La Marche des sans-papiers fait étape à Nîmes

Régularisation des sans papiers, Fermeture des CRA, Logement pour tou·te·s

La marche des Sans-Papiers fait étape à Nîmes !

Lundi 21 septembre
• 17 heures – Marché Gare Route de Montpellier : Accueil des marcheurs/euses
• 19 heures – 93 rue Pierre Sémard : Soirée avec les marcheurs/euses

Mardi 22 septembre
• 10 heures – 93 rue Pierre Sémard : Accompagnement des marcheurs/euses, selon le parcours : 93 rue Pierre Sémard – Chemin Bas d’Avignon – Mas de Mingue – Centre de Rétention Administrative – PRADHA de Marguerittes

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REPRISE DES CANTINES SANS FRONTIÈRES : Samedi 26 septembre : repas Géorgien !!

Au menu de la cantine de rentrée de ce mois-ci, un menu Géorgien avec : Nigvziani badrijani (aubergines grillées aux noix), Achma (tourtes au fromage) et Choux à la crème.

Réservation possible des plats à emporter : cevennessansfrontieres@riseup.net

Les précautions anti-virales seront anticipées.

Samedi 26 septembre à partir de 12h30 à la Rétive à Alès (42, rue du Fbg d’Auvergne)

Nous rappelons que l’argent récolté lors des Cantines sans frontières est destiné à être reversé à des personnes ne bénéficiant, pour la très grande majorité et du fait de leur situation administrative irrégulière, ni de la possibilité de travailler légalement, ni de celle de percevoir une quelconque aide sociale. Cela signifie dans le monde capitalisé que nous connaissons toutes et tous rencontrer de très grandes difficultés pour se loger, se nourrir où acheter n’importe quel bien de consommation de la vie courante. Les Cantines sans frontières sont un moyen de s’en sortir collectivement et sont organisées avec les personnes concernées. Elles sont aussi un moment de rencontre, d’échange et de convivialité.

Venez nombreux et faîtes passez l’info !

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Incendie au camp de Moria, Grèce

Le feu à Lesbos a détruit mercredi 9 septembre la totalité du camp de Moria, 13.000 personnes sont en train de fuir les flammes. Ça fait longtemps qu’elles auraient dû être évacuées, mais la Grèce et l’Europe les ont condamné à souffrir dans cette prison à ciel ouvert, y compris durant la pandémie. Ouvrez les portes du camp de Moria et laissez-les
rejoindre les villes solidaires d’Europe !

https://legalcentrelesvos.org/2020/09/09/fire-destroys-much-of-moria-camp-following-four-years-european-tolerance-of-fatal-risks-to-migrants/

Centre juridique de Lesbos

L’INCENDIE DÉTRUIT UNE GRANDE PARTIE DU CAMP DE MORIA, APRÈS QUATRE ANS DE TOLÉRANCE EUROPÉENNE DE RISQUES MORTELS POUR LES MIGRANTS
Dernières nouvelles
9 septembre 2020

Aux petites heures de ce matin, un grand incendie s’est déclaré dans le camp de réfugiés de Moria, qui a détruit une grande partie du camp et a provoqué le déplacement d’une grande partie des quelque 13 000 résidents.

Cela survient une semaine après que la première personne ait été testée positive au COVID-19 dans le camp, ce qui a été immédiatement suivi par le lancement officiel par le gouvernement des travaux visant à transformer le camp de réfugiés de Moria en un centre fermé contrôlé. Dans les jours qui ont suivi, au moins 30 autres personnes ont été testées positives à COVID-19 – dans un camp qui est actuellement à quatre fois sa capacité déclarée, où les mesures préventives de base sont une impossibilité pratique et où il n’y avait pas de clinique d’isolement COVID-19 fonctionnelle.

La déshumanisation des migrants à la frontière européenne et l’indifférence apparente à l’égard de l’impact de cette situation prolongée et insoutenable sur la population locale ont eu à plusieurs reprises des conséquences dévastatrices. Les migrants ont été constamment confinés dans des conditions de surpopulation, d’insécurité et fondamentalement inhumaines, où les incendies – souvent mortels – sont monnaie courante. Ce n’était pas le premier incendie dans le camp de Moria ; ce n’était même pas le premier incendie dans le camp cette année. De tels risques mortels – et la perte de vies de migrants – sont au contraire tolérés dans le cadre du régime frontalier européen.

