Cantine sans frontières – samedi 28 octobre à Alès

La prochaine Cantine Sans Frontière aura lieu Samedi 28 octobre dès 12h30 à La Rétive.

Cette initiative est proposée afin d’apporter une aide financière à différentes familles sans papiers hébergées aux alentours d’Alès. Elle vise également à développer des liens entre les exilés et leurs différents soutiens afin de renforcer un réseau d’entraide.

La solidarité s’exprime dans un ensemble de pratiques comme les mutuelles, trouver un logement, dépanner une machine à laver, se mobiliser pour empêcher des expulsions, organiser des cantines de soutien, etc. Pour éviter de centraliser et d’institutionnaliser la solidarité, nous encourageons à diffuser et multiplier ces pratiques.

Cette cantine est organisée avec les personnes concernées et l’intégralité de l’argent récolté (le repas est à prix libre) leur sera reversée.

Au menu ce samedi, repas Algérien !

Salade composée
Tajine au poulet et aux olives (et version végétarienne)
Gâteaux maisons

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APPEL MARCHE EN ARABE / 29 OCT. PRAHDA

A toutes fins utiles veuillez trouver ci-dessous et ici l’appel (informations + revendications) pour la marche STOP DUBLIN, STOP EXPULSIONS ! du dimanche 29 octobre EN LANGUE ARABE :

– pour diffusion aux exilé.es arabophones de tout le sud-est et au-delà,

– pour distribution sous forme de flyer devant les préfectures, bureaux OFII, PADA, etc.

Et tout ce que vous saurez imaginer.

مسيرة كبيرة

ضد دبلن ! ضد التردات !

حق اللجوء للكل !

يوم الاحد 29/10

ندى من ألمعزولن ألمتجمعين في مراكز البرادا في فيترول و جمنس

الساعة 9:30 الانطلاق من فيترول 

أمام الفندق فرمول 1  (2 Draille des Tribales, aéroport MP2) مطار 2

  

الساعة 15:00 مرسيليا إنطلاق ألمضاهرة 

أمام محطة الميترو بوغينفيل(Bougainville

 

الحكومة تشدد القمع ضد المهاجرون :

قنون دبلن : منذ اشهرة عديدة الحكومة توقف تسجيل طلبات اللجوء!

يتم بكل خفية في مراكز التسكين” :

فرز المهاجرين، إفتراد و تسريع الطردات

برادا = حبس

كل هذا في مراكز البرادا والمراكز الاخرين

تجمعوا المهاجرون ضد أجهزة القمع الجديدة :

ضد دبلن و نصف حق اللجوء !

ضد مراكز الانفراد والاحتباس !

ضد الطرد و التحويل الاجباري !

ضد الحدود الأتي تغلق في وجوهنا!

ضد ألعنصرية ألدولية و عالمها !

ألتحقو بنا في هذه المسيرة !

أقصى تضامن

بدعم :

جمعية المنبع، التنسيق الاقليمي فالجنوب الغربي للجمعيات ضد الحدود

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Grande marche contre les Pradha !

Alors que des repas solidaires ont été partagés dans les Prahda de Géménos et Villeneuve-les-Maguelonne dimanche dernier afin de s’organiser ensemble et de dénoncer la politique répressive mise en place à travers ces centres de tri, une marche de protestation à l’appel des exilés de Géménos et Vitrolles aura lieu dimanche 29 octobre prochain. Solidarité maximale !

Nous transmettons l’appel ci-dessous :

GRANDE MARCHE RÉGIONALE
STOP DUBLIN ! STOP EXPULSIONS !
DROIT D’ASILE POUR TOUS ET TOUTES !

Dimanche 29 octobre

A l’appel des exilé.es regroupé.es dans les PRAHDA de Vitrolles et Gémenos

9h30 : départ de Vitrolles
Devant l’hôtel Formule 1 (2 Draille des Tribales, aéroport MP2)

15h : Marseille – départ en manifestation
Devant la station de métro Bougainville (terminus M2)

L’état accentue la répression contre les étrangers-ères :
Depuis plusieurs mois, l’Etat bloque l’enregistrement des demandes d’asile !

Depuis plusieurs mois, les préfectures françaises systématisent les procédures Dublin à l’encontre des nouveaux arrivants : sous prétexte qu’ils aient parcouru d’autres pays européens avant d’arriver en France, elles refusent l’enregistrement de leur demande d’asile et programment leur expulsion vers les pays d’entrée en Europe (Italie, Grèce, Bulgarie), à qui elles délèguent l’examen de la demande d’asile. Or, non seulement les procédures d’asile ne sont plus garanties en Italie, en Grèce ou en Bulgarie pour les personnes qui y sont expulsées, mais ces pays expulsent à tour de bras vers les pays d’origine, au Soudan, Tchad, Niger, Guinée… Cette politique a pour objectif d’empêcher l’accès à l’asile pour l’écrasante majorité des populations migrantes en France et est un signal négatif lancé aux nouveaux réfugié.es d’Afrique et d’Asie qui tenteraient de rejoindre l’Europe.

Dans le huis-clos des « centres d’hébergement » de l’État :
Tri des étrangers-ères, isolement et accélération des expulsions !

Comme ailleurs en Europe, les expérimentations de centres se multiplient et il ne s’agit plus seulement pour l’État d’assumer ses obligations d’hébergement d’urgence des réfugié.es. Cet été, 62 nouveaux centres ont essaimé à travers la France sous l’acronyme PRAHDA (Programme d’Accueil et d’Hébergement des Demandeurs d’Asile), dans des hôtels Formule 1 donnés en gestion à l’association ADOMA (ancienne Sonacotra). Expulsés de Paris et Calais, mais accueillis depuis des mois par les habitants des villes et des villages de notre région, des centaines d’exilé.es marqués d’une procédure « Dublin » se sont vus brutalement transférés dans ces centres à Gémenos, Vitrolles et Villeneuve les Maguelone… dans l’attente de leur expulsion ! Loin de tout contact avec la population, sur des sites « idéalement » situés à proximité du tarmac ou de la prison (celle de Villeneuve les Maguelone, à Montpellier), les premières expulsions ont très vite eu lieu. Avec ces 62 antichambres de la politique de refoulement de l’État, c’est l’ensemble du mécanisme d’expulsion des « dubliné.es » qui s’accélère en France !

