Retour sur la mobilisation à Menton le 16 avril

Après la journée de rencontres et de débats organisée à Flayosc dans le Var, de nombreuses personnes se rendent à Menton afin d’échanger un pic-nic solidaire au bord de la mer. Après le repas, environ 150 personnes forment spontanément un cortège et décident de se rendre à la frontière toute proche pour en dénoncer la fermeture.

Celui-ci fut entravé par un déploiement massif de la gendarmerie, qui a alors appelé des renforts mobilisant un nombre important d’hommes arrivant en tenue anti-émeute et prêts à l’affrontement avec boucliers et gazeuses. S’en suit alors une longue marche escortée sur la plage, surprenant quelque peu les vacanciers et locaux venus prendre le soleil, mais permettant de visibiliser les problèmes que la fermeture des frontières entraîne.

Les manifestants sont alors pris en nasse face aux rochers – trois personnes sont interpellées et passeront la nuit au poste – mais face au refus collectif de délivrer une identité, les forces de police lâchent l’affaire après deux heures de blocage. Au même moment à Vintimille, d’autres solidaires organisent un repas partagé, sous haute surveillance également, dénonçant notamment l’interdiction de délivrer de la nourriture aux exilés ordonnée par le maire et les déportations quotidienne dans le sud du pays.

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Cantine sans Frontière – Samedi 29 avril à Alès

Nous sommes quelques personnes avec ou sans papiers qui organisons depuis plus d’un an des repas de soutien à Alès et dans ces environs.

Ces cantines sont un moyen pour celles et ceux qui ne peuvent légalement travailler d’obtenir un peu d’argent. Être dans l’attente d’un titre de séjour plonge les individus dans des situations de grande précarité ou d’assistance qui ne sont pas acceptables à nos yeux.

Nous souhaitons aujourd’hui partager cette expérience avec d’autres personnes et organiser de manière régulière ces cantines sur une base de solidarité et d’entraide. Ellese veulent aussi des moments d’échanges.

Apporter son soutien à ce projet consiste à venir partager un repas l’argent récolté est intégralement reversé aux personnes concernées ou a proposer son aide pour l’organisation de celles-ci.

Les cantines auront lieu le dernier samedi de chaque mois dans le local de la Rétive à Alès (42 rue du Faubourg d’Auvergne), les repas seront à prix libre afin que chacun puisse participer selon ses moyens.

N’hésitez pas à venir nous rencontrer et à en parler autour de vous !

Contact : cevennessansfrontieres@riseup.net

Prochaine cantine : Samedi 29 avril à midi à la Rétive, au menu : repas russe.

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Liberté de circulation et d’installation pour tout.es !

Le 4 avril, aura lieu le procès (l’énième) d’une personne solidaire avec les personnes bloquées aux frontières de l’Europe.
Ce procès ne constitue pas seulement l’accusation par la justice d’une personne solidaire, mais c’est aussi le procès de tous ceux et celles qui se révoltent contre les politiques migratoires européennes et contre la
violence des frontières.

Nous voudrions utiliser cette date comme une occasion pour attaquer politiquement et publiquement l’idée de frontières et ses conséquences.
On ne reconnaît pas la justice des tribunaux, mais on en subit la répression.
Que ce procès soit une occasion de plus pour faire émerger une voix commune et non l’énième cirque médiatique qui manipule nos idées et actions.

Les deux dernières années, le dispositif des frontières est devenu de plus en plus brutal, avec déportations systématiques vers des centres de tri ou même des expulsions vers des pays comme le Soudan, le Niger et d’autres dictatures.
Entre l’Italie et la France, les épisodes de violence et les « accidents » mortels sont très, trop fréquents.

C’est cela que nous voulons dénoncer collectivement, à l’intérieur et à l’extérieur du Tribunal, sans se substituer à ceux et celles qui subissent vraiment la violence des frontières. C’est à eux qu’il faut laisser la parole.
Il n’y ni héros ni victimes, il y a juste tous ceux et celles qui demande l’abolition des frontières.

MOBILISATION à l’occasion de l’énième procès d’une solidaire

MARDI 4 AVRIL 13H au TGI de NICE

Libre circulation et libre installation pour tous et toutes.

