Tour des Cévennes Accueillantes et Solidaires, du 2 au 10 juillet

Du samedi 2 juillet à Saint-Jean du Gard au dimanche 10 juillet à Mandagout, des associations de l’INTERCO Cévennes Méditerranée organisent une caravane qui ira, de village en village, montrer que l’accueil et la bienveillance sont nécessaires et bénéfiques. Que la diversité est une chance et que nos villages sont une partie du monde car de plus en plus le monde est un village où tout est lié et tous les peuples impliqués.

La caravane traversera les Cévennes à pied, à cheval, en train ou en voiture pour rappeler que la fraternité est possible et qu’elle n’a pas de frontières.

Pour le lancement du Tour à Saint Jean du Gard samedi 2 juillet :

à 10 h : Présence lors du marché des producteurs locaux (place du marché)

à 19 h : Rencontre et débat avec l’inter collectif Cévennes Méditerranée, organisateur du tour des Cévennes accueillantes (dans le cadre des Rencontres d’été à la Maison Mazel à Falguière)

à 20 h : Repas prix libre préparé par les réfugiés accueillis au village

à 21h30 : Concert avec le trio Alliance Atinati.

Et dimanche 3 juillet : Départ de la caravane pour Anduze en train (départ à 10h30 à la gare de Saint Jean du Gard)

Venez nous rejoindre !! Bienvenue à toutes et tous !!

Pour plus d’infos sur le Tour des Cévennes accueillantes et solidaires :
https://collectifgangessolidarites.wordpress.com/tour-des-cevennes-accueillantes-et-solidaires/

Posted in General | Comments Off on Tour des Cévennes Accueillantes et Solidaires, du 2 au 10 juillet

Lancement du Tour des Cévennes accueillantes – Samedi 2 juillet à la Maison Mazel à Saint Jean du Gard

Dans le cadre des Rencontres d’été à la Maison Mazel :

Samedi 2 juillet à 19h: Rencontre et débat avec l’inter collectif Cévennes Méditerranée, organisateur du tour des Cévennes accueillantes.

Suivi à 20h d’un repas préparé par les réfugiés accueillis au village,

Et d’un concert à 21h30 avec le trio Alliance Atinati.

Pour plus d’infos sur le Tour des Cévennes accueillantes et solidaires :
https://collectifgangessolidarites.wordpress.com/tour-des-cevennes-accueillantes-et-solidaires/

Pour plus d’infos sur le programme complet des Rencontres d’été à la Maison Mazel :
http://www.abrahammazel.eu/programme-des-rencontres-mazel-les-1-2-et-3-juillet-2022/

Bienvenue à toutes et à tous !

Posted in General | Comments Off on Lancement du Tour des Cévennes accueillantes – Samedi 2 juillet à la Maison Mazel à Saint Jean du Gard

Urban Parc Soirée Ados Sans Frontière – 3 juin à Alès

Ados Sans Frontière, Kesako ?

Un ensemble de gens un peu guedin qui donnent un coup de main à des minots partis sur la route de l’exil pour tout un tas de raisons légitimes et qui se pointent en France, isolés et souvent traumatisés.

Ces jeunes sont pris en charge pour la plupart par le service de l’Aide Sociale à l’Enfance du Conseil Départemental. Et ce sont des MECS (Maison d’Enfants à Caractère Social), on dit “foyer” dans le jargon, qui sont en charge de la “mesure de protection” de ces jeunes appelés MNA (Mineurs Non Accompagnés) jusqu’au moins leur majorité.

Mais voilà, le boulot est immense (scolarisation, apprentissage, démarches administratives +++…) et le chemin est parsemé d’embûches et les équipes éducatives ne peuvent pas tout et/ou n’ont pas les moyens de tout…

Du coup, à ces jeunes on peut leur apporter un peu de chaleur par des rencontres, des sorties, un repas partagé, du soutien scolaire, des débrouilles administratives…à chacun ses ressources…

Venez à Urban Parc ce vendredi 3 juin à partir de 19H, on vous en causera mieux et après on dansera jusqu’à la transe pour essayer d’oublier quelques instants ce monde de merde !