PRAHDA = PRISON

Les techniques de surveillance et de pression sur les occupants confirment le caractère répressif du PRAHDA. La police est systématiquement présente. Les résident.es assignés à résidence. Les travailleurs sociaux prennent le rôle de matons, agitent la menace d’un règlement intérieur particulièrement répressif et signalent à la préfecture tout écart. Les sanctions contre celles et ceux qui résistent sont le placement administratif « en fuite », qui permet à la préfecture de sortir qui elle veut et arbitrairement du droit d’asile et d’irrégulariser durablement sa situation en France. Conçu comme une alternative à la rétention, ce dispositif pervers n’a rien à lui envier : il vise l’efficacité des expulsions « volontaires » en agitant la menace de la clandestinité et de la privation des droits qu’elle signifie. Les « dubliné.es » sont d’ailleurs invités à se rendre à l’aéroport par leurs propres moyens ! Refus d’accès aux soins et aux droits à l’interprétariat, ouverture systématiquement des courriers administratifs des résidents par une directrice locale, sont des pratiques courantes qui rappellent la taule !

Dans les PRAHDA, mais pas que…

Les exilé.es se mobilisent contre ces nouveaux dispositifs de répression à leur encontre :

– Contre DUBLIN et le torpillage du droit d’asile !

– Contre les centres d’isolement et de rétention !

– Contre les expulsions et les transferts forcés !

– Contre les frontières qu’on nous ferme aux visages !

– Contre le racisme d’Etat et son monde !


REJOIGNEZ LA MARCHE !

SOLIDARITE MAXIMALE !

 Avec le soutien de :
Collectif Al Manba / Soutien migrant.es 13
Coordination régionale sud-est des collectifs contre les frontières

Prahda de Géménos – 15 octobre 2017

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Campagne nationale contre l’accord UE-Turquie et les hotspots avant l’arrivée de l’hiver en Grèce

Depuis l’entrée en vigueur de l’accord UE-Turquie le 20 mars 2016, des milliers de réfugiés ont été pris au piège dans les îles grecques. Certains d’entre eux connaîtront bientôt leur deuxième hiver sur les îles, attendant l’examen de leurs demandes d’asile ou leur déportation vers la Turquie.

L’hiver dernier, dans le camp européen de Moria à Lesvos, six personnes sont mortes. Personne n’a pris la responsabilité de leur mort. Cet hiver, les personnes à la recherche d’une protection et d’une vie décente seront de nouveau obligées de dormir sur le sol dans de petites tentes et derrière des barbelés. Compte tenu des circonstances, il semble probable que davantage de décès auront lieu.

Les initiatives de base et les petites organisations des îles grecques et du continent ont uni leurs forces, soutenues par des groupes de solidarité internationale réunis pour mener la campagne « Open the Islands – No more dead from cold » demandant à l’Union européenne et au gouvernement grec de mettre un terme à la restriction des déplacements vers les îles et de laisser enfin les gens se mettre en sécurité. Nous proposons ici une traduction de cet appel.

DÉCLARATION CONJOINTE: « OPEN THE ISLANDS – NO MORE DEAD FROM COLD »

Les groupes et organisations de solidarité demandent une action urgente à l’approche de l’hiver pour les réfugiés et migrants en Grèce.

Plus de 80 groupes et organisations de solidarité actifs sur les îles grecques et sur le continent réclament une action urgente de la part des autorités locales et nationales grecques pour empêcher que de nouveaux réfugiés ne meurent dans le froid à l’approche de l’hiver.

Les îles et les villes grecques se sont réveillées le jeudi 12 octobre pour retrouver leurs quartiers recouverts d’affiches avec l’image emblématique du camp Moria à Lesbos, couvert de neige l’hiver dernier, tandis que le collectif a lancé une campagne sur les réseaux sociaux avec le hashtag #opentheislands.

Six personnes qui cherchaient refuge et protection en Europe sont mortes à Moria l’hiver dernier, leur mort étant liée à des conditions de vie hivernales inhumaines. Leurs familles attendent toujours les réponses des autorités sur les raisons pour lesquelles leurs proches sont décédés, et sur les responsables qui ont des comptes à rendre. Le dimanche 8 octobre dernier, une fillette syrienne de cinq ans est morte à Moria. La cause de la mort est encore inconnue.

Le collectif de groupes et d’organisations de solidarité exprime son choc et son indignation face à la situation actuelle dans les îles à l’approche de l’hiver. Environ 5000 personnes vivent actuellement dans le camp de Moria, qui a une capacité d’environ 2000 personnes, et où sont retenus des femmes enceintes, de nombreux enfants, y compris des mineurs non accompagnés et des survivants de tortures et autres traumatismes. Beaucoup vivent maintenant dans des tentes terriblement inadéquates et doivent dormir par terre sur de minces nattes ou couvertures. De même, les autres hotspots grecs – à Samos, Chios, Kos et Leros – sont surpeuplés et laissent 8 000 demandeurs d’asile sans abri. Les hotspots sont actuellement inhabitables et à ce jour un plan clair pour empêcher les tragédies de l’hiver dernier de se répéter n’a pas encore été réalisé.

Un réfugié forcé de rester dans le camp de Moria rapporte les conditions :

“Vivre dans la Moria nous rend tous malades. Le matin, vous vous réveillez dans une tente ou un conteneur à l’étroit entre d’autres personnes. L’odeur est dégoûtante et je déteste ne pas pouvoir me laver correctement. En hiver, il gèle. Tout est trempé. Lorsque vous vous réveillez, vous ne pouvez pas bouger vos membres. Et vous êtes couvert de cendres. L’hiver dernier, nous avons brûlé du papier et du plastique pour rester au chaud. C’est comme si nous n’étions pas des êtres humains.”

Le collectif souligne que la situation actuelle n’est pas causée par le début de l’hiver ou par une augmentation soudaine des arrivées. C’est le résultat direct de l’accord UE-Turquie et des politiques d’asile et d’immigration de l’UE. Ces politiques obligent les gens à rester sur les îles pendant de longues périodes, empêchent les gens d’atteindre l’Europe et empêchent les personnes admissibles à une réinstallation et au regroupement familial de se rendre dans d’autres pays dans un délai raisonnable.