Suite à la quasi destruction du camp de Moria, le gouvernement grec a placé ce matin l’île de Lesvos en état d’urgence pour une durée de quatre mois. La police et l’armée sont dans les rues autour du camp de Moria depuis que le feu a éclaté, et trois brigades de police anti-émeute (connues sous le nom d’Unités pour le rétablissement de l’ordre) ont été envoyées par avion d’Athènes ce matin. À notre connaissance, aucune capacité médicale ou aide humanitaire supplémentaire n’a été mobilisée ou fournie. L’envoi immédiat des forces de sécurité par le gouvernement, avant ou sans aide humanitaire, poursuit sa politique consistant à considérer les migrants comme une question d’ordre public – et à donner la priorité à leur sécurisation plutôt qu’à la fourniture d’une aide urgente.

Jusqu’à présent, la principale priorité des autorités grecquessemble être d’empêcher l’accès des migrants à Mytiline : un barrage de police a été mis en place à côté du camp de Kara Tepe aux petites heures de ce matin, pour empêcher les migrants qui avaient fui les flammes d’atteindre la ville, et il y reste jusqu’à présent. Les unités de police ont également bloqué la principale route d’accès au camp de Moria. Les personnes qui vivaient dans le camp sont dispersées sur les routes autour du camp de Moria, dans les forêts environnantes et sur le parking d’un supermarché voisin. D’après ce que les migrants nous ont dit, il n’y a pas eu de provisions de l’État – que ce soit pour les produits de première nécessité comme la nourriture ou l’eau, ou d’autres nécessités comme les installations d’hygiène – dans ces endroits.

Il n’y a jamais eu de plan d’évacuation pour les résidents du camp de Moria, et lorsque l’incendie s’est déclaré la nuit dernière, les gens ont été laissés à eux-mêmes – y compris ceux qui avaient été détenus dans le centre de détention avant renvoi à l’intérieur du camp de Moria (PRO.KE.KA.). Certaines des personnes vivant dans les sections pour personnes vulnérables (y compris les enfants non accompagnés et les femmes seules) ont été réveillées par la police, mais n’ont reçu aucune instruction sur l’endroit où elles pouvaient ou devaient aller. À l’heure actuelle, il subsiste un profond manque d’informations concernant la sauvegarde ou la protection de ces groupes. Lorsque nous avons parlé avec les personnes vulnérables soutenues par le Centre juridique de Lesvos aux premières heures de la matinée,
elles étaient dispersées dans les forêts et les routes entourant le camp, sans aucune aide de l’État.

Il n’y a toujours pas de confirmation officielle de victimes, ni même d’hospitalisation.

Ceux qui sont retournés au camp de Moria ce matin ont envoyé des photos du camp détruit, y compris les restes de leurs tentes et abris. Les résidents ont souligné que les nombreuses installations – y compris les toilettes et les espaces sanitaires – ont été brûlées. Les dispositions déjà insuffisantes pour prévenir ou ralentir la propagation du COVID-19 parmi la population du camp ont maintenant été détruites, et étant donné que plus de trente résidents du camp ont été testés positifs pour le virus ces derniers jours, l’échec de la mise en œuvre d’une réponse rapide et axée sur la santé pour les résidents déplacés augmentera sans aucun doute le nombre de cas – et submergera probablement le système de santé publique, qui est à la limite de ses capacités.

“Cet incendie est une manifestation viscérale des politiques européennes, qui ont toléré pendant des années l’enfermement des migrants dans des conditions dangereuses, surpeuplées et précaires”, a déclaré Amelia Cooper, du Centre juridique de Lesvos. “Les incidents mortels répétés – dont la mort d’un enfant de sept ans dans un incendie au camp de Moria, il y a tout juste six mois – n’ont pas suffi à déclencher l’évacuation du camp de réfugiés de Moria ; pas plus que le déclenchement d’une pandémie mondiale, ni la détection de cas positifs, ni l’instrumentalisation de ces faits par le gouvernement grec pour imposer une détention massive aux résidents du camp. Les résidents du camp de Moria, et les migrants dans les hotspots à travers l’Europe, sont dans des situations de vulnérabilité fabriquées et sanctionnées par l’État. Cet incendie n’était pas un accident, il était inévitable”.

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Grèves de la faim aux CRA de Marseille, Nîmes, Toulouse, Rennes…

Plusieurs grèves de la faim sont en cours dans les centres de rétentions de Marseille, Nîmes, Toulouse, Rennes… pour protester contre leur enfermement en pleine crise du Covid-19.