Hurria !

Affiche version française ici.

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Mobilisation internationale à la frontière franco-italienne 15-16 avril

Week-end de mobilisation internationale les 15 et 16 avril 2017 pour soutenir les personnes migrantes et dénoncer la situation de traque et de répression à la frontière franco-italienne. Venons partager nos réalités, nos luttes et manifester en nombre ! Programmation mise à jour ci-dessous.

Ce projet est né d’une commission autogérée, issue de la coordination « Réseau Migrant Sud-Est » regroupant des personnes résidant à Grenoble, Marseille, Gap, dans La Roya, les Cévennes, les Alpes de Haute Provence, le Var, les Alpes maritimes, et plusieurs régions d’Italie.
Partout en Europe et à ses frontières internes et externes, les « migrant-e-s » se heurtent aux dispositifs militaro-policiers des États qui contrôlent, enferment, violentent et expulsent celles et ceux qui tenteraient de traverser « leurs » territoires ou de s’y installer.

A la frontière franco-italienne, rétablie en 2015, les « migrant-e-s » affluent autour de Vintimille pour tenter le passage, de plus en plus difficile, par la vallée de la Roya ou par Menton et ses environs. La traque des forces étatiques et européennes, très intense, a déjà coûté plusieurs vies. Pour les « migrant-e-s » arrêté-e-s, c’est la déportation, même s’illes sont mineures ou qu’illes demandent l’asile. Pour les soutiens, c’est la répression administrative et/ou judiciaire. Les procès se multiplient.

Le concept « d’immigration clandestine » n’est en rien un hasard, en offrant une main d’œuvre corvéable à bas coût aux intérêts impérialistes et capitalistes. Il sert d’épouvantail social pour nous diviser et nous faire accepter toujours plus de contrôles, de précarité, de répression. Sans compter tous ceux qui s’enrichissent sur ce marché juteux, entre barbelés, béton et matériel high-tech.

Pourtant, solidarités et résistances sont possibles. A Vintimille et ailleurs, elle a pris diverses formes : campements, presidio No Borders, passages massifs en force ou au compte goutte aidés par des personnes solidaires, manifestations, solidarités actives et actions diverses. Même si ces initiatives ont parfois été réprimées, elles nous montrent qu’il est possible, au moins pour un instant, d’ouvrir des brèches de liberté et de solidarité dans la forteresse.

Face à leur frontières et au repli communautaire, nous revendiquons la liberté de circulation et d’installation pour tout-e-s.

Nous appelons à une mobilisation internationale à la frontière franco-italienne LES 15 ET 16 AVRIL pour :

● Visibiliser la situation à la frontière franco-italienne et ses alentours
● S’organiser ensemble, quel que soit notre statut administratif, pour dénoncer et combattre la répression généralisée
● Échanger autour des différentes réalités et stratégies de luttes, selon nos territoires et nos situations concrètes
● Prendre le temps de la rencontre dans la perspective d’actions communes pour briser l’« Europe forteresse »

Contre les frontières et leur monde

LE LIEU :

Samedi 15 avril nous serons à Flayosc aux Usines de la Redonne, proche de Draguignan dans le Var. A 20 min de la gare des Arcs-Draguignan, de l’autoroute et de la nationale 7.

Le dimanche, nous nous dirigerons vers la frontière.

PROGRAMME

VENDREDI après-midi 
montage et accueil des premiers arrivants.

SAMEDI : ateliers, débats, musique, site de la Redonne à Flayosc

Matin (accueil des participant-e-s dès 9h) :
- > atelier banderoles/manif
- > atelier « Comment faire pour s’impliquer dans la lutte en soutien aux
personnes migrantes ? »

Après-midi : 

14h-16h : Ateliers en parallèle
- > la situation en Italie : projection du film “Usage proportionné de la force” et présentation de la situation en Italie (prise d’empreintes, tortures, déportations…).
- > atelier d’autodéfense juridique pour tous et toutes, quel que soit le statut administratif. (Que faire face aux arrestations, déportations, délit de solidarité…)
- > Comment lutter contre les politiques migratoires ? (externalisation des frontières, dublin IV, accords internationaux…)
- > proposition d’un atelier animé par les copains/ines migrant-e-s s’ils/elles le souhaitent

16h30-18h30 : 
Plénière : partage des luttes et perspectives (partages d’expériences, d’outils et d’idées de convergences)

19h30-20h30 : 
projections de courts métrages sous un barnum, pendant le repas.

