soutien animé par trois psychologues tous les lundis…

Et certains s’étonnent que les jeunes aient confiance en nous.

Ce qui crée sans aucun doute le plus de souffrance, c’est le manque de considération dont ils sont l’objet de la part de l’institution chargée de les protéger. Non seulement comme partout ailleurs ils sont soupçonnés de tricher sur leur âge, leur identité ou leur parcours, mais ils sont traités comme des délinquants alors qu’ils sont avant tout en danger : Quand un jeune, dans une crise de désespoir, casse une table ou balance une chaise, on appelle la police, ils partent en garde à vue et sont poursuivis pour dégradation de matériel. Quelle bienveillance de la part de « techniciens de la protection de l’enfance », envers des jeunes qui ont besoin de soutien, d’accompagnement, et peut-être de soins ! Un autre s’est défenestré récemment depuis sa chambre d’hôtel (il va mieux, ses jours ne sont plus en danger) : son compagnon de chambre et un autre qui avait essayé de l’aider ont été emmenés 24h en garde à vue. Aucun accompagnement psychologique n’a été proposé, ni pour eux, ni pour la vingtaine hébergés dans le même hôtel et qui ont assisté à la scène. C’est encore une fois les psychologues bénévoles qui ont organisé en urgence un groupe de paroles. Et quand ils se sont spontanément rassemblés devant le Conseil Départemental plusieurs jours après pour demander des nouvelles de leur copain (ils ne savaient même pas s’il était encore en vie), personne n’a daigné venir leur parler, mais la police a été appelée pour les disperser à coups de matraques et d’insultes…

La liste est encore longue des exemples de la façon dont ces mineurs sont traités. Et le manque de moyens ne justifie en aucun cas le regard porté sur eux.

Le manque de moyens ne justifie d’ailleurs rien du tout. Il n’y a pas de manque de moyens, il y a un manque de volonté politique de les accueillir, et même une volonté délibérée de ne pas les accueillir.

Mme Vassal, Présidente du CD13 et candidate adoubée à la succession de M. Gaudin, ne lésine pas sur les subventions accordées à la Mairie de Marseille, 50 millions d’euros en plus des 100 millions déjà accordés. Mais n’a pas les moyens de prendre en charge 300 mineurs.

L’appel de Mme Vassal (et avec elle les Président-es des autres départements) au gouvernement pour prendre en charge ces jeunes, au prétexte que c’est à l’Etat de gérer la politique migratoire, relève de la plus pure hypocrisie : Un gouvernement qui vient de faire adopter cette nouvelle loi sur l’asile et l’immigration, pendant que certains barbotent en Méditerranée et que d’autres s’y noient, n’a pas plus de considération pour les mineurs migrants que pour leurs aînés. Tous sont refoulés en toute illégalité à la frontière italienne, à l’aide de moyens humains et matériels dignes d’une guerre (là on n’a pas de problème pour financer), au mépris des lois et de leurs vies. Les solidaires qui leur viennent en aide sont poursuivis, les petits fachos qui s’arrogent le droit de faire leur cinéma à la frontière ne le sont pas. Mme Vassal et M. Macron sont en parfait accord, lui qui du haut de sa suffisance ne fait que perpétuer et amplifier la politique de brutes, ouvertement raciste et xénophobe, de ses prédécesseurs. En 2017, la France a opéré 86 000 refoulements à la frontière, dont 17 000 concernant des mineur-es, 43 % des refus d’entrée terrestre en Europe (chiffres DCPAF et Eurostat). De quoi cocoriquer et regarder de haut Orban et Salvini.

Mme Vassal dans les Bouches-du-Rhône, M.Collomb et M. Macron qui l’a nommé sont bien directement responsables de maltraitance institutionnelle aggravée en bande ô combien organisée. Et ne pourront plus ignorer longtemps la colère de solidaires de plus en plus nombreux qui s’opposent farouchement , en paroles et en actes, à cette politique migratoire qui se veut dissuasive et qui n’est que meurtrière.

Anne Gautier, avec le soutien de

RESF 13 / Collectif Soutien Migrant-es 13 El Mamba / Association Katilla / La CIMADE Marseille Médecins du Monde Collège Régional PACA

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