Venez nombreux !
L’équipe d’Ados sans Frontière d’Alès

Posted in General | Comments Off on Urban Parc Soirée Ados Sans Frontière – 3 juin à Alès

Contre l’implantation de la Légion, pas d’armistice ce 8 mai, la lutte continue !

Communiqué à destination des organisations, associations et toutes les personnes qui ont participé à la marche du 8 mai ou l’ont soutenue

Contre l’implantation de la Légion, pas d’armistice ce 8 mai, la lutte continue !

Nous sommes plusieurs centaines de personnes à avoir participé à la marche et au rassemblement organisés contre l’implantation de la Légion étrangère à Saint Jean du Gard ce dimanche 8 mai au Col Saint Pierre. Cet événement fut un moment de rencontres et de discussions entre personnes de toutes générations, habitants de la vallée, et d’autres venant de plus loin. Le soutien exprimé à la cause que nous défendons ne fait que renforcer notre détermination à n’accepter ni centre de repos, ni camp d’entraînement dans les Cévennes.

Nous remercions chaleureusement toutes les personnes présentes à cette journée, les associations, chorales, et organisations militantes et syndicales. C’est ensemble que nous avancerons !

Nous vous tiendrons très prochainement informés des suites de la mobilisation.

Gardarem las Cevenas !!

Collectif Vallées Cévenoles Démilitarisées

Pour nous contacter et/ou nous rejoindre : vallees-cevenoles-demilitarisees@riseup.net

Ci-dessous quelques articles :

https://www.liberation.fr/societe/la-legion-etrangere-en-mode-mitraillette-dans-les-cevennes-20220509_ARWUK533YZDBPOISJTQY7RFV4Y/

https://www.objectifgard.com/2022/05/08/saint-jean-du-gard-trois-cents-personnes-rassemblees-contre-le-projet-de-rachat-dune-ferme-par-la-legion-etrangere/

ttps://www.midilibre.fr/2022/05/08/saint-jean-du-gard-plus-de-200-personnes-marchent-contre-la-militarisation-des-cevennes-10282689.php

https://www.objectifgard.com/2022/04/05/fait-du-jour-legion-etrangere-a-saint-jean-du-gard-notre-presence-le-territoire-peut-en-attendre-un-surcroit-de-tourisme/

https://www.forcesoperations.com/entre-combat-souterrain-et-ferme-isolee-le-camp-des-garrigues-sur-voie-de-la-haute-intensite/

Posted in General | Comments Off on Contre l’implantation de la Légion, pas d’armistice ce 8 mai, la lutte continue !

Dossier « Europe forteresse : du sang sur les murs »

A lire, un dossier spécial sur la forteresse Europe paru dans le denier numéro de CQFD de mai 2022.

https://cqfd-journal.org/

En finir avec l’Europe forteresse

« De quel côté du mur / La frontière vous rassure ? » (Patricia Kaas, « D’Allemagne », 1988)

Souvenir daté mais lancinant. Nord du Maroc, février 2013. Sur les contreforts du mont Gourougou, qui surplombe l’immense barrière érigée aux frontières de l’enclave espagnole de Melilla, des centaines d’hommes survivent dans la misère. Parmi eux, certains ont la cheville ou le poignet brisé. Les responsables ? Les flics marocains, qui usent de leurs matraques pour les mettre hors d’état de franchir le mur – soit grosso modo le job que l’Europe leur assigne dans le cadre de sa politique d’externalisation de la répression à ses frontières. Parmi les exilés, cette pratique est bien connue. Mais Mauricio, Guinéen bientôt majeur, ne veut pas y croire. Ce serait trop pour son entendement : « Certains ici disent que l’Europe paie le Maroc pour que ses policiers nous tabassent. Mais je n’y crois pas. Pourquoi ferait-elle ça  ?1 »