Tout le monde sait que l’hiver arrive. 700 millions d’euros ont été mis à la disposition des autorités grecques pour gérer la situation. En tant que collectif, nous voulons savoir comment et où cet argent est dépensé. Nous demandons aussi expressément que les différents acteurs concernés du gouvernement grec, au niveau national et local, assument et communiquent clairement leurs responsabilités. Ils doivent ensuite être tenus responsables de ce qui arrivera aux réfugiés et aux migrants cet hiver en Grèce. La pratique continue d’esquiver le blâme et la responsabilité pour la violation systématique des droits des réfugiés dans les hotspots grecs est inacceptable et doit cesser. C’est le rôle du premier ministre de veiller à ce que tous les paliers de gouvernement fonctionnent et soient tenus responsables. Nous appelons le Premier ministre Alexis Tsipras à clarifier les responsabilités des différents acteurs tant au niveau local que national et à présenter un plan pour l’hiver.

De même, nous condamnons tous les gouvernements européens qui ont créé l’accord UE-Turquie et qui ont fait pression sur la Grèce pour qu’elle mette ce plan en œuvre, par l’intermédiaire de la Commission européenne et d’autres biais. Cette accord privilégie le maintien de la Forteresse Europe avant toute chose, piétinant les droits humains internationaux. Tous les gouvernements européens partagent la responsabilité des violations des droits de l’homme subies par les réfugiés en Grèce aujourd’hui, pour les décès qui ont déjà eu lieu, pour ceux qui pourraient arriver cet hiver.

C’est avec un grand intérêt que nous avons pris connaissance des différentes déclarations du HCR (Haut commissariat aux réfugiés), des municipalités et du personnel du RIC (Centre de réception et d’identification), sonnant l’alarme sur la situation actuelle dans les îles grecques. Mais sans action, ces déclarations restent vides. Nous avons besoin de solutions et d’actions immédiates de la part de tous les acteurs responsables, y compris le HCR, dont le mandat est de fournir une protection internationale et de rechercher des solutions permanentes aux problèmes rencontrés par les réfugiés.

Camp de Moria – janvier 2017

Camp de Moria – janvier 2017


Nous appelons le Premier ministre Alexis Tsipras à :
  • clarifier les responsabilités des différents acteurs au niveau local et national et présenter un plan pour l’hiver.

Nous appelons le gouvernement grec, au niveau local et national, à :
  • Fermer les hotspots et décongestionner les îles grecques en mettant fin aux restrictions imposées à la liberté de circulation des demandeurs d’asile et en leur assurant un accueil adéquat sur le continent en dehors du régime de détention.
  • Entre-temps, fournir un abri adapté et hivernal aux réfugiés qui séjournent dans des camps à travers la Grèce.
  • Arrêter de renvoyer les demandeurs d’asile vers la Turquie dans le cadre de l’accord UE-Turquie, car ils ne peuvent pas accéder pleinement à leur droit de demander une protection internationale en Turquie. Par conséquent, la Turquie ne peut être considérée comme un «pays tiers sûr» ou un «premier pays d’asile sûr».
  • Examiner toutes les demandes d’asile sur le fond dans le cadre d’un processus d’asile complet et équitable assorti de toutes les garanties procédurales et substantielles.
  • Arrêter la détention arbitraire. Mettre un terme à la pratique actuelle de la détention généralisée des demandeurs d’asile fondée sur la nationalité dans l’intention de les renvoyer en Turquie. Les enfants ne doivent jamais être détenus.
  • Assurer l’accès aux soins médicaux (y compris les soins de santé mentale) et à l’aide juridique pour les demandeurs d’asile.

Nous appelons la Commission européenne à :
  • Réviser les recommandations formulées dans les rapports trimestriels et les plans d’action communs et supprimer les recommandations visant à renforcer les forces de sécurité et les centres de détention pour les personnes cherchant à obtenir une protection dans l’Union européenne.
  • Supprimer les recommandations visant à légaliser la détention des mineurs, comme indiqué dans le rapport de la Commission européenne du 7 mars 2017, étant donné que la détention de mineurs viole les droits des enfants.
  • Supprimer les recommandations visant à limiter le nombre d’étapes de recours et à inclure les demandeurs d’asile vulnérables ainsi que ceux qui ont des liens familiaux dans l’UE dans le cadre de l’accord UE-Turquie.

Nous appelons les États membres de l’Union européenne à :
  • Mettre fin à tous les retours de réfugiés et de demandeurs d’asile en Grèce en provenance d’autres États européens en vertu du règlement UE 604/2013 (Dublin III), en raison des conditions inhumaines en Grèce.
  • Augmenter le nombre de places de réinstallation disponibles en permettant l’accès au régime aux personnes arrivées après la conclusion de l’accord UE-Turquie et répondre rapidement aux demandes de réinstallation afin de garantir que les conditions minimales d’accueil pour préserver la dignité humaine soient respectées, comme requis par la Directive UE 2013/33 / UE.
  • Accélérer la réunification de Dublin III des familles, dont beaucoup ont été séparés de force par la guerre et la persécution et attendent des années pour être réunies.
  • Annuler l’accord inhumain entre l’UE et la Turquie!

Le site de la campagne : opentheislands.wordpress.com

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Situation des migrants et réfugiés réadmis de la Grèce vers la Turquie

Informations reprises et traduites à partir du site Harek(et)act.

L’université d’Amsterdam a publié un rapport de recherche sur les migrants et réfugiés réadmis de Grèce en Turquie. Alors que de nombreux documents ont été diffusés sur la situation en Grèce depuis la signature du fameux accord UE-Turquie, on ne sait que peu de choses sur les conditions des personnes réadmises en Turquie.

Le rapport est basé sur des études de terrain et de bureau réalisées entre décembre 2016 et mars 2017 et identifie plusieurs questions relatives aux droits de l’homme en Turquie pour les personnes réadmises depuis la Grèce. Il montre notamment l’écart entre la législation turque (prévoyant un double système de protection avec la protection temporaire pour les Syriens et la protection internationale pour d’autres nationalités) et la situation dans la pratique, telle qu’identifiée par des avocats et des praticiens d’ONG travaillant avec des migrants et des réfugiés réadmis en Turquie. Voici ci-dessous un résumé des principales conclusions du rapport.