Soirée :  
Musique à partir de 20h30 (fanfares, chorales révolutionnaires, groupes, bœufs, selon propositions)

DIMANCHE 16  
Caravane vers la frontière franco-italienne pour une manifestation et des actions de solidarité

LUNDI 17  
Démontage, prendre le temps de consolider les liens, etc

POUR INFO

Les repas et petit-déjeuner seront assurés pour la journée du samedi et le dimanche matin. Les vendredi soir, dimanche et lundi, soyez autonomes (on peut quand même préparer et manger en commun – eau potable sur place).
Camping dans les champs. Toilettes sèches sur place.

Mail : mobilisationinternationale2017@riseup.net
Facebook : mobilisation internationale 2017
Site : mobilisationinternationale2017.noblogs.org

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Mobilisation à Nîmes : contre toutes les expulsions !

Alors qu’une mobilisation a lieu à Nîmes afin d’inciter le Préfet du Gard à ne pas appliquer les mesures dîtes de Dublinage1 qui permettraient d’expulser la trentaine de personnes retenues en centre d’accueil et d’orientation (CAO), nous pensons important de préciser et d’élargir les raisons pour lesquelles lutter contre les expulsions nous paraît primordial.

A quoi sert le règlement Dublin ?

Rappelons pour commencer que le règlement Dublin III a été mis en place afin de faire porter aux principaux pays d’entrée de l’Union Européenne2 la responsabilité de l’immigration clandestine et d’inciter ceux-ci à plus de fermeté dans la sécurisation de leurs frontières. Avec l’arrivée massive de réfugiés depuis 2015, ce système s’est vu totalement dépassé, et le plan de relocalisation plus équitable censé répartir cette charge dans les autres pays Européens n’a jamais fonctionné3.

En plus de nier le droit légitime de chacun à vivre là où il l’entend, ce règlement va de paire avec une volonté très nette de renvoyer au plus loin les personnes venant demander l’asile en Europe. D’un côté, les états Européens les plus éloignés géographiquement des zones d’entrées peuvent s’appuyer sur leurs voisins situés plus au sud pour se départir de leur fardeau. De l’autre, chaque pays d’Europe, appuyé par la Commission Européenne, négocie des accords dits de renvoi avec les pays tiers de provenance afin d’expulser directement hors de l’Europe.

Ce petit jeu de passe-passe permettrait ainsi de gérer les exilés presque aussi simplement qu’un lot de marchandises si ne s’appliquaient à ceux-ci les conventions internationales censées protéger leurs droits les plus élémentaires. Il faut donc légitimer ces déportations et accorder un semblant de garde-fou. D’où le concept de ne pas renvoyer des personnes si « un traitement inhumain ou dégradant » pourrait leur être infligé. Des notions telles que celle de « pays sûr » ou « pays défaillant » permettent de distinguer les pays où l’on peut expulser en toute quiétude de ceux où il faut prendre plus de précautions. Toute une série d’euphémismes administratifs permettant à la fois de déresponsabiliser les preneurs de décisions et d’évincer les réelles significations auxquels leurs actes peuvent conduire…

Pourquoi s’opposer à une expulsion Dublin ?

Ce sont des raisons très concrètes qui font que les demandeurs d’asile s’opposent à être expulsés dans un pays qu’ils ont déjà traversé. Les conditions d’accueil, de traitement des demandes d’asile, d’exploitation salariale sont encore plus défavorables que celles qu’on l’on peut trouver ici. Le souvenir des camps dans les îles grecques, les prisons en Hongrie où sont dorénavant accueillis les demandeurs d’asile, ou les centres surpeuplés d’Italie ne sont guère attrayants à leur yeux. De surcroît, un certain nombre de témoignages et de rapports détaillés font état de tortures, violences, et humiliations de la part des policiers de ces pays qu’ils ont réussi à quitter. D’autre part, pour les personnes restant déterminées à vivre dans le pays qu’elles ont choisi, les expulsions Dublin obligent à retraverser une fois encore des frontières de plus en plus surveillées et dont le passage peut s’avérer parfois mortel.

