Parution de deux nouveaux livres chez Niet!éditions

Deux ouvrages sur les luttes aux frontières à Calais et Vintimille viennent de paraître chez Niet Editions, nous vous conseillons vivement leur lecture :

CALAIS, FACE À LA FRONTIÈRE

Textes & entretiens – Collectif

En détruisant la jungle de Calais à l’automne 2016, et en dispersant tous ses occupants aux quatre coins de la France, l’État a prétendu faire œuvre « humanitaire » ; en réalité, ce déplacement de population s’inscrit dans une continuité de gestion de la « question migratoire » dans le Calaisis, entre acharnement policier et paternalisme des associations… Depuis une vingtaine d’années, du hangar de Sangatte au centre de rétention de Coquelles, de la constitution de la grande jungle de Calais à son « démantèlement », des milliers de personnes en exil se sont trouvées piégées face à la frontière, dernier obstacle avant le Royaume-Uni. La parole est ici donnée aux personnes immédiatement concernées, personnes en exil ou militants solidaires, afin que d’autres voix se fassent entendre, pour éclairer l’action présente et future.

NOUS NE FERONS PAS MARCHE ARRIÈRE !

Luttes contre la frontière franco-italienne à Vintimille 2015 / 2017 – Lucía Le Maquis

En juin 2015, la France ferme sa frontière avec l’Italie aux personnes arrivées là suite à la traversée de la Méditerranée. A Vintimille, un groupe de migrants menace de se jeter à l’eau depuis les récifs de Balzi Rossi si la frontière n’est pas ouverte et refuse de monter dans les cars de la police italienne venue pour les expulser. Cette résistance et ce blocage sont le point de départ d’une lutte contre la frontière qui ne s’est pas arrêtée depuis. Les paroles de différents acteurs de cette lutte se croisent dans ce petit livre en un récit composite entre mer et montagnes.

Derrière Lucía Le Maquis se cachent plusieurs membres du collectif méditerranéen de traduction Le Maquis. Le prénom Lucía, quant à lui, est un hommage à une jeune femme argentine, Lucía Pérez, dont le meurtre sauvage par deux hommes le 8 octobre 2016 à Mar del Plata en Argentine a été l’un des éléments déclencheurs du mouvement féministe Ni Una Menos. Le collectif Le Maquis se forme à Marseille au cours du printemps 2016 alors que ses membres circulent régulièrement entre France, Grèce, Italie, Espagne, Égypte et Turquie.

Contact presse/librairie/distribution : nieteditions@riseup.net niet-editions.fr

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Cantine Sans Frontière – Samedi 30 septembre !

Nous sommes quelques personnes avec ou sans papiers qui organisons depuis plus d’un an des repas de soutien à Alès et dans ces environs.

Ces cantines sont un moyen pour celles et ceux qui ne peuvent légalement travailler d’obtenir un peu d’argent. Être dans l’attente d’un titre de séjour plonge les individus dans des situations de grande précarité ou d’assistance qui ne sont pas acceptables à nos yeux.

Nous partageons aujourd’hui cette expérience avec d’autres personnes et organisons de manière régulière ces cantines sur une base de solidarité et d’entraide. Elles se veulent aussi des moments d’échanges.

Apporter son soutien à ce projet consiste à venir partager un repas — l’argent récolté est intégralement reversé aux personnes concernées — ou a proposer son aide pour l’organisation de celles-ci.

Les cantines ont lieu le dernier samedi de chaque mois dans le local de la Rétive à Alès (42 rue du Faubourg d’Auvergne), les repas seront à prix libre afin que chacun puisse participer selon ses moyens.

N’hésitez pas à venir nous rencontrer et à en parler autour de vous !

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Qui aide qui en Roya? A propos des campos et de celles et ceux qui les désirent.

Nous transmettons ci-dessous un texte écrit depuis la vallée de la Roya proposant une analyse critique de la situation actuelle à la frontière franco-italienne.

En guise de préambule, le texte peut s’accompagner de cette vidéo.


Qui aide qui en Roya? A propos des campos et de celles et ceux qui les désirent.