Situation des migrants réadmis non syriens

Détention : Les ressortissants non syriens réadmis ont été transférés au centre de retrait de Pehlivanköy de la ville de Kırıkkale jusqu’en mai 2017, puis à partir de cette date au centre de Kayseri. Dans ces centres, les personnes sont gardées dans des cellules et ne sont pas autorisées à communiquer avec leurs familles et avocats. L’accès aux représentants du HCR (haut commissariat aux réfugiés) a souvent été refusé. Ils sont enfermés dans leurs cellules avec des temps de sorties en plein air très faibles : un total de 20 à 30 minutes par jour. En outre, les mineurs non accompagnés sont logés avec des adultes ou des familles dans ces cellules. Bien qu’il existe des installations telles qu’une salle internet, une bibliothèque, un salon de coiffure et une salle de sport, les détenus ne sont pas autorisés à utiliser ces installations. Les personnes sont gardées dans ces centres de retrait pendant un à deux mois, parfois plus, jusqu’à ce qu’ils soient expulsés vers les pays tiers ou leur pays d’origine.

Accès à l’asile : Les migrants et réfugiés réadmis ne sont pas informés de leur situation et de leurs droits et se voient souvent refuser l’accès aux représentants du HCR et aux ONG ainsi qu’à leurs avocats qui pourraient les informer de leurs droits. De plus, le personnel des centres de retrait fournit régulièrement des informations erronées aux détenus ; leur conseillant de ne pas solliciter une protection internationale car cela augmenterait leur séjour dans le centre ou qu’ils ne seraient pas autorisés à demander une protection internationale en Turquie parce qu’ils auraient été réadmis depuis la Grèce. Les personnes sont obligées de signer des documents dont ils ne connaissent pas le contenu et qui sont rédigés dans une langue différente de la leur.

Le rapport a révélé que la demande d’asile ou de protection internationale au sein de ces centres de retrait est pratiquement impossible. Les migrants ne sont pas autorisés à avoir un stylo ou du papier, leurs demandes verbales de déposer une demande de protection internationale sont ignorées par les fonctionnaires et les avocats ne sont pas autorisés à voir leurs clients ou leurs dossiers. Le dernier rapport de la Commission européenne indique que 1 798 migrants non syriens ont été réadmis entre avril 2016 et juin 2017 et que seulement 56 d’entre eux ont pu demander une protection internationale en Turquie. Selon un avocat turc, demander une protection internationale à partir d’un centre d’évacuation est « une pure question de chance ». La seule possibilité pour les migrants et réfugiés réadmis de demander une protection internationale est l’intervention d’un tiers : un avocat ou une ONG. Mais même dans ce cas, ceux-ci ne réussissent pas forcement à déposer les demandes de leurs clients en raison de nombreux obstacles arbitraires, notamment le refus de la part des fonctionnaires d’examiner celles-ci.

Situation des réfugiés syriens

Entre avril 2016 et juin 2017, 178 ressortissants syriens ont été réadmis de Grèce en Turquie dans le cadre de la déclaration UE-Turquie. Les Syriens réintégrés ont été transférés au camp d’hébergement temporaire de Düziçi dans la ville d’Osmaniye et au camp d’Islahiye 2 dans la ville de Gaziantep, en attendant la décision de l’administration sur leur statut de protection.

Selon plusieurs rapports indépendants et des avocats interrogés lors des recherches sur le terrain, le camp de Düziçi est en pratique un centre de détention. Les ressortissants syriens dans ce camp ne sont pas autorisés à le quitter, sont gardés dans des cellules fermées à clé et ont des possibilités de communication et un accès au monde extérieur très limités.

Selon les recherches, ce camp est en fait un centre de détention, sans aucune base légale conforme à la législation turque. Les Syriens réintégrés restent dans ce camp environ trois à quatre semaines.

Enfin, en ce qui concerne les conditions de vie générales des réfugiés syriens réadmis en Turquie, l’étude montre qu’environ 10% des réfugiés syriens vivent dans des camps d’hébergement temporaire, alors que la grande majorité vit dans des zones urbaines du pays. L’accès au marché du travail serait également limité dans la pratique, en dépit de la législation turque autorisant les bénéficiaires d’une protection temporaire à demander un permis de travail après six mois d’enregistrement. Près de 400 000 personnes travailleraient ainsi de manière clandestine.

Grève de travailleurs Syriens accompagnés de leur collègues Turcs revendiquant les mêmes rémunérations et un traitement équitable. Adana – octobre 2017

Le 22 septembre 2017, le Conseil d’État grec, la plus haute juridiction administrative du pays, a rendu deux arrêts concernant des ressortissants syriens dont les demandes ont été rejetées. Les décisions auront des conséquences importantes sur tous les éléments principaux de la procédure d’asile grecque et la Turquie sera considérée comme un pays tiers sûr. Ces décisions ont notamment confirmé la légalité de la procédure accélérée dans les îles permettant d’examiner la recevabilité des demandes de protection sur la forme et de renvoyer les demandeurs dans un pays de provenance si celui-ci considéré comme sûr. Dans le même temps, le Conseil d’État a démenti le droit des requérants à être entendus dans les procédures de recours (plus d’infos ici).

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Veynes les 14-15 octobre : Portes Ouvertes au CHUM

Nous retransmettons ci-dessous l’appel du CHUM, lieu réquisitionné pour l’accueil des mineurs laissés à la rue par la Conseil départemental des Hautes-Alpes. (voir l’appel d’ouverture du lieu ici)

Depuis plus d’un mois déjà, le Centre d’Hébergement d’Urgence pour Mineurs exilés (CHUM) a été ouvert à Veynes dans un bâtiment public (abandonné depuis une dizaine d’années), qui a été activement rénové et meublé par des dizaines de personnes solidaires de la vallée du Buëch et au delà.

Plusieurs dizaines de jeunes mineurs ont déjà été accueillis, nourris et logés au CHUM, du fait de leur non prise en charge (obligatoire pourtant !) par le Département des Hautes-Alpes, qui préfère utiliser son argent (qui est le notre en fait !) pour les stations de ski et des courses cyclistes et automobiles plutôt que de faire preuve d’un minimum d’humanité en accueillant décemment ces jeunes migrants qui ont traversé les pires galères pour demander un refuge ici.