Se rajoute à cela un autre problème majeur. L’Italie, qui est actuellement le principal pays de dublinage, a à ce jour plus d’avance que ses voisins en matière d’expulsion des ressortissants Soudanais dans leur pays. Pour un opposant politique, ou même une simple personne originaire du Darfour appartenant à une ethnie considérée comme rebelle, une expulsion à Karthoum peut signifier l’emprisonnement, la torture ou la mort. Ce sont en effet les services du dictateur Omar el Beshir qui réceptionnent dès leur retour les personnes en exerçant pressions, menaces, et interrogatoires.

L’Allemagne et la Norvège, autres pays de renvoi depuis la France, ont pour leur part déjà commencé les déportations vers des pays en guerre comme l’Afghanistan. La prochaine mouture de Dublin IV prévoit des règles encore plus strictes, envisageant le renvoi de mineurs, et permettant des renvois directs hors-Europe. La Libye, pays où les clandestins sont continuellement rackettés, emprisonnés et maltraités, est particulièrement visée par ces accords. Mais il demeure la principale porte d’entrée en Europe alors peu importe ce qu’il s’y passe réellement... 

 

Un traitement arbitraire des demandes d’asile

Les politiques migratoires, dont le dispositif particulier des CAO est parfaitement représentatif, se basent sur un principe d’isolement des individus et de tris opérés sur des critères arbitraires. En plus de son niveau d’étude et de sa situation professionnelle qui détermineront sa capacité à s’intégrer4, une personne n’aura pas les mêmes chances d’obtenir une régularisation selon sa situation, sa nationalité, son parcours, le moment et même l’endroit ou elle déposera une demande.

Nous voyons par exemple que si tous les préfets de départements ont reçu une instruction leur demandant de ne pas appliquer de dublinage pour les personnes venant uniquement de Calais, tous ne lèvent pas cette mesure qui reste discrétionnaire et donc au bon vouloir de chacun. Celles arrivées en CAO après le 27 octobre 2016 n’entrent par exemple pas dans cette mesure. Pour les personnes transférées depuis les camps de Paris, une nouvelle instruction inciterait au contraire les préfets à appliquer cette fois-ci le règlement…

Cet ensemble de mesures arbitraires a pour conséquences, en plus de l’inégalité, de l’incertitude et des situations particulières engendrées, qu’il est plus difficile de s’opposer collectivement à celles-ci car chacun se retrouve compartimenté dans des logiques différentes. Face à cela, il importe de s’accorder sur une opposition claire face aux expulsions, pour toutes et pour tous.

De nombreuses questions en suspens…

Nous voyons donc que la levée des dublinages demandée au préfet, si elle a lieu, ne concernera vraisemblablement qu’une partie seulement des publics. D’autres personnes ne passent pas forcement par le dispositif des CAO. Elles peuvent par exemple être arrêtées puis détenues au centre de rétention de Nîmes, mais étant isolées derrière les murs ne bénéficier d’aucun soutien collectif.

La levée des dublinages ne représente pas une fin en soi, mais une étape permettant de maintenir un dossier de demande d’asile en France. La question de l’obtention d’un titre de séjour reste entière quand on sait que pour les personnes de nationalité Soudanaise par exemple, le taux de refus atteignait un peu plus de 50 % en 2016.

Une partie des personnes verra donc leur demande refusée et une fois les recours épuisés, quelles solutions resteront pour s’opposer aux expulsions ? Se posera alors la question de la mise en place de solutions de soutien pour ces personnes devenues clandestines.

Nous pensons également aux mineurs pris en charge par les services de l’aide sociale à l’enfance (ASE) et notamment ceux qui étaient présents au CAO de Monoblet. Combien d’entre eux demeurent hébergés en service d’urgence dans des hôtels de la rocade nîmoise, et de quelle manière sera traitée leur dossier sachant que l’hébergement et la nourriture sont des services à peine fournis ? Combien d’entre eux suivent une scolarisation, facteur déterminant le jour de la majorité afin d’éviter d’être expulsé ?