Pourquoi ferait-elle ça  ? Neuf ans plus tard, la question résonne toujours douloureusement. Elle se repose à chaque nouveau naufrage dans les eaux de la Méditerranée centrale et orientale ou sur la route des Canaries. À chaque évocation des prisons-mouroirs de Libye où femmes et hommes sont traités comme du bétail sous l’œil de l’Europe2. À chaque nouveau rapport dénombrant les morts à nos frontières (plus de 3 000 décès en mer pour 2021 selon l’ONU, soit le double de 2020 – sans compter ceux qui disparaissent sans laisser de traces, que certains chercheurs estiment à deux ou trois fois plus nombreux). À chaque nouveau récit sur les exactions des policiers français à Calais ou grecs à la frontière turque. À chaque nouveau tour de vis sécuritaire et/ou nationaliste des pays membres ou alliés de l’Union européenne…

Une liste interminable. Rares en effet sont les jours qui n’apportent pas de nouvelles histoires abominables, dont la somme forme un tout cohérent martelant ce message : l’Europe se cadenasse comme une forcenée et pour cela, elle tue. Au moment où nous bouclons, un consortium de journalistes révèle ainsi l’implication de l’agence européenne des gardes-côtes et gardes-frontières Frontex dans les pushbacks (refoulements) meurtriers en mer Égée3 : leurs victimes étaient renvoyées côté turc dans des petits bateaux de survie avec l’aval de l’agence. Le pire : l’annonce n’a étonné personne, depuis le temps que les ONG dénoncent la complicité de Frontex. La médiatisation de l’affaire et un rapport de l’Office européen de lutte anti-fraude ont fini par coûter son poste à son boss Fabrice Legerri, qui a démissionné le 28 avril. Qu’importe. Un·e autre prendra bientôt le relais et poursuivra sa sale besogne.

Prise de folie obsidionale, malade de son racisme, l’Europe se bunkerise à grande vitesse. Plus de 1 800 kilomètres de murs et de barrières sont désormais érigés ou en construction à ses frontières4. Comme une épidémie de barbelés et de caméras high-tech. Mais ces murs, comme les chiffres officiels des décès, ne sont que la face émergée de l’iceberg. Pour les personnes sur la route de l’exil, l’horreur est quotidienne. D’un pays à l’autre les attendent les matraques des flics, les chiens qu’ils lâchent sur elles ou les camps indignes où on les parque.

Voilà ce dont nous avons voulu rendre compte en partant au nord de la Serbie, le long de cette frontière hongroise où le satrape Viktor Orbán a fait construire une double barrière high-tech sur environ 150 kilomètres. Dans cette zone, des milliers de personnes exilées, venues notamment de Syrie et d’Afghanistan, sont bloquées dans des conditions de dénuement terribles, livrées aux mafias locales et aux polices violentes, oscillant entre la Croatie, la Roumanie, la Hongrie, toujours refoulées, matraquées, foulées aux pieds, cherchant le trou de souris par où passer [lire pp. II, III & IV].

En coulisses, Frontex : dans un article uppercut, Olivier Cyran dénonce l’institutionnalisation opaque de mécanismes de refoulement, sous l’égide de cette agence indifférente aux pratiques des pays chargés du sale boulot [p. VII]. Quant au géographe Olivier Clochard, il nous expose dans un entretien les évolutions des politiques européennes depuis les années 1990, la construction progressive de l’Europe forteresse, et la manière dont nous nous sommes peu à peu « habitués » aux violences contre les personnes migrantes [pp. V & VI]. Enfin, pas contre toutes les personnes migrantes, à vrai dire. Seulement celles qui ont la mauvaise couleur de peau ou une culture vraiment différente, comme le rappellent Oum Ziad et Édith Marek dans un papier consacré au traitement différencié des exilés à la lumière de la guerre en Ukraine [p. VIII]. « L’exemple ukrainien a montré une chose : quand on veut mettre les moyens d’un véritable accueil, on peut », insiste à juste titre Olivier Clochard.