Voir :

. l’appel à rassemblement de soutien devant le CRA de Marseille :
https://fr-fr.facebook.com/collectifmigrants13/posts/2348586498780754?__tn__=K-R

. le communiqué des grévistes de la faim de Nîmes :
https://lepressoir-info.org/spip.php?article1710

. d’autres infos sur la lutte dans les CRA de Vincennes, Mesni-Amelot et
Rennes : https://paris-luttes.info/virus-luttes-et-represailles-14227

Soutien aux grévistes de la faim en lutte !! Fermeture immédiate des centres de rétentions !!

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Acte 3 des Sans-Papiers

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Communiqué expulsion du Cesaï

Mercredi 19 août, six heures, des policiers enfoncent à coup de bélier les portes des chambres des habitants du Césaï, le centre social auto-géré de Gap. Ils regroupent tout le monde dans une cour, effectuent des vérifications d’identité. C’est le début de l’expulsion du Cesaï.

Bilan : 43 personnes dehors, 20 hébergées dans des camping, 2 embarquées au poste. 43 exilé.e.s et sans abris qui ont à peine eu le temps de prendre leurs affaires, de ramasser de la nourriture avant que le Cesaï ne soit muré. 43 personnes sur la place Saint Arnoux, devant la préfecture, bientôt rejoints par des militant.e.s.

Un campement s’organise en attendant une solution qui ne viendra pas de la préfecture, celle-ci craignant toujours plus le fameux «appel d’air». En attendant un endroit où dormir et poser leur sac, familles, jeunes déminorisés, dublinés, sans abris, sont tous ébahis de se retrouver en quelques heures sans logement.

Une expulsion au mépris de toutes les règles, de toutes les lois. La préfecture s’est bien gardé de dire qu’un délai supplémentaire de deux mois était prévu par la cour d’appel de Grenoble après la visite préalable de l’huissier, sans les forces de l’ordre, qui n’a jamais eu lieu. N’ayant pas été prévenus, les habitants n’ont pas exprimé de refus.

Ce n’était pas une opération dans la loi mais une expulsion violente et illégale, menée tambour battant. En bonus, le sarcasme de Mr Scarcella, huissier assermenté, qui assure avoir remis le commandement de quitter le lieu, puis ment sur la décision de la cour d’appel et finit par déclarer : «c’est votre parole contre la mienne».

Et maintenant ? On a besoin de soutien. 43 personnes à la rue qui auront besoin d’un toit, de lits, de couvertures. On dort ce soir devant la préfecture. Et demain ? Impro totale.

Rassemblons – nous à Gap samedi 22 août 10H au départ de la place des bus de la SCAL (ou Ladoucette) afin de revendiquer nos droits face à une expulsion indigne.

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“Racisme systémique”, dites-vous ?

Ci-dessous un article publié dans l’Épisode cévenol numéro 15.

“[…] je parle des hommes et des femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue et qui se font massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau. C’est un fait. […] A un moment il faut envoyer un signe à un peuple. Il y a des hommes noirs et des femmes noires, il y a des hommes arabes et des femmes arabes qui se font contrôler quotidiennement, qui se font fracasser aujourd’hui en confinement. C’est pas possible !”

Ces propos fermes et audacieux prononcés par Camélia Jordana le 23 mai 2020 sur le plateau de “On n’est pas couché” n’ont pas été entendus. La classe politico-médiatique s’est braquée sur le terme “massacrer” pour discréditer le message et légitimer l’absence d’une quelconque empathie pour les concernés, une fois de plus invisibilisés. Puisqu’ils n’existent pas pourquoi montrer un signe… de solidarité ?

Savons-nous vraiment ce qu’ont vécu les habitants des quartiers populaires durant le confinement ? Ceux et celles qui tous les jours intégraient les rouages de la machine France. 65 % de l’économie a continué de tourner grâce à ceux et celles qui n’avaient pas le privilège de choisir de rester à la maison. Et ceux dont le petit boulot précaire avait disparu n’ont pas forcément été aidés et ont frôlé pour beaucoup la faim.

Savons-nous vraiment ce que ces personnes ont subi quotidiennement durant le confinement ? Selon les statistiques du gouvernement, jusqu’à fin avril, dans le seul département de Seine-Saint-Denis (93), la police a procédé à 220.000 contrôles soit plus du double de la moyenne nationale, et 17 % des personnes contrôlées ont été verbalisées, près du triple de la moyenne nationale. Est-ce un hasard ?