Vers une dynamique locale ?

Diverses créations de comités et réseaux de soutien se mettent en place localement depuis des mois (Nîmes, Alès, Cévennes…) et viennent renforcer les initiatives existant auparavant. La récente arrivée en nombre de réfugiés via les CAO et la réalité actuelle amènent à dépasser les questions liées uniquement à l’accueil des réfugiés telles que nous les avons surtout vu depuis 2015. La nécessité de s’organiser face aux expulsions semble voir le jour et des mobilisations ont lieu dans plusieurs lieux concernés. Face à cette prise de conscience émergente, nous tenons à partager quelques éléments qui nous semblent importants à prendre en considération dans une perspective de créer un rapport de force assez conséquent pour s’opposer concrètement aux expulsions.

De nombreuses personnes demeurent isolées et ne bénéficient ainsi pas d’un soutien qui pourrait leur être bénéfique. Nous pensons aux lieux d’enfermements comme le CRA de Nîmes, ou deux Soudanais ont failli être renvoyés dans leur pays en début d’année, mais aussi les lieux ou des associations gestionnaires limitent les possibilités de se rencontrer5. De nombreuses personnes demeurent également isolées car illégalisées et sans réseau de soutien, il importe donc de pouvoir entrer en contact et selon les volontés, appuyer demandes et revendications.

Nous pensons également que se mettre en lien et échanger sur les situations auxquelles nous nous confrontons est nécessaire car les méthodes et pratiques d’expulsions évoluent vite. Il est à la fois enrichissant et pertinent de savoir ce qu’il se passe d’en d’autres lieux, et à l’intérieur des murs. Cela permet également de donner une visibilité et de s’organiser collectivement. A la fois donner au local une dimension plus large et percutante, à la fois enrichir la vision globale que l’on peut avoir en relayant nos expériences. D’autant plus, informer, diffuser des témoignages directs, rechercher et compiler ces données permet de sensibiliser le public à la réalité des expulsions.

Envisager une mobilisation large en lien avec celles des autres régions ou de la frontière, créer des dossiers juridiques et campagnes contre les expulsions, anticiper des situations qui conduisent des personnes à la clandestinité (notamment les mesures de dublinage), et envisager divers moyens d’actions comme l’opposition physique lors des expulsions sont autant de possibilités à envisager.

Les méthodes, actions ou positionnements des différents acteurs présents ne nous semblent pas poser de limites mais au contraire être une richesse à articuler afin de rendre plus conséquentes nos luttes.

D’autres articles  : sur les violences en Italie, sur la situation au Soudan : (ici, ici et ).

1 Le règlement Dublin III permet d’expulser un demandeur d’asile dans le premier pays européen dans lequel un demandeur d’asile a laissé ses empreintes ou une preuve de son passage.

2 Tels l’Italie, et l’Espagne qui sont situés situé aux abords de la méditerranée ou la Grèce, Bulgarie, et Hongrie sur la route des Balkans.

3 C’était l’idée du plan de relocalisation adopté par l’UE en septembre 2015, avec des quotas de répartition dans l’UE de 160.000 réfugiés depuis la Grèce et l’Italie. Ce plan contesté, notamment par la Hongrie et la Slovaquie n’a permis de répartir pour l’heure que près de 11.000 personnes. Selon les statistiques publiées par le ministère de l’intérieur, le nombre de procédures Dublin a dépassé les 22 000 en 2016, soit près de 20% des demandes.

4 En Allemagne, la société Adecco, leader dans l’intérim, est chargée par les autorités de réaliser la première inscription des demandeurs d’asile à leur arrivée dans le pays.

5 Cette limite ne se veut pas idéologique, mais strictement rationnelle : une structure contractant avec une préfecture doit se tenir à certains engagements vis à vis d’elle, ce qui peut se révéler incompatible avec un dépassement des cadres institutionnels ou légaux.

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URGENT : Appel à présence vendredi 24 mars devant le commissariat d’Alès

MAJ : La personne concernée ne s’est pas rendue à la convocation, c’est son épouse qui y est aller à sa place et a obtenu pour seule information… qu’une nouvelle convocation allait être délivrée à son mari. Des amis et soutiens étaient présents pour l’accompagner afin de ne pas laisser seuls des personnes face à l’administration et aux expulsions. Restons donc vigilant !