Partout sur les routes, des gens évitent les militaires. Dans les trains, les patrouilles remplissent les wagons. Les cols et les sentiers sont occupés par des hommes en armes. Les alpes du sud sont un territoire paisible et vivant, de vallées et d’habitants. Point de Passages Autorisés, état d’urgence, chasseur Alpins, légion étrangère… A mesure que se précise et s’installe l’invasion autoritaire, la solidarité se diffuse et s’organise.

Ce texte est une proposition d’analyse critique de la situation à la frontière Franco-Italienne. Il a été rédigé dans le but d’offrir une contribution aux réflexions diverses qui touchent tous ceux que le dispositif de répression à la frontière révolte et questionne. Presque une année s’est écoulée depuis que la solidarité envers les personnes sans papiers dans la Roya s’est en partie fédérée autour d’un combat associatif largement médiatisé. Nous, auteurs de ce texte, sommes soucieux de ne pas raviver d’inutiles guerres de chapelle idéologiques et encore moins de s’en prendre de manière personnelle à qui que ce soit en particulier.

Les procès d’intention ne nous intéressent pas. L’échange d’informations et le débat constructif en revanche, au-delà du fait qu’il nous passionne sans doute bien plus, nous semble être nécessaire à la fois pour décloisonner les esprits et enlever les étiquettes trompeuses qui opposent en fait ceux que l’action et le geste de solidarité rapprochera
toujours, d’une certaine manière.

La suite de la brochure est téléchargeable ici.

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Déplacements forcés de population en Syrie

Ci-dessous deux articles montrant comment le régime d’Assad, en bombardant et assiégeant de nombreuses villes du pays puis en exerçant le déplacement forcé de milliers de syriens, renforce son pouvoir et rend quasiment impossible le retour de la population exilée.

Un article paru le 3 septembre expliquant comment le régime tente de devenir le premier bénéficiaire de la “reconstruction”. Et un autre (en anglais ou espagnol) plus ancien, mais néanmoins important, pour comprendre les stratégies de déplacements de population mises en place pour retrouver le contrôle des territoires perdus.

Alep – quartier est.

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Communiqué des habitants de San Ferdinando sur la journée du 18 août

Repris et traduit de Compagne in lotta.

Hier, nous avons attendu l’arrivée de la police et des institutions de manière pacifique et très déterminée. La veille, dans une assemblée, accompagné de personnes solidaires venues de différents endroits d’Italie, nous avons choisi nos portes-paroles pour exposer une fois encore nos demandes. Tout d’abord : accès aux papiers pour tout le monde (permis de séjour, de résidence et passeport), car rien ne peut être fait sans ça ! Seuls les papiers nous rendent heureux !

Nos autres demandes concernent des changements dans les règles de fonctionnement du nouveau camp : cuisine collective, pas de restriction d’horaires pour entrer et sortir, pas de caméras et pas de clôtures !

Nous voulons avoir le contrôle de nos vies !

Nous vivons dans ce pays depuis des années ! Nous sommes là pour travailler, mais il n’y a pas de contrats avec de bons salaires !

Les institutions devant ces demandes claires et directes ont dit non encore une fois. Ils ont dit qu’ils ne peuvent rien faire et qu’ils ne peuvent pas changer les règles ! Mais nous savons que ce n’est pas vrai !

Hier, tant d’associations, la CGIL, l’USB et les Caritas, ont commencé à faire pression : “Allez au nouveau camp et changez les choses une fois à l’intérieur”, “Ne t’inquiète pas que nous changerons les choses !” Alors les institutions ont proposé de petites améliorations pour nous convaincre, comme la possibilité de cuisiner seul dans une cuisine collective (pour 550 personnes !).

Après avoir exposé nos intentions, nous avons dit aux institutions qu’elles devaient revenir avec d’autres propositions. Ainsi, à ce moment-là, la réunion officielle c’est terminée et grâce à notre détermination, nous avons obtenu un bon résultat !

À ce moment là, les institutions et les associations ont intercepté de petits groupes de personnes en leur faisant toujours de fausses promesses. Certaines associations ont même offert de l’argent (10/20 euros) aux gens pour les persuader d’aller au nouveau camp. Dans le même temps, l’eau dans les tentes où nous vivons fut coupée.