Mais ces chiffres ne nous disent pas que ce sont majoritairement les personnes noires et arabes, les racisées, adultes et mineurs, qui ont subi systématiquement les contrôles musclés au faciès : amendes injustifiées, verbalisations à répétition, insultes racistes, coups, étranglement, utilisation de gaz lacrymogène ou de Taser, tir de LBD (!). Le nombre de blessés est inconnu mais les témoignages sont poignants.

Et combien de personnes ont été tuées par la police durant le confinement ? Entre 12 et 14 ! Plusieurs en cellule de dégrisement ! Que leur est-il arrivé ?

Le message de Camélia Jordana est à situer dans ce contexte. Puis est survenue la mort de George Floyd, deux jours plus tard, à Minneapolis, étranglé, asphyxié pendant huit très longues minutes par un policier et ce sentiment habituel d’impuissance s’est transformé en volonté de s’affirmer : “Les vies des noirs comptent” ! En France aussi la police tue par étranglement. C’est ce qui explique notamment l’ampleur des manifestations contre le racisme et les violences policières.

En France, le maintien de l’ordre est une affaire de police et de gendarmerie, donc pour cette dernière de l’armée. Elles savent de quoi tenir : Par le passé lors de l’esclavage puis des guerres coloniales comme aujourd’hui avec l’immigration et le “terrorisme”, “l’ordre sécuritaire” est fondé sur l’imagi­naire de la défense contre un “ennemi extérieur” venant perturber le “corps national”. Alors que les expressions “racisme institutionnalisé”, “structurel” sont admises quand il est question des Etats-Unis, en France elles sont malvenues car, nous dit-on, l’histoire serait autre, les inégalités de nature différentes. Les devises “Egalité”, “Fraternité” préserveraient la nation et ses institutions de tout “racisme systémique” nous explique-t-on. Cette conception qui a forgé les institutions et l’idéologie françaises est profondément raciste en ce qu’elle ne tolère qu’un seul et unique narratif. Les antiracistes et décoloniaux racisés qui prétendent le contraire seraient des “communautaristes” et des “séparatistes” qu’il faut éliminer. La charge est tout simplement inversée. On n’est plus face à un enfermement dans le déni mais une offensive frontale des élites et des pouvoirs publics.

Macron s’en fait le porte-parole belliciste lors de son dernier discours du 14 juin : “Je vous le dis très clairement […], la République n’effacera aucune trace ni aucun nom de son Histoire. La République ne déboulonnera pas de statue. Nous devons plutôt lucidement regarder ensemble toute notre Histoire, […] avec une volonté de vérité et en aucun cas de revisiter ou de nier ce que nous sommes. […] Sans ordre républicain, il n’y a ni sécurité, ni liberté. Cet ordre, ce sont les policiers et les gendarmes sur notre sol qui l’assurent.”

Les descendants d’esclaves et de colonisés n’acceptent plus d’être traités comme des hommes et des femmes de seconde zone. Ils revendiquent haut et fort la reconnaissance de leur part de l’Histoire. Ils exigent du respect. Et aux agressions racistes ils répondent “Pas de justice, pas de paix !”. Pour combien de temps encore ? 1 [Tissa]
_________________________________
1 Raoul Peck, J’étouffe : https://le1hebdo.fr/journal/jetouffe/301/1/article/j-touffe-3898.html

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Montpellier – Samedi 20 juin 14h – Manifestation pour la régularisation des Sans Papiers

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Alès – Vendredi 18h – Manifestation contre les violences policières & le racisme

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Quelques notes sur l’opération répression du 10/06/2020

Quelques infos sur la répression contre les camarades menant la lutte du côté italien de la frontière… Repris de https://www.passamontagna.info/?p=1631&lang=fr

Oui, nous avons occupés. Nous avons occupé le sous-sol de l’église de Claviere.

Et quand ils nous ont expulsé, nous sommes entrés dans l’ancienne Casa Cantoniera di Oulx.


Nous avons pris l’espace nécessaire pour nous rencontrer, nous parler, nous organiser. Contre les frontières. Contre les systèmes d’exploitation et de sélection qui les soutiennent. Pour porter une solidarité active à toutes ces personnes qui se trouvent discriminées, différenciées, constamment rackettées pour l’obtention d’un bout de papier, d’un État qui les massacre et du capital qui les exploite.