Aujourd’hui, n’en déplaise au maire de Veynes, René Moreau (qui a quand même essayé de nous couper l’électricité la 1ère semaine, merci pour l’accueil !), le CHUM est un lieu d’accueil parfaitement décent et confortable pour les mineurs exilés, qui se retrouveraient à la rue sans cette solution solidaire et auto-gérée. Et les habitant-e-s de Veynes et de la vallée ont répondu au rendez-vous pour les travaux, l’accompagnement administratif et juridique des jeunes, les cours de français, des activités diverses et variées…

Élargissons cet élan solidaire à l’occasion des portes-ouvertes du CHUM les 14 et 15 octobre prochains !

C’est l’occasion de se rencontrer, expliquer le fonctionnement de la maison d’accueil et les possibilités d’implications volontaires, discuter de la situation des migrations et de la responsabilité géopolitique de la fRance, partager un bon repas multi-culturel, faire la fête…

Une petite idée du programme (voir aussi affiche) :

  • Ouverture des portes le samedi et le dimanche à partir de 14h / Visites guidées de la maison en continu / Chantier enduits et déco
  • Samedi après-midi : pétanque, mölky, palet… jeux quoi !
  • Samedi 18h : Discussions sur les migrations et la situation haute-alpine
  • Samedi 20h : Repas partagé de spécialités africaines
  • Samedi 21h-23h : Boeuf musical, appel à tous les musicien-ne-s motivé-e-s !
  • Dimanche après-midi : tournoi de foot sans frontières / Projections de films pour petits et grands

Venez nombreux-ses et faites tourner l’info ! La solidarité n’a pas de frontières !

Les Chum’minot-tes, habitant-e-s solidaires des Alpes-du-Sud

La “maison des chefs de gare” est située au 23 avenue des Martyrs à Veynes (rond point direction Grenoble, 300m à gauche)

Contacts : 

07 58 43 01 00

chum-veynes@riseup.net

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Face au « piège Dublin » et à la mort programmée de l’asile en Europe

Nous diffusons ci-dessous un texte écrit dans le cadre de la coordination des collectifs sud-est et de la campagne contre Dublin et toutes les expulsions. 

L’arrivée massive depuis 2015 de personnes fuyant les conflits a permis une accélération fulgurante des politiques répressives déjà entamées par les précédents gouvernements en matière d’immigration. Les orientations récentes élaborées pour résoudre cette « crise migratoire » vont toutes dans le même sens : renforcer le contrôle des frontières et restreindre les possibilités de résider légalement en Europe. Moins d’accueil pour plus d’expulsions !

Une politique de rejet délibérée

La soi-disante volonté politique de résoudre ce « drame humanitaire » est mise à mal dans les faits, car si le désastre engendré par les guerres et la misère économique trouvent des causes diverses et souvent complexes, celui qui a lieu au sein de l’Europe est bien la conséquence directe de choix privilégiant le rejet à l’accueil. Nous pouvons ainsi rapidement prendre pour exemples :

– les accords signés avec la Turquie en mars 2016 directement responsables du maintien forcé de près de 15 000 personnes sur les îles grecques et par répercussion en Turquie et dans d’autres pays[1] ; et le rapport d’étape du 6 septembre 2017 préconisant l’augmentation des capacités de détention et des mesures de fichages en même temps que la limitation des possibilités de recours juridiques[2],

– la procédure de relocalisation des personnes bloquées en Grèce et en Italie se terminant le 26 septembre 2017 qui n’a permis en deux ans qu’à environ 29 000 personnes sur les 160 000 initialement annoncées de déposer une demande d’asile dans un pays européen moins surchargé, de nombreux états refusant cette prise en charge[3],

– l’adoption le 28 juillet 2017 d’un programme destiné à renforcer les capacités de contrôle des autorités libyennes en matière de migration et ayant pour effet de laisser aux milices locales le soin de refouler et de torturer les candidats au passage[4] ; ainsi que la mise au ban des organisations de sauvetage en méditerranée cet été[5],

– le projet souhaité par les chefs de gouvernement de l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne, réunis le 28 août 2017, de créer des centres de tri directement dans les pays de provenance et faisant miroiter la possibilité pourtant illusoire d’accéder légalement à partir de ces centres en Europe[6],

– le projet émis par la commission européenne le 27 septembre 2017 prévoyant le renforcement de la durée légale des contrôles au sein de l’espace Schengen pour une durée allant jusqu’à trois ans[7], ainsi qu’une intensification des efforts pour effectuer le retour dans leur pays de 1,5 millions de personnes dans un futur proche[8],

– le projet de loi sur la sécurité intérieure française adopté le 3 octobre 2017 par l’assemblée nationale qui permettra des contrôles d’identités sans motif (légalisation des contrôles au faciès), leur élargissement « aux abords » de 373 gares, ports et aéroports, ainsi que dans un rayon de 20 km autour des 118 points de passages frontaliers[9].

– le projet de loi sur l’immigration qui sera présenté le 12 octobre 2017 par le gouvernement français qui prévoit notamment un doublement de la durée de rétention administrative (soit 90 jours) et une hausse des expulsions dans les pays européens où un premier enregistrement des personnes a été effectué (règlement Dublin)[10].

La prolifération des barrières matérielles et la militarisation des frontières, l’accroissement des capacités d’enfermement et la criminalisation des sans papiers, ainsi que le durcissement des procédures légales sont les mesures bien réelles adoptées au sein de chaque état de l’Union européenne[11].

Le « piège Dublin »

En plus de cela, le mécanisme de tri et de renvoi est complété par l’application du règlement Dublin conçu pour empêcher les personnes de demander l’asile dans le pays de leur choix et pour les contraindre à le faire dans ceux où leur expulsion sera facilitée. C’est par exemple le cas de la Norvège ou de la Suède qui renvoient les personnes de nationalité Afghane dans leur pays ou celui de l’Italie vers le Soudan. Ce règlement, qui sera certainement durci dans sa quatrième version[12], est l’un des principaux obstacles juridiques rencontré actuellement par les demandeurs d’asile.