Nous savons dès maintenant qu’il y aura beaucoup de problèmes dans le nouveau camp, à la fois parce qu’il n’est pas opérationnel et parce que déjà beaucoup de gens reviennent de ceux situés dans les provinces de Foggia et Cuneo.

Notre lutte ne s’arrête pas ici. Nous allons de l’avant de jour en jour et, le 30 août, nous serons à Rome pour une réunion avec le ministère de l’Intérieur.

Les habitants de San Ferdinando.

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Appel à soutien contre l’expulsion du campement de San Ferdinando (Calabre)

Nous diffusons les dernières nouvelles de San Ferdinando, dans la province de Reggio Calabria, où des centaines de personnes se mobilisent pour empêcher l’expulsion de leurs habitations et leur transfert dans un camp officiel contrôlé par l’état.

Infos reprises et traduites à partir du site : Compagne in Lotte.

Ces derniers jours, les habitants de San Ferdinando ont continué de s’organiser en vue de l’expulsion prochaine du campement où se situe leurs habitations et maintiennent un mot d’ordre clair : « plutôt unis et libre de mouvement dans un camp comme celui-ci, qu’enfermés dans une prison ». Leur détermination n’a jamais failli malgré les conditions de vie misérables, la marginalisation dans laquelle ceux-ci sont forcés de vivre, et la militarisation du territoire due à la présence constante des contrôles policiers.

Après la conférence de presse laconique tenue lundi devant l’entrée du nouveau camp officiel (celui-ci consiste en fait en un amas de tentes alignées appelé “tendopoli”), et où le préfet a annoncé que ce dernier « serait comme vivre dans un hôtel », les résidents ont décidé d’écrire leurs revendications et de les envoyer, une fois encore, au ministre de l’intérieur, à la préfecture, au commissariat de Reggio Calabria, et aux autorités de la ville de San Ferdinando.

La même détermination leur a permis d’éviter toute instrumentalisation de la part des institutions, syndicats et associations qui leur proposaient la rencontre d’une petite délégation des habitants dans les locaux du pouvoir, pour leur expliquer les termes de l’expulsion… Finalement, les représentants de l’état ont été obligé de tenir la rencontre dans le campement, fortement encadré par les forces de l’ordre. Ici, les habitants n’ont laissé aucune place pour qu’on leur vente les merveilles du nouveau camp. Et malgré la grande diversité des personnes et des situations, ils ont parlé d’une voix unie et ont affirmé qu’ils ne voulaient pas être transférés : «  Nous ne sommes pas des enfants ! Nous ne voulons pas être contrôlés dans nos vies ! » Ils ont réaffirmé, comme ils l’avaient déjà fait auparavant, que leur besoin sont différents. Ils veulent des papiers pour pouvoir choisir où vivre, ils ne veulent pas être prisonniers dans l’attente sans fin d’un permis de séjour. Ils veulent travailler de manière légale, à la campagne où ailleurs, et être assurés de recevoir un salaire. Pour résumer, ils veulent reprendre le contrôle de leur vie, sans être condamnés à l’exploitation et à l’isolement. Et ce nouveau camp tenu par l’état, avec ses systèmes de contrôle avancés (caméras, badge d’identification, système de reconnaissance tactile et signalement photo…) n’est définitivement pas la bonne solution.

Le nouveau camp officiel.

Le plan du campement.

Le dispositif d’accès au camp, avec badge et relevé d’empreintes digitales.

La préfecture et les forces de police ont pour la première fois clairement entendu le refus unanime des habitants et leur volonté de résister à l’expulsion, démontrant que l’unité dans la lutte peut changer le cours des choses. Maintenant, comment l’état va t-il opérer ? Quelles modalités va t-il mettre en place pour réaliser son projet ? sachant que durant la conférence le préfet a assuré que l’usage de la force ne serait pas utilisé pour évacuer les habitants. Vont-ils adopter les même manières brutales que lors de l’expulsion du ghetto de Rignano durant laquelle Mamadou et Noumou ont trouvé la mort ?

