Expulsion du campement, déportations en masse, et répression du côté de la frontière Italienne

Le 29 mai, l’ultimatum ordonné par le maire de Vintimille aux migrant.es de quitter le campement de fortune installé près des rives de la Roya prend fin. 200 personnes qui y vivaient jusqu’alors se rassemblent et vont vers la plage pour décider de ce qu’ils/elles vont faire. Nous apprenons ces mêmes jours la mort de plus de 700 personnes en mer entre la Lybie et l’Italie.

150 policiers sont présents sur les lieux, 5 cars prévus pour les déportations et deux avions attendent à Gènes. La journée se poursuit avec des rafles, une véritable chasse à l’homme dans les rues et près de la gare qui est devenue un réel espace militarisé. Des personnes se réfugient dans une église, mais la police entre dans les lieux. Quinze personnes venues en soutien sont arrêtées et détenues durant la nuit, onze d’entre elles se sont vues attribuer une interdiction de territoire dans toute la région d’Impéria.

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Les 6 et 7 juin, une autre opération policière à la frontière franco-italienne : des rafles et des déportations en cours : deux bus quittent Ventimille direction Gènes où de là des avions sont prêts à partir dans le sud de l’Italie vraisemblablement. Le rapport dans le bus apparemment est d’un policier par migrant.es. Il s’agit des personnes qui étaient arrivé.es en train à Ventimille ou de celles et ceux qui venaient de passer la frontière et qui ont été reconduit.es en Italie de Nice, Menton et autres lieux limitrophes à la frontière.

Mercredi, 8 Juin, 16h – L’avion de Mistral Air / Poste italienne est prêt à partir de Gênes. Voilà les bus avec leur chargement de personnes arrêtées venues de Vintimille le matin même, ils entrent sur la piste et à côté de l’avion. Comme toujours, l’aéroport est militarisé : Plus de 50 policiers en civil gardent la zone sous contrôle tout en maintenant un semblant de normalité. Le chargement se fait en catimini. Celles et ceux qui tentent de documenter les faits sont identifiés, photographiés et suivi par la Digos. Pour la troisième journée consécutive 50/100 migrants sont transférés vers le sud de l’Italie contre leur gré, avec l’utilisation de la force.

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Le maire de Vintimille Ioculano et le ministre de l’intérieur Italien Alfano l’avaient dit, ils ne veulent plus de migrant.es à la frontière. Pour eux, le « problème » doit se régler en « amont », à savoir hors de l’Europe. Ce dernier a même proposé à la Commission Européenne que des centres de tri puissent être créer directement en mer, sur des navires de 3000 places de l’armée : « Nous sommes disposés à ouvrir de nouveaux hotspots, a-t-il annoncé, même flottants. Les opérations d’identification se feraient à bord d’un navire au large, juste après les opérations de secours ce qui empêcherait les fuites. Les migrants seraient ensuite ramenés à terre et ceux qui ne peuvent rester, immédiatement expulsés. L’Agence européenne de contrôle des frontières Frontex et des organisations humanitaires pourraient contribuer à ce nouveau mécanisme. »

On observe aux frontières de chaque pays d’Europe des moyens similaires mis en place par les Etats afin de bloquer les migrant.es dans leur voyage. Destructions des camps auto-gérés, pressions policières et moyens militaires, déportations massives, et répression sur les migrant.es et leurs soutiens. De la même manière que des avions italiens sont affrétés pour reconduire les migrant.es dans des camps au sud du pays, des trains partaient cet hiver de Calais en direction des CRA de Nîmes, Marseille, Perpignan… De la même manière que les campements de Vintimille sont détruits, une partie de la Jungle fut rasée cette hiver. De la même manière que les soutiens italien.nes se voient interdit.es de séjours, des procès sont en cours à l’encontre de plusieurs personnes ici aussi (procès de deux camarades le 10 juin à Marseille suite à une ouverture de lieu, procès de trois camarades le 27 juin à Nîmes suite à la manif au CRA du 7 mai). Face à cette gestion mortifère et répressive de la question migratoire, nous affirmons encore et toujours que la solidarité reste la meilleure des armes pour lutter contre les frontières.

Infos reprises et traduites pour partie du site du Presidio Vintimiglia.

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One Response to Expulsion du campement, déportations en masse, et répression du côté de la frontière Italienne

  1. NEUVILLE says:

    Quand on raflait en France sous occupation allemande et qu’on déportait les personnes “raflées”, c’était pour les conduire vers un camp de concentration puis d’extermination. Est-ce le cas en Italie en ce moment ? Si non, peut-on nommer les choses plus précisément pour mieux les dénoncer s’il y a lieu ?

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