En effet, toute personne passant par les hotspots de Grèce et d’Italie est dorénavant systématiquement fichée et les dispositifs de renvoi sont maintenant pleinement fonctionnels. C’est le cas en France avec la mise en place d’un système de « camps en cascades » permettant de contourner le droit commun. Au lieu d’une procédure « habituelle », c’est un dispositif d’urgence expéditif qui prend le relai. Les personnes présentes dans les camps à Paris sont placées dans les CAO (Centre d’accueil et d’orientation) en province, puis transférées dans les PRAHDA (Programme d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile) pour être finalement conduites dans les aéroports… Chaque étape mène à une restriction des droits et des possibilités d’y faire face, chaque étape concrétise un peu plus le passage de l’accueil vers celui de la détention.

La problématique des renvois en Italie qui concernent une majorité de personnes est aujourd’hui de plus en plus accrue, avec notamment : la remise à l’aéroport d’une interdiction de territoire Schengen très contraignante, les renvois dans les camps du sud du pays où il est de plus en plus difficile d’en sortir, une détérioration constante de la prise en charge liée à des procédures plus strictes et des moyens insuffisants. L’annonce de l’ouverture d’une quinzaine de nouveaux centres de rétention (Centres de permanence pour le rapatriement) dans ce pays ne peut que présager une augmentation des expulsions aux dépens des régularisations.

Face à cette politique de rejet, il est urgent de s’organiser à l’intérieur et à l’extérieur de ces centres de tri et de ces camps qui ne laissent le choix qu’entre l’expulsion ou la clandestinité. Des luttes doivent être menées conjointement afin de créer un rapport de force conséquent et d’affirmer notre opposition à toute violation de la liberté de circulation.

 STOP DUBLIN ! STOP EXPULSIONS !

 

 

[1] http://www.gisti.org/spip.php?article5739

[2] http://www.statewatch.org/news/2017/sep/eu-com-15th-report-and-pf.htm

[3] http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/09/26/migrants-relocalises-en-europe-quels-pays-ont-tenu-leurs-engagements_5191777_4355770.html

[4] http://europa.eu/rapid/press-release_IP-17-2187_fr.htm

[5] http://www.migreurop.org/article2827.html

[6] http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/08/28/crise-migratoire-sommet-de-dirigeants-africains-et-europeens-a-paris_5177398_3214.html

[7] http://europa.eu/rapid/press-release_IP-17-3407_fr.htm

[8] http://europa.eu/rapid/press-release_IP-17-3406_fr.htm

[9] http://www.lacimade.org/etat-durgence-permanent-controles-facies-partout/

[10] http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2017/09/28/une-loi-envisage-d-allonger-la-retention-des-etrangers-a-90-jours_5192575_1654200.html

[11] https://cevennessansfrontieres.noblogs.org/post/2017/05/16/sur-la-situation-engendree-par-les-politiques-migratoires-aux-portes-de-leurope/

[12] https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2016/11/11/en-route-vers-dublin-iv/

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Journée de soutien au collectif Haut-Var Solidarité

Le collectif Haut-Var Solidarité organise une journée de soutien afin qu’il puisse continuer ses activités de soutien aux personnes migrantes présentes là bas.

La journée se tiendra à l’ancienne usine Brest à Salernes le dimanche 15 octobre de 10h à 21h, avec marché paysan, débats, projections, infokiosque, pizzas et autres tambouilles à prix libre et conceret de la compagnie KTA. Celles et ceux qui veulent passer un week end au vert sont les bienvenu-e-s!

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Communiqué des camarades grecs sur la situation récente à Lesbos

Nous publions ici la traduction qui nous a été transmise d’un article rédigé par le collectif grec Musaferat concernant la situation à Lesbos cet été. Nous apportons quelques nouvelles complémentaires en bas de page.

L’île de Lesbos est encore le principal point d’arrivée des migrants venant de la côte turque. Le nombre peut être inférieur aux deux années précédentes, mais 3917 personnes sont arrivées à Lesbos en 2017, jusqu’au 21 août. Contrairement à la rhétorique raciste dominante qui parle de «migrants économiques», plus de 60% proviennent des pays déchirés par la guerre au Moyen-Orient et en Afghanistan, dont 1/3 sont des enfants. Au cours du dernier mois, on a observé qu’aucune autre île n’est utilisée comme point d’arrivée, comme Chios et Kos, mais que les réseaux dirigent la grande majorité des migrants vers Lesbos. Cette condition se nourrit de plus en plus intensément dans les contradictions de la communauté locale. Avec une grande partie de l’économie locale, en particulier de la ville de Mytilène, dépendant directement de la mise en œuvre des politiques anti-migration, et une autre partie essayant de souligner cette condition comme point de dévaluation d’autres domaines. Cela conduit à un conflit d’intérêts, où chaque côté use de toute l’influence qu’ils ont pour exercer une pression politique. Mais puisque aucun des deux côtés n’est contradictoire avec l’essence même des politiques anti-migration, la question qui reste est de savoir comment ces dernières seront perpétuées, avec le moindre coût possible.

La situation dans le centre de détention de Moria

Depuis quelque temps, les forces de police locales et importées ont décidé de dissuader les migrants de rester au centre-ville, surtout la nuit, et ont tenté de les évacuer avec un processus d’intimidation. Des patrouilles intensifiées avec des contrôles constants, des arrestations et des charges ont changé l’image du centre-ville de façon dramatique. Les migrants ont été forcés, pour la plupart, à rejoindre le centre de détention de Moria et le camp public de Kara Tepe, pour ne visiter la ville que pour les besoins les plus essentiels.

Après les interventions qui ont eu lieu au printemps, ce qui a augmenté la capacité d’accueil du centre, la plupart des tentes ont été retirées du centre de détention de Moria et les migrants ont été transférés dans d’autres endroits ou ont étés introduits dans les nouveaux conteneurs qui y ont été apportés. Les migrants qui restent dans le centre de détention sont : a) les nouveaux arrivants, b) les personnes sans statut de «vulnérabilité», c) les mineurs non accompagnés qui n’ont pas été transférés dans l’une des maisons pour mineurs et d) les détenus du centre de détention avant transfert (PROKEKA), qui est également situé au centre. Selon leurs plaintes, les conditions de détention sont toujours horribles. La vie au milieu des brutalités policières et arbitraires, alors qu’il y a des plaintes continuelles sur les repas qu’ils donnent, ainsi que pour l’insalubrité du centre, où plus de 3 000 personnes sont forcées d’y vivre.