Nous sommes dans l’attente de voir ce qu’il va ce passer, aux côtés des habitants de San Ferdinando qui ont choisi de résister à la violence mise en place par l’état.

Ci-dessous le communiqué d’appel à soutien des habitants de San Ferdinando : 

A TOUTES LES PERSONNES EXPLOITÉES ET ENRAGÉES: LE 18 AOÛT TOUS ET TOUTES A SAN FERDINANDO CONTRE L’EXPULSION DU CAMP!

Nous sommes les habitants du camp de San Ferdinando (Reggio Calabria) et nous voulons faire un appel à tous les italiens. C’est un cri de rage et de douleur contre un autre violence de l’État et des institutions contre nous!

Ça fais plusieurs années que nous levons la tête pour demander ce qu’il nous est dû, comme chacun de vous fait chaque jour. Mais la seule réponse que nous avons eu à ce jour a été la violence, le contrôle et l’isolement dans des baraques et des tentes.

En fait ici à San Ferdinando l’état pour la troisième fois a construit une nouvelle ville de tentes du coût (initial) de 625.000 € !!!! Les autorités prévoient de dépenser plus de 400.000 euros par an pour la gestion !!!! Mais cet argent pourrait être utilisé d’une manière différente, pour tous ceux qui vivent dans cette région, les immigrants et les italiens! Au contraire, l’Etat a préféré les destiner pour un seul objectif: enfermer 550 personnes dans une prison!

Nous ne voulons pas vivre dans des camps, contrôlés par des caméras, avec un système d’identification à l’entrée et avec des horaires pour la rentrée et la sortie. De plus, nous ne pourrons même pas cuisiner ou décider quand, comment et quoi manger, parce que à l’intérieur du camp on sera forcés de payer 1,50 € pour chaque repas!

On est fatigués et enragés parce-que l’on ne nous écoute pas et on ne reçoit que de la violence, du racisme et du silence ! Ici l’état, le 9 juin 2016 a tué notre frère, Sekine Traoré, et maintenant si on ne bouge pas qu’est-ce qu’ils vont faire ? Est-ce que ils vont nous tuer parce-que nous refusons d’aller vivre dans une nouvelle prison ?

Le 18 août prochain commencera l’évacuation du camp où on habite, on sait très bien que c’est une place horrible, et qu’on va nous déporter dans le nouveau camp. Mais si on ne trouve pas des solutions réelles, nos demandes ne seront pas écoutées et on ne bougera pas d’ici!

Avec cet appel on vous demande de nous rejoindre ici à San Ferdinando, pour nous soutenir et résister ensemble!

Les habitant(e)s du camp de San Ferdinando.

D’autres infos sur le Ghetto de Rosarna (San Ferdinando) – en italien, et sur la situation des migrants en Calabre.

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Libération de Bahooz Arash et Kozhin Hussein et fin de la grève de la faim pour Arash Hampay

Déclaration d’Arash Hampay concernant la libération de ses compagnons Bahrooz Arash et Kozhin Hussein et l’arrêt de leur grève de la faim après 41 jours.

Victoire et liberté

La victoire et la liberté ne peuvent avoir lieu sans la volonté et la persistance des gens. Ensemble, nous avons créé une petite campagne pour la liberté et la justice. Notre campagne a été victorieuse. Notre solidarité a aidé à libérer deux réfugiés vulnérables qui avaient cherché refuge auprès de l’Etat grec et des Nations Unies, mais ont finalement été privés de ce refuge et ont été incarcérés et torturés.

Les habitants de Grèce et d’Europe ont démontré leur volonté et leur persévérance tout au long de cette campagne. Ils ont crié aux États, aux autorités de police et aux Nations Unies que les citoyens d’Europe accueillent ceux venant de l’extérieur de l’UE. Ils ont dit qu’ils voulaient que les frontières soient ouvertes. Leurs cris étaient bruyants et clairs. Ne présumez pas que cette victoire ne concerne que la liberté de ces trois prisonniers. Cette victoire est celle des européens et des gens de toute la Terre. Le cœur de cette victoire est le peuple qui dépasse l’état.