Mais raconter l’Europe forteresse, ce n’est pas seulement décrire les murs et les institutions répressives. Nous avons aussi voulu donner la parole à ceux qui les traversent : le long récit de Walkalawa, parti du Tchad à l’âge de 16 ans, dresse un tableau effarant des obstacles inhumains qui se dressent sur la route de celles et ceux qui s’embarquent vers un autre destin [pp. IX & X]. Le travail de la géographe Camille Schmoll sur Les Damnées de la mer permet lui aussi de donner corps au sort des personnes exilées, en l’occurrence les femmes, qui représentent 51 % des êtres humains en situation de migration [p. XII].

Le tableau est sombre, très sombre. Et il appelle à une lutte sans merci, pour l’ouverture des frontières et le renversement des murs, alors même que le réchauffement climatique va sans aucun doute multiplier les mouvements migratoires. Non pas pour l’honneur de l’Europe : elle l’a perdu depuis longtemps. Mais par humanité, tout simplement.

Petite lumière dans le marécage, l’engagement anonyme de nombreuses personnes refusant le déni d’accueil, ou le travail de réseaux comme Migreurop, qui documente inlassablement la détérioration des conditions de vie des personnes exilées. Ou encore celui des camarades d’Alarm Phone, en Europe et en Afrique, dont la ligne téléphonique d’urgence apporte un soutien concret aux personnes en détresse en mer, et qui recueillent au passage de précieuses informations sur la géographie des refoulements – par exemple sur la route des Canaries à laquelle est consacré, en partie, leur dernier rapport [p. XI].

Le mot de la fin ? Il est inscrit au mur du local d’une petite association installée dans la bourgade de Šid, à la frontière entre Serbie et Croatie. Les deux bénévoles que nous y avons rencontrés, fraîchement débarquées, effectuaient des maraudes auprès des personnes exilées en attente de passage, disséminées dans les environs. Derrière le canapé de jardin vermoulu où nous avons pris place, une inscription tracée en grand : « Burn the borders  ! »

Dossier coordonné par Émilien Bernard & Laurent Perez

1 Voir « Melilla, les ombres du mur », site de feu Article11 (14/03/2013).

2 Lire à ce sujet le terrible reportage de Ian Urbina, « La Libye, garde-chiourme de l’Europe face aux migrants », Le Monde diplomatique (janvier 2022).

4 Voir à ce sujet l’éclairante infographie « Fortress Europe » sur le site du Telegraph.

Posted in General | Comments Off on Dossier « Europe forteresse : du sang sur les murs »

Stoppons le déploiement militaire dans les Cévennes ! – 8 mai – St Jean du Gard

On n’oublie pas le rôle de l’armée dans la surveillance et la gestion des frontières, la traque des exilés, et la dévastation de zones entières dans le monde forçant des milliers de personnes à prendre la route…

***

PARTICIPONS À LA MARCHE CONTRE LA MILITARISATION DES VALLÉES CÉVENOLES

DIMANCHE 8 MAI

Départ à 9h30 Place Carnot (St-Jean du Gard)

Rassemblement/repas partagé à 12h30 au Col St Pierre

(accessible en voiture – report au 15 mai en cas de pluie)

Voir tract ici.

Pétition en ligne ici.

Posted in General | Comments Off on Stoppons le déploiement militaire dans les Cévennes ! – 8 mai – St Jean du Gard

Nouvelles d’Aziz à Mende

La mobilisation en soutien à Aziz se poursuit. Quelques nouvelles du rassemblement de ce jour à Mende par les membres de RESF 48.

Ce matin, Aziz était convoqué pour que la préfecture lui notifie une « procédure contradictoire »… avant de décider de l’expulser en Grèce… ou de lui permettre de vivre ici.

Nous étions une bonne centaine à être venus le soutenir. Midi Libre était présent.

Aziz a été informé que le Préfet envisage de de l’expulser en Grèce où il a le statut de réfugié.

Il doit remettre lundi 11 au matin. ses « éventuelles observations ».

Après en avoir pris connaissance, le Préfet décidera, de lui remettre, ou non, un arrêté d’expulsion.

Nous préparons avec des avocats observations et documents à joindre :
– Courrier des élus avec une cinquantaine de signatures,
– Pétitions : plus de 1200 signatures, locales à plus de 80%.