Parmi les plaintes, comme l’ont révélé les derniers rapports de Human Rights Watch et Médecins Sans Frontières (MSF) qui ont accès à cet endroit, il y a beaucoup de mineurs non accompagnés et d’autres groupes vulnérables, sans aucune protection. De plus, depuis mai 2017, même dans les situations où ils bénéficient du statut de «vulnérabilité» à partir de l’enregistrement, ils sont forcés de rester sur l’île jusqu’à leur première entrevue, au lieu d’être autorisés à aller sur Athènes comme ils l’étaient par le passé.

Centre de détention de Moria

Une autre zone ou l’on note de sérieux problèmes est le service de santé au sein même du centre de détention. Depuis la fin du mois de mai, date de la fin du contrat entre le ministère de la Santé et Médecins du Monde (MDM) jusqu’à ce que le service de santé soit occupé par le Centre de contrôle et de prévention des maladies (KEELPNO), le contrôle et le suivi de la santé des migrants dans le centre de détention sont entrepris par les ONG ERCI et la Croix-Rouge grecque, avec peu de personnel.

Pire que tout, cependant, le stress des migrants est dû au traitement extrêmement lent de leurs demandes d’asile, ainsi qu’aux décisions négatives qui sont émises en masse. À cela devrait être ajouté le soutien juridique légal déplorable dont la plupart d’entre eux bénéficient. Après la fin du contrat entre une ONG bien connue et le HCR, pour les dispositions prévues, seuls quelques conseillers juridiques restent au centre afin de satisfaire les demandes. Il en résulte que la plupart des migrants ne sont pas suffisamment informés sur leurs droits relatifs aux processus de demande d’asile ou, pire, relatifs à l’attrait des refus, alors qu’ils sont également exposés aux processus punitifs prévus dans le cadre juridique. L’attente à long terme, beaucoup d’entre eux sont sur l’île depuis plus d’un an maintenant, l’incertitude quant à ce qui va suivre et l’épuisement psychologique, physique et financier créent une situation étouffante. Les conditions dans le centre de détention sont tout sauf sûres pour la plupart des migrants. Le centre montre des signes clairs de ghettoïsation, toujours avec les plus faibles pour victimes.

Organisation et résistance des migrants

Dans cette situation, les migrants ont essayé de diverses manières d’organiser et de résister aux conditions qui leur ont été imposées. Les ailes du centre de détention ont été réparties principalement en fonction du lieu d’origine et de la langue parlée, ce qui intensifie le sentiment des micro-communautés en leur sein. Depuis l’hiver, les «leaders communautaires» ont été sélectionnés au sein de presque toutes les communautés, avec le devoir d’agir comme médiateurs entre leurs membres et les autorités. Les communautés ne sont jamais à court de tensions, car les autorités choisissent d’accorder la priorité à l’examen des demandes d’asile des personnes venant de pays avec une plus grande probabilité d’obtenir un statut de protection, en plus des conflits déjà existant entre les différentes ethnies qui créaient des sentiments antagonistes au sein des migrants.

Dans cette réalité, les migrants résistent à la coercition et la répression de l’État. La plupart des manifestations visent les services d’asile et certaines ONG qui jouent le rôle de laquais des autorités. Le blocage des bureaux des services, l’endommagement des équipements et les émeutes à petite échelle sont les manifestations les plus courantes. Les migrants exigent principalement l’amélioration des conditions de vie dans le centre de détention, le traitement rapide des examens des demandes d’asile, l’arrêt des déportations et des retours en Turquie. À leurs demandes, les autorités répondent avec de plus en plus de violence. Le pire épisode de répression de ce genre a eu lieu entre le 17 et le 27 juillet. La réponse des forces de police aux manifestations du 18 juillet était encore plus violente, avec des arrestations aléatoires qui ont entraîné des blessures chez des dizaines de migrants et l’arrestation de 35 migrants qui ont été envoyés au tribunal avec de lourdes charges. Quelques jours plus tard (27/07), les forces de police aidées par des forces supplémentaires arrivées d’Athènes et de Thessalonique sur l’île ont effectué une “opération de balayage” à l’intérieur du centre de détention, avec des intimidations et des arrestations. Tout cela a entraîné la peur de nombreux migrants qui ont fuient le centre de détention, cherchant des des endroits plus sûrs pour dormir, alors que ceux qui devaient rester dans le centre le faisaient sous la menace d’un traitement similaire.

Camp de Moria – Juillet 2017

Au cours du dernier mois, une autre grève de la faim était en cours. Les gens en grève ont commencé le 29 juin, ils sont les frères Harash et Amir Hampay, ainsi que Hussein Kozhin et Bahrooz Arash. Amir Hampay, H. Kozhin et B. Arash ont été détenus dans le centre de pré- transfert de Moria, car leurs demandes d’asile avaient été rejetées pour la deuxième fois également. Bien qu’ils aient fait appel devant le tribunal administratif contre ces verdicts, les autorités les ont maintenues en détention pendant de nombreux mois. En réalité, on avait essayé de déporter Amir Hampay alors que l’examen de son cas était encore en cours. En même temps que la grève de la faim à Moria, Harash Hampay est également en grève de la faim depuis le 30 juin sur la place centrale de Mytilène, par solidarité et pour essayer de percer le voile d’invisibilité, créé par l’isolement à Moria, qui enveloppe la lutte de son camarade. Cependant, sa présence sur un point public l’a exposé au harcèlement constant des autorités locales, ainsi qu’aux menaces des fascistes locaux. Le premier résultat positif a été la décision d’arrêter l’arrestation d’Amir Hampay le 21/07. H. Kozhin et B. Arash ont arrêté leur grève le 01/08, alors que les conséquences sur leur santé devenaient de plus en plus terribles. Les autorités ont conclu que le processus d’arrêt de leur arrestation commencerait bientôt. Cependant, Harash Hampay a décidé de poursuivre la grève, jusqu’à ce qu’ils soient finalement libérés. le mardi 8 août.