Je félicite les réfugiés libérés de s’être entourés de personnes qui ne les ont jamais laissé seuls un seul instant. Je félicite ces personnes d’avoir une telle conscience et une volonté aussi forte.

La grève de la faim a pris fin aujourd’hui. Nous sommes victorieux. La lutte continuera tant que l’injustice subsistera. Les prisons existent toujours dans notre monde et les frontières, qui continuent à séparer les gens les uns des autres.

N’abandonnons pas le monde pour le mal.

Remplissons cette journée avec joie.

Nous avons terminé la grève de la faim VICTORIEUX après 41 jours.

Arash Hampay, Lesvos, Grèce, 8 août 2017

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Journée Sans Frontière « Chez Marcel », le samedi 19 aout

Oyé Oyé briançonnais, briançonnaises, amis (es) de passage pour un jour ou pour toujours, qui que vous soyez nous avons une bonne nouvelle !

Au 20 route de Puy Saint Pierre à Briançon une maison qui depuis plus de 5 ans sommeille, une maison à l’abandon s’éveille ! Certes, il a fallut de nombreuses heures de rénovation, de bricolage, de débrouille, de franche rigolade pour la faire renaître. Il a fallut pas mal de bras aussi, beaucoup d’éponges, de coup de balais et de serpillières pour récurer la poussière et la suie accumulée, déblayer, et réhabiliter… Mais voilà après plus de 10 jours de travaux la maison est prête à accueillir de nouveaux habitants ! En investissant cette maison, la volonté de notre collectif est de créer un lieu de vie pour les sans papiers. En effet il est nécessaire de multiplier les lieux d’accueil et de solidarité. Cette maison est aussi un lieu ouvert de partage, d’échange et d’expressions multiples.

Pour vous la faire découvrir, nous vous invitons le 19 août 2017 à partir de 10h du matin!

Programme du jour :

Nous commencerons par un café-rencontre et une visite des lieux, ou nous prendrons le temps de vous expliquer le projet. Dans la matinée nous vous invitons à participer à la création du poulailler.

A midi, repas tiré du sac tous ensemble.

Tout au long de l’après-midi, nous proposerons des discussions et débats sur la situation à la frontière franco-italienne, les différentes initiatives d’accueil et la militarisation des frontières, pour faire le point et continuer à s’organiser dans les Hautes Alpes. Et aussi, atelier peinture et bœuf musical !

Le soir à partir de 19h concert exceptionnel du groupe DIALCALOIZ et repas spaghettis!

Nous vous attendons nombreux et nombreuses au 20, route de Puy saint Pierre !

Vous êtes priés de venir à pieds ou à vélo (sauf personne à mobilité réduite) car il n’y a pas de parking mais là maison se trouve à 5 minutes à pieds de la station service et 10 minutes du parking de la Shappe.

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Les violences sont permanentes sur l’île de Lesbos

La situation est toujours extrêmement tendue dans le camp de Moria sur l’île de Lesbos. Mardi 18 juillet 2017, pour le deuxième jour d’affilée, des manifestants se sont assis à l’extérieur du Bureau européen de soutien à l’asile situé dans le camp, tenant des bannières dénonçant des conditions déshumanisantes et demandant la liberté de circulation pour ceux qui sont restés sur l’île depuis plus de 6 mois, c’est-à-dire la possibilité de pouvoir se rendre en Grèce continentale. S’en est suivi des affrontements entre des manifestants et la police anti-émeute grecque lorsque celle-ci s’est mise à tirer des grenades lacrymogènes. Les forces de police ont alors mené des raids dans le camp et ont arrêté 35 personnes. Les images et les vidéos diffusées dans les médias montrent que pendant les affrontements et lors des raids et des arrestations la police est extrêmement brutale. Il existe de nombreux témoignages et rapports de violences à l’égard des réfugiés, y compris des femmes et des enfants. Des vidéos montrent que la police lance des pierres sur les manifestants, frappe à plusieurs reprises des individus avec des matraques et des agents en civil qui battent les gens. Un demandeur d’asile témoigne : « La police a tiré beaucoup de gaz lacrymogène et j’ai eu l’impression d’étouffer…. Dix policiers me battaient sur tout le corps pendant trois minutes. J’étais au sol en essayant de me protéger… Ils m’ont frappé avec leurs matraques et mont donné un coup de pied avec leurs bottes … L’officier de police qui m’a emmené à la voiture a craché sur mon visage et m’a appelé « stupide africain » » Un individu a été hospitalisé pendant plus d’une semaine, et beaucoup ont eu besoin d’une assistance médicale urgente.