Une personne est convoquée pour un contrôle de sa situation administrative au commissariat d’Alès vendredi 24 mars à 9h.

Celle-ci a demandé à être accompagnée car de forts risques d’être conduit en centre de rétention puis expulsée pèsent sur elle.

Un rassemblement devant le commissariat est donc prévu ce jour là dès 8h45.

Merci de relayer et d’être présent !

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Expulsion au Soudan : Suite et mise à jour

MAJ 23/03 : Ahmed Ali, le copain soudanais qui s’est opposé à son expulsion vers le Soudan hier, a été libéré par le tribunal de grande instance d’Aix le temps de son jugement qui a reporté au 27 avril prochain.

En faisant “obstruction à son éloignement”, il s’est en effet exposé à des poursuites pénales, c’est pourquoi il avait été placé en garde à vue hier et comparaissait en comparution immédiate aujourd’hui. Lui et son avocate ont demandé le report de procès : ils l’ont obtenu.

En attendant le jugement, cette liberté provisoire, échapper à quelques semaines de détention à la prison de Luynes, c’est déjà une victoire ! Hurriya !

On reste mobilisé pour l’audience du 27 avril (en attendant + de précisions) pour laquelle il risque quand même une condamnation à la prison et à une interdiction du territoire français (la fameuse ITF qui empêche toute régularisation pendant une durée de 2 ans).

En attendant l’OQTF est toujours valide, mais suspendue le temps de ce jugement. Il s’agit maintenant pour lui de faire reconnaître son droit d’asile devant la Cour nationale du droit d’asile.

Et pour nous tous, de continuer à lutter contre toutes ces tentatives d’expulsions de la France vers le Soudan (ou ailleurs) qui s’inscrivent dans des politiques anti-migratoires européennes de plus en plus criminelles.

Pas un pas en arrière !


12h40, à l’aéroport de Marignane, Ahmed Ali a fait un refus d’embarquer. Quelques passagers sympathisants mais pas de mouvement massif de solidarité. Pas de journalistes intéressés par la question (honte à la presse). Une trentaine de solidaires, chukran.

Ahmad a été différé au pénal pour le fameux «refus d’embarquement» qui se catégorise comme refus de coopération / refus d’obtempérer à une décision de justice. Sous cette accusation, il risque d’être condamné pour de trois mois à trois ans de prison ferme, avec à la clef un retour au CRA et une nouvelle expulsion au Soudan.

En ce moment il est en garde à vue à la PAF, il va par la suite être emmené en garde à vue à Aix en Provence, dans les géoles du tribunal de grande instance ou dans un commissariat.

DEMAIN IL PASSERA EN COMPARUTION IMMÉDIATE AU TRIBUNAL D’AIX EN PROVENCE, sans doute à 13H30. IL EST PLUS QUE JAMAIS NÉCESSAIRE DE LE SOUTENIR ET DE DÉMONTRER A CETTE JUSTICE FRANCAISE QU’IL N’EST PAS ISOLÉ, QUE NOUS SOMMES NOMBREUX À SES COTÉS À NOUS OPPOSER AUX VIOLENCES ADMINISTRATIVES DONT IL EST L’UN DES NOMBREUSES VICTIMES.

Demain en comparution immédiate, Ahmad va demander un rapport de l’audience pour échapper à la justice d’abattage et pouvoir se défendre correctement. Il va également demander une assignation à résidence chez un ami ce qui lui épargnerait l’incarcération dans la maison d’arret de Luynes, de continuer à compléter son recours à la CNDA accompagné de personnes compétantes.

Nous rappellons encore l’importance de soutenir Ahmed Ali, l’intolérable des expulsions vers la mort au Soudan dont il est menacé. La place d’Ahmad n’est pas plus dans un commissariat ou une prison française que mort entre les mains des autorités soudanaises. Sa place est dans l’espace libre, parmi ses amis, qu’il puisse faire sa demande d’asile ici et enfin s’installer, briser l’errance, les incarcérations illégitimes et consécutives et se reconstruire.