Nous avons occupé. Nous l’avons fait et nous le revendiquons.

Et nous sommes toujours là. La Casa Cantoniera existe toujours et la lutte à la frontière est bien plus large que les 24 personnes impliquées dans l’enquete pour occupation et les 17 personnes qu’ils tentent de chasser.
Des centaines et des centaines de personnes de tous les continents ont traversé ces espaces.
Certaines, indépendemment du fait qu’ils aient des documents ou non, déterminées à choisir où et comment vivre, d’autre pour combattre ce système d’exploitation, d’exclusion et de différenciation.

Chacun y a trouvé un espace pour s’organiser. Un espace pour manger, dormir, s’équiper pour partir, et du temps pour décider quoi faire. Un espace pour élaborer des discussions, proposer des initiatives, des manifestations, des cortèges, des cinéforum. Sans chantage. Hors des jeux politiques, hors des circuits économiques, réellement autonomes et indépendants.

Dans un territoire massacré par les infrastructures de transport, et par la construction tant appellée d’un TAV pour aller de plus en plus vite, les frontières faites de gardes et de gendarmes bloquent et tuent celleux qui sont obligées de marcher dans les montagnes pour continuer leur vie. Les marchandises passent rapidement et sans problème, ceux qui n’ont pas de papiers risquent de mourir chassés par la police.

Entre hier et aujourd’hui, les Carabinieri ont tenté de notifier avec insistance (parfois sans succès) 17 interdictions de séjours dans les communes de Oulx, Claviere, Bardonecchia, Cesana, Salbertrand. Accusation : occupation en réunion de la Casa Cantoniera de Oulx.

On peut lire entre les lignes la justification de ces mesures comme de la prévention à une possible réoccupation après l’expulsion de la Casa, qui semblerait imminente.

Ils nous accusent d’avoir exploité le « phénomène migratoire » dans la haute vallée de Suse, d’avoir fait des actions de propagande politique, d’avoir favorisé le franchissement illégal de la frontière des « migrants », mettant leur vie en danger. Comme si les gens avec lesquels nous nous sommes organisés pendant deux ans, riaient, plaisantaient, parlaient, pleuraient, étaient des mannequins sans défense, des objets sans choix. Même sur les torchons que les carabinieri nous ont remis ce matin, l’état infantilise et rend passif les choix autonomes de personnes qui, du reste, savent très bien où elles veulent aller. Nous renvoyons les accusations à l’expéditeur : personne ne serait obligé de risquer sa vie s’il n’était pas poursuivi par un système qui ne fait que sucer et cracher, s’il n’y avait pas de frontières et pas de papiers. Les assassins sont les États, leurs frontières, leurs flics. Et pour eux, nous entretenons notre haine.

Mais un seul délit nous est formellement reproché : l’occupation. Cette opération crée un précédent historico-juridique en ce qui concerne la pénalisation de cette pratique, qui a toujours été un instrument précieux de tous les mouvements de lutte.

Tout crime dont la peine maximale est supérieur à 3 ans peut impliquer la demande de mesures préventives. Avec le dernier décret de sécurité jaune-vert, le délit d’occupation prévoit des peines allant de 2 à 4 ans. Avec la circonstance aggravante, prévue si le crime est commis ou organisé par 5 personnes ou plus, la mesure préventive est justifiée. L’Italie s’aligne sur l’Europe du Nord, en essayant d’éliminer les espaces d’auto-organisation. Et si maintenant ils peuvent aussi retirer des groupes de camarades des territoires où ils vivent et se battent pour une simple occupation, que cette réflexion devienne plus collective. Nous invitons chacune à réagir, à sa manière, pour défendre cette pratique.

Dans ce contexte historique, et plus encore en cette période de pandémie, le contrôle a accru son emprise sur nos vies ; les instruments répressifs ne font que se perfectionner pour faire taire toute forme de lutte et de pratique autonome.

Le décret salvini s’attaque aux fondements mêmes de la solidarité.

Nous ne laisserons pas nos pratiques être freinées de quelque manière que ce soit.
Une expulsion ? Cent occupations !

PS – Dans toute cette merde, au moins une chose nous fait sourire : les flics et les journalist.e.s sont étonnés de la présence massive des femmes dans la lutte contre les frontières.

En fait, c’est vrai : nous sommes nombreuses, nous sommes énervées et nous le serons de plus en plus.

OCCUPONS BEAUCOUP, OCCUPONS TOUT

 

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