Combien de temps Aziz devra-t-il attendre la réponse ???

Un geste pour la planète
Nous pensons inutile de refaire un rassemblement lundi. Aziz ira en préfecture accompagné d’une seule personne :
Il n’y a jamais eu jusque d’arrestation en préfecture de Lozère lors d’une convocation.
Il y a de toute façon encore des recours juridiques possibles en cas de réponse négative et de délais à respecter
Nous avons montré que nous étions nombreux à le soutenir. Gardons notre énergie au cas où la préfecture refuserait de régulariser Aziz, économisons pour cette fois le déplacement de 50 voitures.

Continuons à soutenir Aziz
Signez et faites signer à un maximum de gens la pétition. Elle sera remise lundi à la préfecture.
3 possibilités :

1 – Pétition papier à faire signer nouvelle version.
Dès que vous avez une page pleine de signatures, merci de la scanner ou de la photographier et de l’envoyer par mail à resf.48@icloud.com
Toutes les pétitions doivent être envoyées à cette adresse, avant dimanche 10 à midi.

2 – Signature de la pétition par mail
_Aussi avant dimanche 10 à midi ._

– envoyez un mail à resf.48@icloud.com
– copier le texte rouge

Je signe la lettre de soutien à Aziz El Ahmed.

Indiquez en dessous (merci de respecter cet ordre) :

Nom Prénom Profession/activité Commune

(Si vous êtes retraité, c’est mieux de préciser votre ancienne activité)

3 – Signature de la pétition sur change.org [1]
https://chng.it/WTmz5BLKQc
Toujours avant dimanche 10, à midi.

Posted in General | Comments Off on Nouvelles d’Aziz à Mende

Soutien à Abdelaziz EL AHMED – Rassemblement 6 avril 8h45 à Mende

Aziz est convoqué à la préfecture de Mende pour recevoir un arrêté d’expulsion Mercredi 6 avril à 9 heures

Nous vous proposons de venir le soutenir 8 h 45 à Mende devant la préfecture rue du faubourg Monbel.

RESF 48

Et si ce n’est pas encore fait signez la pétition

Un titre séjour pour Abdelaziz El Ahmed
https://chng.it/WTmz5BLKQc

Posted in General | Comments Off on Soutien à Abdelaziz EL AHMED – Rassemblement 6 avril 8h45 à Mende

Soutien à Abdelaziz EL AHMED

Aziz, Syrien herbergé depuis plus d’un andans les Cévennes a reçu une convocation de la préfecture pour le 6 avril dans le cadre d’une procédure d’expulsion vers la Grèce…

Pour le soutenir, voilà une pétition que vous pouvez signer par mail (explications ci-dessous).

Un rassemblement aura lieu le 6 avril à 8h45 devant la préfecture, Faubourg Montbel, pour le soutenir.

Merci de diffuser ce mail

Patricia Grime

Aziz avait envoyé une demande de titre de séjour à la préfecture.

La réponse est une convocation mercredi 6 avril, à 9h, à la préfecture dans le cadre d’une procédure d’expulsion vers la Grèce…

Voici la pétition pour le soutenir.
N’hésitez-pas à faire suivre à vos contacts

Pour signer :

– Cliquer pour envoyer un mail à  resf.48@icloud.com

– Copier et compléter le texte suivant :

Je signe la lettre de soutien à d‘Aziz El Ahmed.
Nom :
Prénom :
Profession, activité… :
Commune :

(Si vous êtes retraité, c’est mieux de préciser votre ancienne activité)

Posted in General | Comments Off on Soutien à Abdelaziz EL AHMED

Accueil sélectif aux frontières européennes : du racisme des politiques migratoires

22 mars 2022

Accueil sélectif aux frontières européennes : du racisme des politiques migratoires

https://migreurop.org/article3095.html?lang_article=fr

Communiqué sur la situation en Ukraine

« Les ministres (de l’Intérieur) de l’Union européenne (UE) se sont accordés aujourd’hui unanimement sur la mise en place d’un mécanisme de protection temporaire pour répondre à l’afflux de personnes déplacées en provenance d’Ukraine » [1]. C’est dans ces termes que la France, qui préside actuellement le Conseil de l’UE, s’est félicitée par la voix de son ministre de l’Intérieur de l’accord historique de la mise en œuvre, pour la toute première fois, de la directive européenne sur la protection temporaire de 2001, lors de la réunion du Conseil « Justice et affaires intérieures » du 3 mars. « Cette décision reflète le plein engagement de l’Union européenne à afficher sa solidarité à l’égard de l’Ukraine et à assumer son devoir à l’égard des populations victimes de cette guerre injustifiable », a-t-il ajouté.