Le centre juridique de Lesbos rapporte qu’au cours des audiences préliminaires du vendredi 21 et du samedi 22 juillet, 31 des 35 personnes arrêtées ont été accusées de crimes disproportionnés : incendie criminel, tentative d’agression, de résistance à l’arrestation, d’émeutes, de dommages à la propriété privée et de perturbation de la paix publique. Ces accusations impliquent des peines lourdes et peuvent également signifier une exclusion du droit à la protection internationale. Les personnes ont été transférées dans les prisons d’Athènes et de Chios dans l’attente de leur procès, ce qui en Grèce signifie en moyenne une période de plus de 6 mois. Le centre dénonce également la nature arbitraire des arrestations : de nombreuses personnes parmi les 35 arrêtées ne faisaient même pas partie des manifestants.

Vendredi 21 juillet, des réfugiés, des habitants des îles grecques et des militants ont appelé les dirigeants européens à entendre leur détresse à l’occasion d’un rassemblement organisé sur une plage de l’île de Lesbos. Un filet de pêche géant orné d’un drapeau de l’Union européenne a été déployé autour des manifestants afin de symboliser la situation des réfugiés et des migrants pris au piège sur les îles grecques par l’accord UE-Turquie. Le rassemblement a été organisé sur la plage de Kratigos qui a été l’un des lieux de débarquement de milliers de réfugiés ayant quitté la Turquie en 2015 et au début de 2016. Une militante participant à l’action témoigne : « Après une semaine marquée par une montée en tension au camp de Moria, nous voulions envoyer un message clair, à savoir que les dirigeants européens doivent prendre leurs responsabilités face à la situation à leurs portes. » Un réfugié indique : « Nous manifestons contre l’accord UE-Turquie, à cause duquel des personnes se retrouvent piégées à Lesbos depuis 2016. »

Depuis la signature de l’accord UE-Turquie le 18 mars 2016, les autorités empêchent les réfugiés et les migrants qui accostent sur les îles grecques d’en repartir dans l’attente de les renvoyer en Turquie. Cette politique est à l’origine du surpeuplement, des conditions déplorables et de l’anxiété grandissante que subissent les réfugiés (voir ici). Un militant d’Amnesty International rapporte que : « Les réfugiés ne sont pas au bout de leurs souffrances en Europe, loin de là. Il faut que les gens sachent que leur situation à Lesbos est désespérée et dangereuse. Ils ne bénéficient pratiquement d’aucune aide juridique, médicale, psychologique ou autre. Et il est probable que les choses s’aggravent, à moins que les États européens n’inversent la tendance en accueillant les réfugiés. » Le 31 juillet, la majorité des financements d’urgence versés directement par l’Union européenne aux organismes venant en aide aux réfugiés et migrants piégés sur les îles grecques sont pourtant stoppés (voir ici). L’Etat grec doit prendre alors en main tous les aspects liés à l’accueil des migrants, y compris la distribution des fonds européens. Toutefois, celui-ci n’a pas encore annoncé comment ces interventions doivent être mises en œuvre. La transition n’est pas préparée et laissera de ne nombreuses personnes privées de soin et d’assistance pendant une longue période.

Mercredi 2 août, après 35 jours, Bahrooz Arash et Kozhin Hussein ont du stopper leur grève de la faim mais ils sont toujours emprisonnés malgré un état de santé grave. La lutte pour leur remise en liberté et celle de tous les réfugiés emprisonnés arbitrairement sur l’île est loin d’être terminée. Arash Hampay continue sa grève de la faim entamée le 29 juin. Son frère Amit qui poursuivait cette protestation avec eux a été libéré le 21 juillet après 24 jours passés sans s’alimenter. Une manifestation a lieu samedi 5 août devant le centre de détention de Moria.