TOUTES PERSONNES SONT INVITÉES À SE RENDRE A L’AUDIENCE DE LA COMPARUTION IMMÉDIATE DEMAIN A 13h30 A AIX EN PROVENCE, IL EST PLUS QUE JAMAIS IMPORTANT D’ÊTRE MOBILISÉS ET SOLIDAIRES POUR QU’UN MINIMA DE JUSTICE SOIT RESPECTÉ.

La présence en nombre est importante dans un contexte ou de moins de moins d’assignations à résidences sont accordées par les tribunaux d’aix en provence, de plus en plus obtus et sévères.

SOYONS NOMBREUX !

LIBERTÉ POUR AHMAD ALI !

PERSONNE N’EST ILLÉGAL !

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ACTUALISATION : expulsion Soudan depuis Marseille + mobilisation

Infos tout juste reçues…

Le vol pour l’expulsion du jeune Soudanais Ahmed Ali depuis Marseille est prévu pour 12h40 de l’aéroport de Marignane (MP1), escale à Paris CDG et Doha.

Les personnes solidaires sont toujours sur place, force et détermination, lâchez rien !!

Merci de votre présence et mobilisation

Pour prévenir les copains parisiens qui peuvent se mobiliser à Paris : merci de tous vos relais, ils sont précieux !

Estimation du temps d’escale à Paris : arrivée 14h10, re-décollage pour Doha à 15h15 ou 21h20

Faites tourner !!

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ALERTE : mobilisation// expulsion vers le Soudan depuis Marseille

Ci-dessous un appel à mobilisation reçu ce jour, merci de relayer…

La préfecture de Marseille reprend les expulsions vers le SOUDAN !!!

Ahmed Ali a été arrêté en gare Saint Charles et une première tentative d’expulsion a déjà eu lieu ce mois à laquelle il est parvenu à s’opposer.

Cette fois-ci ne le laissons pas seul : RDV à l’aéroport de Marseille MP1 (Marignane) à 11H ce mercredi.

Rappelons que le Soudan est un pays en guerre et une dictature où les opposants et les personnes expulsées depuis l’Europe sont systématiquement torturés et disparaissent dans les geôles du régime. La France a été condamnée à plusieurs reprises par la Cour européenne des droits de l’Homme pour ses expulsions vers la Corne d’Afrique, mais elles semblent avoir repris de plus belle depuis l’expulsion du campement de Calais.

L’Europe des frontières et le dictateur Al Bachir marchent main dans la main : ne les laissons pas faire !

Mobilisons-nous mercredi, fais tourner !

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Soudanais en CRA de Marseille menacé d’Expulsion

Texte reçu par mail.

Depuis le 13 février A., réfugié Soudanais, interpellé à la gare saint Charles en descendant du train à peine quelques heures après son arrivée en France, est détenu*** au centre de rétention administrative de Marseille.

LES AUTORITÉS FRANÇAISES SE MOBILISENT POUR ORGANISER SON EXPULSION. ELLES ONT POUR CELA LE SOUTIEN TOTAL DES AUTORITÉS SOUDANAISES QUI ONT DÉLIVRÉ UN LAISSER-PASSER CONSULAIRE – document qui permet l’expulsion de la personne qui ne présente pas de documents d’identité officiels.

A. issu d’une minorité persécutée par l’Etat de Khartoum risque la mort si il est remis entre les mains des autorités de cet Etat.

Mais le préfet, ses hiérarchiques inférieurs et supérieurs, l’Etat, les agents et les juges, n’y voient pas d’inconvénients. «Pas de grief» dans le jargon judiciaire.

Tout va bien au Soudan, le problème c’est le Darfour, y a deux Soudans, on est un pays civilisé, quand même, il faut pas se méprendre, on renvoie «dans des pays sûrs». «Le Soudan est un pays sûr». On renvoie à Khartoum.
Peu importe le fait que le gouverneur de cet état soit poursuivi pour crimes contre l’humanité, génocide et crimes de guerre. Peu importe que si A. a dû partir c’est bien en raison de persécutions de ce même Etat qui, bien sûr, va le «réadmettre», comme il réadmet tous les opposants au régime qui lui sont présentés par la France.
Pour la prison, la torture, l’exécution.