Ce mécanisme de protection, demandé à plusieurs reprises par la société civile pour d’autres groupes de personnes exilées – les Syrien⋅ne⋅s en 2011 ou les Afghan⋅e⋅s à l’été 2021 – n’avait jamais été jusque-là appliqué [2]. Par ailleurs, depuis le début de l’invasion militaire russe de l’Ukraine, les pays limitrophes – tels que la Pologne, la Hongrie, la Bulgarie – qui ont, au cours des dernières années, pratiqué une politique de rejet et d’hostilité à l’égard des personnes en exil tentant de traverser leurs frontières, se sont rapidement organisés pour accueillir les Ukrainien⋅ne⋅s fuyant la guerre. Ailleurs en Europe, des États qui, il y a peu, criminalisaient la solidarité manifestée par une partie de la population avec les exilé⋅e⋅s l’encouragent au contraire à l’égard des déplacé⋅e⋅s ukrainien⋅ne⋅s.

L’Europe aurait-elle décidé d’en finir avec la guerre aux migrant⋅e⋅s qu’elle mène depuis plus de 30 ans ? Rien n’est moins sûr. Bien que ces initiatives récentes ne puissent être que saluées – la population ukrainienne en fuite doit absolument être accueillie – elles sont révélatrices de l’hypocrisie de la politique européenne et des politiques nationales qui pratiquent une hospitalité à deux vitesses en continuant à opérer un tri entre les « bons » réfugié⋅e⋅s et les « mauvais » migrant⋅e⋅s afin de tenir à l’écart et nier les droits des populations du Sud global.

En effet, alors que le gouvernement polonais soutient que « les réfugiés fuyant l’Ukraine en guerre entrent en Pologne quelle que soit leur nationalité  » [3], nombreux sont les témoignages des personnes originaires d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient résidant en Ukraine qui font état des pratiques discriminatoires et racistes qu’elles ont eu à subir de la part des garde-frontières ukrainiens et polonais. Des centaines d’entre elles ont été bloquées dans les gares ferroviaires ou aux frontières, y compris des femmes avec leurs bébés, lors du passage à la frontière. Des vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux montrant des personnes attendant, dans un froid intense, d’être autorisées à quitter le territoire ukrainien, tandis que d’autres ont dû rebrousser chemin ou s’organiser pour franchir collectivement les barrages [4].

Au mépris de ces témoignages concordants, le porte-parole des garde-frontières ukrainiens a déclaré : « Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, ces personnes ont peut-être été refoulées parce qu’elles essayaient de griller la priorité dans la file d’attente » [5]. Le ministre de l’Intérieur français est allé jusqu’à affirmer que «  les Polonais eux-mêmes ont dit que tout le monde était accueilli en Pologne et dans le reste de l’Union européenne », rapportant que « l’ambassadeur de la Pologne a[vait] évoqué le fait que c’était notamment une utilisation russe pour déprécier le travail  » fait par les autorités de ce pays [6].

Tant les pratiques de tri aux frontières de l’UE que le mécanisme de protection temporaire mis en place à l’heure de l’exode de la population vivant en Ukraine sont discriminatoires, puisqu’ils engendrent un choix à opérer parmi les personnes à protéger [7]. Ces pratiques visant à limiter l’arrivée des citoyen⋅ne⋅s du Sud global s’inscrivent dans la continuité de la politique raciste de l’UE et de ses États membres au cours des dernières décennies.