Pendant ce temps, le dernier mois et demi a vu la création d’un groupe composé de migrantes et de personnes en solidarité qui concerne les problèmes auxquels sont confrontés les migrantes et LGBTQI. Le groupe a été créé en raison des menaces quotidiennes, des coups et des violations auxquels LGBTQI et les migrantes sont soumises, à la fois dans le centre de détention et dans la ville. Dans des conditions aussi déplaisantes que celles qui résultent des politiques anti-migratoires, les stéréotypes patriarcaux et sexistes se manifestent sous leur forme la plus violente. Les objectifs du groupe sont l’autonomisation de ses membres et d’exiger que le danger de la situation soit reconnu des autorités.

Avec plus de 3 200 personnes mortes en Méditerranée en 2017, et plusieurs milliers piégées dans divers centres de détention dans les frontières européennes et continentales, il est évident que la guerre totale contre les migrants est des plus intenses, même si maintenant vous ne le verrez pas sur l’écran du téléviseur. Le gouvernement grec a déjà annoncé l’aggravation de ses attaques, par la construction de nouveaux types de centres de déportation fermés sur l’île et la répression violente de toute manifestation de migrants et de solidaires.

Musaferat

08/08/2017

Occupation de la place Sappho à Mytilène par des membres de la communauté Afghane – Fin août

Au début du mois, samedi 9 septembre à 6 heures du matin, une nouvelle opération de police a eu lieu au camp de Moria. 350 policiers se sont déployés à l’intérieur du camp afin de procéder à l’arrestation de personnes pour lesquels un avis définitif de rejet de demande d’asile avait été émit. Craignant que des protestations viennent empêcher l’opération, la police a directement procédé à un encerclement massif du camp pour au final intercepter 11 personnes afin de les expulser. A Chios, une opération policière aurait également eu lieu au camp de Souda sur Chios. Vingt-trois personnes auraient été transférées au poste de police et quatre d’entre elles auraient été arrêtés, trois d’entre elles pour posséder des couteaux, l’une pour avoir des cigarettes de contre bande.

Selon le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), la situation la plus critique concernerait actuellement l’île de Samos. Malgré le transfert récent de quelque 640 personnes entre l’île et le continent, plus de 1 900 personnes restent entassées dans une zone conçue pour accueillir 700 personnes au Centre d’accueil et d’identification (RIC) de Vathy. Parmi elles se trouvent plus de 600 enfants ainsi que des femmes enceintes et des personnes souffrant de graves problèmes de santé et de handicaps.

Au cours de la même période, la Commission européenne a publié son septième rapport sur l’accord UE-Turquie où elle en dresse l’éloge en affirmant qu’il « a continué à jouer un rôle clé en veillant à ce que le défi migratoire en Méditerranée orientale soit traité efficacement et conjointement par l’UE et la Turquie. » On peut lire parmi les annexes du rapport la préconisation des mesures suivantes  :

“D’autres agents de la police hellénique sont nécessaires pour mieux contrôler les points d’entrée / sortie et pour patrouiller à l’intérieur des Hotspots. Le Service grec d’accueil et d’identification, en coopération avec EASO, cherche à établir des systèmes électroniques de contrôle d’entrée / sortie à tous les Hotspots, en commençant par un projet pilote à Moria”.

– “Les autorités grecques explorent la possibilité de limiter le nombre d’étapes d’appel pour les demandeurs d’asile.”

– “La police hellénique émet des décisions de retour en même temps que la notification des décisions négatives en matière d’asile en première instance. Les ajustements techniques et informatiques pour mettre en œuvre l’action en question sont examinés par la police hellénique”.

– “Les autorités grecques doivent conserver un système clair et précis d’enregistrement et de suivi de cas sur tous les migrants irréguliers afin de faciliter la planification et l’exécution des procédures de retour, d’introduire un système électronique de suivi des cas et de continuer à faire respecter restriction géographique pour les migrants présents sur les îles”.

– “Les autorités grecques, avec le soutien de l’UE, créent une capacité de détention suffisante sur les îles le plus tôt possible, en coopération avec les autorités locales chaque fois que cela est possible. La capacité de pré-retrait à Kos est maintenant de 500 places et à Moria à 210 places. Sur Samos, la zone de détention préalable aux renvois, qui se construit dans la zone supérieure du point d’accès, sera complétée dès que les résidents de cette zone seront transférés dans une autre partie du point d’accès, ce qui est difficile à mettre en œuvre dans la zone dans un avenir immédiat compte tenu de l’augmentation récente des arrivées”.

Manifestation des Afghans à Mytilène – Fin août 2017

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Soirée de soutien et cantine les 29 et 30 septembre à Lasalle et Alès

Cela fait des années que des familles et des personnes seules sont accueillies ou se débrouillent par elles mêmes dans différents villages cévenols et dans les villes alentours.

Des actions de solidarité existent et permettent de rompre à minima l’isolement voulu par un système où le refus d’accorder un titre de séjour plonge des individus dans la précarité et l’incertitude, dans la clandestinité. Ces actions, quelle que soient leur forme, apportent à de nombreuses personnes un peu de sérénité et d’aide concrète, jusqu’au moment où la permission de vivre “légalement” sur le territoire pourra leur être accordée. Elles permettent aussi d’affirmer, dans les actes, une opposition à un monde régi par le profit économique et quadrillé par des frontières militarisées.

Si les Cévennes sont réputées pour leur esprit “d’accueil et de résistance”, des centaines de personnes demeurent toutefois à la rue dans de nombreuses villes très proches, les appels en urgence de demandes de logement pleuvent sur les listes mails et les frontières n’ont de cesse de se fermer.

Plus que des actions ponctuelles isolées, c’est bien un changement collectif dans nos rapports sociaux et dans nos luttes, une application concrète de nos réflexions que nous souhaitons généraliser. Nous refusons de rester inactifs face à l’oppression des pouvoirs autoritaires et marchands, nous refusons de nous taire.

Des initiatives et des collectifs sont déjà existants, d’autres sont à créer. Une chose est sûre, c’est bien notre volonté et notre capacité à nous organiser qui permettront un quelconque changement.

Nous relayons les appels suivants :

– vendredi 29 septembre à Lasalle : Soirée de soutien à deux familles accueillies depuis cet été dans le village, et un jeune majeur isolé,

– samedi 30 septembre à Alès à midi : Cantine sans frontières au profit de deux familles sur Alès.

Aucune de ces personnes ne bénéficient de ressources “légales” ou “suffisantes”.

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