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Tentatives de passages en masse dans l’enclave Espagnole de Mellila

Une nouvelle tentative de passage entre le Maroc et l’Espagne a eu lieu le lundi 31 juillet dans la zone frontalière de Melilla à Beni Ensar. 400 personnes ont tenté de franchir la barrière qui sépare le royaume de l’enclave espagnole. Seuls quatre d’entre elles ont réussi à passer de l’autre côté. Le lendemain matin, c’est 300 personnes qui tentent un assaut à Finca Berrocal, zone qui serait relativement préservée des moyens de surveillance et des caméras thermiques. 67 personnes ont réussi à passer les obstacles les séparant du territoire espagnol, mais nombreuses sont celles ayant été blessées. 14 personnes ont été transférées à l’hôpital à cause de fractures et de blessures multiples.

Depuis des années, les « refoulements à chaud » sont pratiqués aux frontières de Ceuta et Melilla, principalement au niveau des barrières, par la Guardia civil espagnole, en complicité avec les autorités marocaines. C’est à dire que la Guardia civil intercepte les personnes qui tentent de franchir la barrière et procèdent à leur refoulement direct et illégal vers le Maroc. Des petites portes dans la triple barrière espagnole de Melilla sont utilisées pour ces refoulements immédiats. Cette pratique demeure clairement une entrave au droit d’asile.

À Ceuta et Melilla, les demandeurs d’asile sont enfermés dans les enclaves, car ils ne peuvent pas circuler sur tout le territoire espagnol. Quand bien même Melilla et Ceuta sont des villes espagnoles, elles sont les deux seules exceptions de l’espace Schengen : les personnes sont soumises à un double contrôle, en entrant dans l’enclave et en sortant vers la péninsule. Ainsi, il est indiqué sur la « carte rouge » de demandeur d’asile : « N’est pas autorisé à traverser des frontières » et « Seulement valide à Melilla / Ceuta ». Les enclaves de Ceuta et Melilla disposent chacune d’un centre de séjour temporaire pour immigrants (CETI), des centres ouverts, où les migrants et demandeurs d’asile peuvent être hébergés en attendant leur transfert vers la péninsule. Ce sont des centres d’hébergement temporaires mais cette temporalité n’est pas définie, tout comme les délais pour les transferts qui ne sont encadrés par aucune loi. Les personnes ne savent pas quand elles vont partir. Cette attente affecte particulièrement, notamment psychologiquement, les résidents des CETI.

Les passages maritimes pour accéder en Espagne sont également une possibilité d’atteindre l’Europe. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), entre le 1er janvier et le 26 juillet 2017, environ 7.850 personnes ont atteint les côtes espagnoles, contre 2.476 pendant la même période, un an plus tôt. 120 ont trouvé la mort en empruntant ce passage au cours du premier semestre (et plus de 2300 dans toute la méditerranée).

Mais une fois sur le continent, les possibilités d’y demeurer sont loin d’être évidentes. Presque tous les adultes ainsi que les enfants voyageant avec un membre de leur famille arrivant en Espagne continentale par bateau, sont détenus dans des locaux de la police – des cellules sombres, froides et humides – pour une période allant jusqu’à 72 heures, à des fins d’identification et de traitement de leur dossier. Les bâtiments de Motril et Almería contiennent de grandes cellules mal éclairées avec de fins matelas sur le sol, tandis que le poste de police de Málaga utilise une prison souterraine sans lumière du jour ni ventilation. La majorité des hommes et des femmes adultes sont alors envoyés après leur passage en commissariat dans un centre de détention pendant 60 jours au maximum dans l’attente de leur expulsion. S’ils ne peuvent pas être déportés, ils sont alors libérés, mais aux yeux de la loi, ils n’ont aucun droit de demeurer sur le territoire et ont l’obligation de le quitter.

D’autres informations sur le sujet :

Les photos sont de Sarah Prestianni et ont été prises à Mellila en 2011.

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