En effet, il y a à peine quelques mois les autorités polonaises érigeaient ainsi des barbelés et des murs à la frontière biélorusse comme seule réponse à l’arrivée des femmes, des hommes et des enfants en provenance des pays tels le Yémen, l’Afghanistan, la Syrie, l’Irak, ou la République démocratique du Congo (RDC) parmi d’autres, au prétexte qu’il s’agissait de « migrant·e·s » instrumentalisé⋅e⋅s par le chef d’État biélorusse.

Un peu plus tôt, après la prise de pouvoir par les Talibans à Kaboul, les pays européens aujourd’hui « accueillants » s’organisaient pour fermer leurs frontières aux milliers de personnes cherchant à fuir l’Afghanistan, alléguant comme l’a fait la France, que « l’Europe ne peut pas à elle seule assumer les conséquences de la situation actuelle [et que] « nous devons anticiper et nous protéger contre les flux migratoires irréguliers importants  » [8].

Ce que cachent mal les discours et pratiques à géométrie variable que nous observons aujourd’hui porte un nom : le racisme, c’est-à-dire la croyance en une hiérarchie des êtres humains et la production d’un rapport de domination pour tenter de rendre opérante cette hiérarchisation. L’idéologie raciste se masque le plus souvent derrière des atours présentables, dans des arguties telles que : « La place de ces gens-là est chez eux, à aider leur pays à sortir de la misère  », « ils doivent être accueillis dans les pays limitrophes au Sud, dont la culture dominante est proche de la leur… », ou encore « dans la migration, ils se mettent en danger et se font la proie des passeurs  ». Mais elle apparaît pour ce qu’elle est en période de crise, quand refont surface les discours alarmistes qui, chez les responsables politiques et dans certains médias, attisent la peur de l’invasion.

Pour commenter la décision de l’UE de déclencher le mécanisme de protection temporaire, la Commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, parle d’un « changement de paradigme », et on entend volontiers dire dans les médias que les Européens auraient retrouvé « le sens de l’accueil » [9]. C’est oublier que, comme on le voit aujourd’hui, la légitimité des souffrances se mesure à l’aune des origines et de la couleur de la peau.

Des exilé⋅e⋅s se mobilisent depuis des mois pour défendre leur droit à la protection et à quitter un pays où leur vie est en danger et n’ont toujours pas vu cet accueil se matérialiser. A l’image de celles et ceux sur la route des Balkans [10], ou bloqué⋅e⋅s dans le sud de la Tunisie [11], ou encore en Libye qui ne sont pas dupes : « Ils affirment que les Ukrainiens sont différents, qu’ils sont des programmeurs informatiques et qu’ils ont une histoire bien connue, contrairement aux Africains dont le passé est marqué par la pauvreté. Les Ukrainiens sont désormais accueillis dans des pays qui ont fermé leurs portes aux réfugiés du Moyen-Orient et d’Afrique » [12]. Si nous exprimons toute notre solidarité avec les exilé⋅e⋅s ukrainien⋅e⋅s, nous joignons nos voix à celles de toutes les personnes qui sont bloquées et maintenues sciemment à distance des frontières européennes.

Aujourd’hui l’UE fait pour les exilé⋅e⋅s Ukrainien⋅ne⋅s ce qu’elle a longtemps prétendu impossible : permettre la mobilité des personnes en quête de refuge et la reconnaissance de leurs droits plutôt que de chercher à les bloquer à tout prix. Cette brèche ouverte avec la mobilisation exceptionnelle dont font preuve aujourd’hui les Etats membres démontre que, contrairement à ce qu’elle a toujours dit, l’UE a la capacité d’accueillir un très grand nombre d’exilé⋅e⋅s. Le réseau Migreurop réclame que cet élan de solidarité et d’accueil soit étendu à toutes les personnes quelles que soient l’origine, la nationalité, la couleur de la peau, la classe, etc.

Seule la liberté de circuler de toutes et tous pourrait enfin mettre un terme à l’apartheid global imposé à travers les frontières.

Posted in General | Comments Off on Accueil sélectif aux frontières européennes : du racisme des politiques migratoires