Mais ça, c’est des histoires, n’est ce pas? Les doutes comme les consciences sont vites évacués par le désormais classique : monsieur est un migrant économique. Pourquoi? «Ca se voit». La Justice tranche : «ça se voit».

Une première expulsion a été tentée la semaine passée, A. a refusé de monter dans l’avion. Sa détention au CRA a été prolongée pour permettre une nouvelle tentative d’expulsion dans un prochain avion prévu dans la semaine prochaine. Il a déposé une demande d’Asile dans le CRA – qui a été refusée par l’OFPRA (dont les taux déjà exorbitants de refus sont aggravés en rétention), il a fait appel à la décision auprès de la CNDA mais cet appel n’est pas suspensif, et il peut être déporté à tout moment. Et qu’après la CNDA lui accorde le statut de réfugié. Trop tard. Tant pis ?

L’autre jour, quelqu’un dit :
ils feraient mieux de nous tuer ici, directement, que de renvoyer là bas.
Surpris, on demande pourquoi, et l’ami répond, parce que là bas, la mort, c’est certain. Si ils les tuaient ici, au moins, les familles, elles sauraient ce qui est arrivé, elles pourraient retrouver le corps, faire le deuil. Là-bas, tu ne sauras jamais comment …

La reprise des expulsions vers le Soudan comme l’Afghanistan ne sont pas anodines – elles s’inscrivent dans un contexte de délégitimation croissante des demandeurs d’asile et d’un croissant refus de leur accorder la protection asilaire. Or, afghans et soudanais composent les deux communautés nationales qui demandent le plus l’Asile en France. D’où l’intérêt de lever le tabou au sujet de leur déportation.

une fois de plus, c’est sous notre nez
dans les rides de notre ville, là, nulle part et pourtant un noeud du monde mondialisé, un noeud de la violence institutionnelle, administrative et banale, de l’infinie et indicible violence nationale, boulevard des peintures, au Canet à cinq minutes du métro Bougainville, Marseille, quatorzième.

une fois de plus c’est dans notre nom, notre nom du silence, le nom de ceux qui sont identifiés française et français, de ceux qui sont identifiés «légaux» au séjour,

jusqu’à quand ?

Si A. refuse son second expulsion, il risque d’être jugé pour “refus d’obtempérer à une décision de justice”. Et condamné à la prison. Après la prison, retour au CRA, retour à l’expulsion.

Si A. accepte son second expulsion, il va être remis aux autorités soudanaises, qu’il a fui. Il va être remis à la mort.

Tu vois le paysage ?


(*** Pour information : Cette détention s’apparente à une détention illégale, par dessus le marché. Si nous pouvons passer sur l’illégalité en défendant l’illégitimité totale de la détention et de la déportation – la justice française ne le peut pas, en théorie. Deux juges (Juge des Libertés et de la Détention, Juge Administratif au Tribunal Administratif) cautionnent la légalité de la décision d’expulsion et de la décision de maintien en CRA.
Or, les lois nationales, européennes comme les conventions internationales prescrivent que toute personne a le droit de formuler une demande d’asile. Arrivant dans le pays, un demandeur d’asile intercepté par la police française ne doit donc pas être placé en CRA mais envoyé à un rdv avec la préfecture pour enclencher ses démarches. UNE PERSONNE ARRETEE pour la première fois PAR LA POLICE FRANÇAISE QUI N’A PAS ENCORE D’OQTF DOIT POUVOIR DEMANDER L’ASILE PENDANT L’INTERPELLATION OU PENDANT L’AUDITION AU COMMISSARIAT ET DONC ÊTRE RELACHÉE faire ses démarches en milieu libre).

lien vers un article de Human Rights Watch sur le Soudan : https://www.hrw.org/fr/news/2016/09/08/lettre-concernant-la-situation-des-droits-de-lhomme-au-soudan

Toute personne ayant des documents / sources, articles susceptibles d’être d’utilité dans une défense contre l’expulsion de soudanais, pour étayer devant juges et administrations les dires des réfugiés sont invités à les transmettre à la commission juridique du manba : csm13juridique@lists.riseup.net

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